LIVRE ÏI
j que des bêles innocentes et douces qui ne font 8e mal a personne, qui s'attachent à vous, qui vous servent, et que vous dévorez pour prix de leurs services.
« 0 meurtrier contre nature î si tu t'obstines à sotî^ tenir qu'elle t'a fait pour dévorer tes semblables, des êtres de ehaîr et d'os, sensibles et vivants comme toi, étouffe donc l'horreur qu'elle t'inspire pour ces affreux repas ; tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas ; déchire-les aveo (es ongles, comme font les lions et tes ours ; mords ce bœuf et le mets en pièces, enfonce tes griffes dans sa peau ; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chau on CïT,e avec son sang. Tu frémis?
tu n'o$e sous ta dent une chair vivante ?
menées par tuer ranimai, et puis tu - pour le faire mourir deux fois.
Ce ir oiorte te répugne encore,
les vent la supporter; il la faut trans-
[, la bouillir, la rôtir, l'assaisonner de
« la déguisent ; il te faut des charcutiers, des
des rôtisseurs, des gens pour tfoter l'horreur
^ et Rhabiller des corps morts, afin que le
Eu goût, trompé par ces déguisements, ne rejette
point ce qui lui est étrange, et savoure avec plaisir des
cadavres dont i'œii même "eût peine à souffrir l'aspect. s>
Quoique ce morceau soit étranger à mon sujet, je n'ai pu résister à la tentation de le transcrire, et je crois que. peu de lecteurs m'en sauront mauvais gré.
Au reste, quelque sorte de régime vous donniez atfx enfants, pourvu que vous ne les accoutumiez qu'à des mets communs et simples, laissez-les manger, courir et jouer tant qu'il leur plaît, puis soyez sûrs qu'ils ne mangeront jamais trop et n'auront point d'indigestion : mais si vous les affamez la moitié du temps, et qu'ils trouvent te moyen d'échapper à votre vigilance, dédomma-
geront de toute leur force, ils mangeront jusqu'à regorger, jusqu'à crever. Notre appétit n'est démesuré que parce que nous voulons lui donner d'autres règles que celles de la nature ; toujours réglant, prescrivant, ajou* tant, retranchant, nous ne faisons rien que la balance à la main; mais cette balance est à la mesure de nos fantaisies, et non pas à celle de notre estomac. J'en reviens à mes exemples. Chez les paysans, la huche et le fruitier sont toujours ouverts, et les enfants non pius que les hommes n'y savent ce que c'est qu'indigestions.
S'il arrivait pourtant qu'un enfant mangeât trop, ce gîte je ae crois pas possible par me; méthode, avec des
amusements de son goût il est sî afeé de l disiïaîre,
qu'on parviendras à l'épuiser d'inanition sans qui! y s geât. Comment des moyens si sûrs et si faciles échappentsJs à fous les instituteurs ? Hérodote raconte que les Lydiens, pressés d'une extrême disette, s'avisèrent d'inventer les Jeux et d'autres divertissements avec lesquels ils donnaient le change à leur faim, et passaient des foers entiers sans songer, à manger (î). Vob savants feStitqituTB ont peut-être lu cent fois ce passade sans voir fâppîication qu'on en peut faire aux enfants. Quelqu'un d'eux me ûka peut-être qu'un enfant ne qtïîtte pas volontiers son dîner pour aller étudier sa leçon. Maître, vous mèsi raison : je ne pensais pas à cet amusement*!
Le sens de l'odorat est au goût ce que celui de la vue est au toucher; SI le prévient, il l'avertit de la maniera dont telle ou telle substance doit l'affecter, et dispose à fa recherche ou à la fqir, selon l'impression qu'on en reçoit d'avance, j'ai ouï dire que les sauvages avaient l'odorat tout autrement affecté que le nôtre, et Jugeaient tout différemment des bonnes et des mauvaises odeurs. Pouf moi, Je le croirais bien. Les odeurs elles-mêmes sont des sensations faibles; elles ébranlent plus l'imagination que ïe sens, et n'affectent pas tant par ce qu'elles donnent que par ce qu'elles font attendre. Cela supposé, les goûts des uns devenus, par leurs manières de vivre, si "différents des goûts des autres, doivent leur faire porter des jugements bien opposés des saveurs, et par conséquent des odeurs qui *es annoncent. Un Tartare doit flairer avec autant de plaisir un quartier puant de cheval mort, qu'un de 'nos chasseurs une perdrix à moitié pourrie.
Nos sensations oiseuses, comme d'être embaumés des fleurs d'un parterre, doivent être insensibles à des hommes qui marchent trop pour aimer à se promener, et qui ne travaillent pas assez pour se faire une volupté du repos. Des gens toujours affamés ne sauraient prendre un grand pialsir à des parfums qui n'annoncent rien à manger.
L'odorat est le sens de l'imagination. Donnant aux mxfs un ton plus fort, il doit beaucoup agiter le cerveau ;
fci %cs ai:cîeiiii îiistorieus sout ftenxp&i de yuejs dofct on jttwnraït £sîre usage, quand même les faits qm ïes présentent aeraièjxt faux. Maïs ftous ne eavciio tirer aucun vrai parti de ïahistosre r la critique d'érudition absorbe tout; comme s'il importait beaucoup qu'un fait fut vrai, pourvu qu'oa tsp put tirer une instruction utile ! Les hommes seaasés dot- V£E$ IHS04êT ï'&fetPWfc çoan^ u^ tissa 6s fetâfes CLZ£ 2U
WtiZ il 363
c^J: poux cda qtfll ranima tin tifoiâ&ii te fempei&nseîif,
et fêpîifee à Sa longue. 0 a dans famdu* des effets asaei connus : le doua parfum cto caînoet de toilette n'est ;. un plkge aussi faille otfon péage; et je ne sais s'il wt fçûcfter on plaindre l'homme sage et peu sensible qua Codeur des 8etOT quq ga maîtmibe a sur fe seia m fit Jamais palpi
L'odorat ne doit $#&£ pas eir^ fort acfcl dans fe plfeœfëï âgé, où Pimaghaatkm, que» p^u de passions ont encofa
sptïbJe d'émottaa, ci oô fon i
pgs encore assez cPexpérience ^oar prévoir av^c flq Sdita
que nous éi promet un «a&tre. Aussi cette conséquçj est-elle paria:/ confirmée par Fobfcçsyattoïi; et û
e;^t certain que ce seiis est (s^cor^ obtus et presque hébété chez îa plupart des en rron que la sensation ne sc-if
eo eux aussi fffle> et peut-être plus que dans les hommes, triais parce quz, n'y joignant aucune autre idée, ils ne s'en affectent pas afe d u n seçtSmeat de plaisir ou
peine, et qu'ils -n'en SQîVt ni flattés ni Messes comme nods. Je crois que, sans sortir au même système, et sans recourir à Panatomie comparée des deux sexes, on trouverait aisément la raison pourquoi les femmes en général s'affectent plus vivement que les hommes.
On dit que les sauvages du Canada se rendent dès- leur jeunesse l'odorat si subtil, que, quoiqu'ils aient des chiens, ils ne daignent pas s'en servir à îa chasse, et se servent de chiens à eux-mêmes, je conçois en effet que, si l'on élevait les enfants à éventer leur 6Mcrf comme le chien évente le gibier, on parviendrait peut-être à leur perfectionner Podorat au même point; mais je ne vois pas au fond qu'on puisse en eux tirer de ce sens uh usage fort utile, si ce n'est pour leur faire connaître ses rapports avec celui du goût. La nature a pris soin de nous forcer à nous mettre au fait de ces rapports; elle a rendu l'action de ce dernier sens presque inséparable de celle de l'autre, en rendant leurs organes voisins et plaçant dans la ■chz une communication immédiate entré les deux, sorte que nous ne goûtons rien sans îe flairer. Je voudrais seulement qu'on n'altérât pas ces rapports naturels pour tro m enfant, en couvrant, par exempte, c'en
d'une médecine, car la dte- CordQ -à^o deux sens est trop grand alors pour pouvoî - Fabuser
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plus pour lui Qu'une odeur dégoûtante : et c'est ainsi que nos indiscrètes précautions augmentent la somme des
sensations déplaisantes aux dépens des agréables.
D nie reste à parler clans les livres suivants de la culture d'une espèce de sixième sens, appelé sens commun, moins parce qu'il est commun à tous îes hommes que parce qu'il résulte de l'us en réglé des autres sens,
et qu'il nous instruit de la nature des choses par le concours de toutes leurs apparences. Ce sixième sens n'a point par conséquent d'organe particulier ; il ne réside que dans le cerveau, et ses sensations purement internes s'appellent perceptions ou idées. C'est par le nombre de ces idées que se mesure retendue de nos connaissances : c'est leur netteté, leur clarté, qui fait la justesse de l'esprit ; c'est l'art de les comparer entre elles qu'on appelle raison humaine, Ainsi ce que j'appelais raison sensitive ou puérile consiste a former des idées simples par le concours de plusieurs sensations ; et ce que j'appelle* raison intellectuelle ou humaine consiste à former des idées complexes par le concours de plusieurs idées simples.
Supposant donc que ma méthode soit celle de la nature, et que je ne me sois pas trompé dans l'application, nous
avons amené notre élève, à travers le pays des sensations, Jusqu'aux confins de la raison puérile : le premier pas que nous allons faire au dda doit être un pas d'homme.
Mais* avant d'entrer dans cette nouvelle carrière, jetons un moment les yeux sur celle que nous venons de parcourir. Chaque âge, chaque état de la vie a sa perfection
convenable, sa sorte de maturité qui lui est propre. Nous avons souvent ouï parler d'un homme fait ; mais considérons un enfant fait : ce spectacle sera plus nouveau pour nous, jaf ne sera peut-être pas moins agréable.
L'existence des êtres finis est si pauvre et si bornée, que, quand nous ne voyons que ce qui est, nous ne gommes jamais émus. Ce Sont les chimères qui ornent les objets réels ; et si l'imagination n'ajoute un charme à ce jqui nous frappe, le stérile plaisir qu'on y prend se borne à l'organe, et laisse toujours le cœur froid. La terre, 'parée des trésors de l'automne, étale une richesse que l'œil admire ; mais cette admiration n'est point touchante; elle vient plus de la réflexion que du sentiment. Au printemps, 5a campagne presque mm n'est encore couverte de rien, les bois n'ofirent point d'ombre, la verdure ne fait que de poindre, et le cœur est touché de son aspect. En voyant renaître ainsi la nature, on oe sent ranimer Soi-même, l'image du platèir nous environne ; ces compagnes de la volupté, ces d irmç'Z; toujours prêtes à m joindre a
LÏVftE II wti,
délicieux, sont déjà' sur le bord de nos paupières; mais l'aspect des vendanges a beau être animé, cable, on iv toujours d'un ceci sec.
Pourquoi cette cllff- .; C'est qu'au spectacle du prin-
temps j rimaginàtion joint celui des saisons qui îc doivent suivre; à ces tendres bourgeons que l'œil aperçoit, elle ajoute les fteurs, les fruits, tes ombrage?, quelquefois les mystères qu'ite peuvent couvrir. Elle réunit en un peint des temps- qui se doivent succéder, et voit moins tes objets comme *ïï§ seront que comme elle les désire, parce qu'il dépend d'elle de les choisir. En automne, au contraire, on n'a plus à voir que ce qui est : si Ton veut arriver au printemps, l'hiver nous arrête, et l'imagination glacés empire sur la neige et sur les frimas.
Telle est îa source du charme qu'on trouve à contenu pkr «ne belle enfance préîérablement à la perfection de l'âge mûr. Quand est-ce que nous goûtons un vrai plaisir à voir un homme? c'est quand la mémoire de ses actions nous fait rétrograder sur sa vre, et le rajeunit, pour ainsi dire» à nos yeux, Si nous sommes réduits à !'e considérer tel qu'il est, ou a le supposer tcî qu'il sera dans la vieillesse, l'idée de îa nature déclinante efface tout notre plaisir. Ii n'y en a point à voir avancer un homme à grands pas vers sa tombe, et l'image de la mort enlaidit tout.
Mais quand je me figure un enfant de dh: à douze ans, vigoureux, bien formé pour ton âge, Il ne me fait pas naître une Idée qui ne t : pour le pré-
sent, soit pour l'avenir : Je le ; vif, anime,
sans souci rongeant, &an$ longue et pénible prévoyance; tout entier h son être actuel, et jouissant û}um> plénitude rie qnî semble vouloir s'étendre hors de lui, Je le pré^
& dans un autre âge . exerçant le sens, l'esprit, les forcée qui se développent en lui de jour en jour, et dont il donne à chaque instant de nouveaux Indices : je îe contemple enfant, et il me plaît; je l'imagine homme, et il me piaît davantage ; son sang ardent semble réchauffer le niieo ; je crois vivre de sa vie, et sa vivacité me rajeunît
L'heure sonne, quel changement ! A l'instant son œil se ternit, sa gaieté 6 efface; adieu la joie, adieu les folâtres Jeux. Un homme sévère et fâché le prend par la main, lui ait gravement, Allons, moniïeur, et l'emmène. Dans la chambre où ils entrent j'entrevois des livres. Des livres 2 quel triste ameublement pour son âge î Le pauvre enfant ae îaJ *# entrant, tourne un mil de regret sur tout ce qui Pcmironm», &* • ; ^ pleurs
ÉAUï
. rï tfb$fc rèpsndrfc, et le coeur gros de sou'pirs q irose exhaler* O toi qui n'as rien de y sreïl â craindre, foi pou?
temps de la vie n'est tin tcnps de gêne ec d'ennuî, toi ■ vois venir le Jour sans ïnquiétede* la nuit isasrs napa-
i'è sens à son cbe on. mouitemeat de pis- que je lui
Kfàfe partager* C'est son s sradè, cfest te edm-
pagnon éiTses jeux qu'il abords ; 0 eèt bien sûr, en ot ^'oyant, qu'il ne testera pas longtemps sans amusement; riotis ne dépendons lwûé$ l'un de l'autre, it^is nous nous
accordons toujours, et nous ne sommes avec jpc aussi bien qu'ensemble.
Sa figure, son port, sa confiance, annoncent Passif ranœ et le contentement; la santé brille sur son visai seè pas afferals fui donnent un air de mgumt; son temtà
délicat encore sans erre fade, n'a rien d'une moite effi&minée» l'air et te soleil y ont déjà mis l'empreinte honorable de son «exe; ses muscles encore arrondis cent* mencent à marquer quelques traits d'une, physionoi
naissante; seSyeux, que le feu du sentiment n'anime point encore, ont ad moins ' foute ■ leur sérénité native (1); de
longs chagrins ne les ont point obscurcis, des. pleurs sans fia n'ont point sillonné ses Joues, Voyez dans ses mouvements prompts, mais sûrs, la vivacité de son âge, la fermeté de l'indépendance, l'expérience des exercices multipliés- Il a VcJf ouvert et libre, niais non pas insolent ni vain, son visage, qu'on n'a pas collé sur des livres, ne tombe point, sur son estoaiac : on n'a pas besoin de lui dire. Levez la (tic; la honte ni la crainte ne la fui firent Jamais baisser.
F&isons-fui place au fîîHtea de l'assemblée; messieurs,
esaminez-îe, inteîTogez-le en toute confiance; ne craignes ni ses importunités, ni son babil, ni ses questions indiscrètes. N'ayez pas peur qu'il s'empare de vous, qu'il prétende vous occuper de lui seul, et que vous ne puissiez
plus vous en défaire.
aussi librement q te*
SÛVRE IL ïSë
aucuns Sono dû fcfteî que fera mï \fom es qu'il aafa Slî; il usera de la parole dans fonte la simplicité de sa pre» raiène h iôû-
L'on ai: -on augurer des enfans, et Ton a toujours
regreï à ce flux d'inepties qui vient presque toujours renverser les espérances qu'on voudrait tirer de quelque heureuse rencontre., qui par hasard Leur- tombe sur la langue. Si le mien donne rarement de telles espérances, il ne donnera ]am,ais ce regret ; car îl ne -dit jamais un mot inutile, et ne s'épuise p^s sur un babil qu'il' sait qu'o# n vcoiîta point àes idées sont bornées, mais nettes; s'il ne zzïi nen pot cœiûr, il sait beaucoup par exçêrieî S'il Ut moins bien qu'^n autre enfant dans nos livres, il Ht v celui de la nature; ^on esprit n'est pas dans
sa langue, maïs cb" Btô; il a mains de mémoire qup**de
Jugement! i! ne in langage, mais ïl entend
ce'qifii dix; et s'il ne dit pas si bien que les autres disent en revanche il fait mieux qu'ils ne font
Il ne sait ce que c'est que routine, usage, habitude; ce qu'il Ut hier n'rnilne point sur ce qu'il fait aujourd'hui (!): il ne snn jamais de formule, ne cède point à l'autorité ni à l'exemple, et n'agit ni ne j [u£ corroie il fui con*
vient 'Ainsi n'attendez pas de lui des discours dictés ni des manières étudiées, mais toujours l'expression fidèle de ses idées et la conduite qui n?ât ae ses penchants.
Vous lui trouvez un petite nombre de notions morales qui se rapportent à son é,i?ït actuel, aucune sur l'étsft relatif i s : et dé quoi lui servintien-ellea, puï$-
Un enfant i ?as encore un membre actif de ia
, de proprié - Convention . en savoir jusque-là; il sciit pourquoi ce qui njul est a lui, et pourque 1 n'est pas à lui n'
pas à lui. P>iS^ci cela, îî ne ssit plus rien. Parlez-lui ; devoir, d'ol il ne sait ce que vous voulez dire;
t, I ' t. de la paresse n'alisrelîe à
E'hoxaa • - paresse r.:; en s'y livrant : an fait plus
fait : la route étant frayée en dçi-
.-.. rre. Attsfii p*ttt-icm r :r cae rszrt-
• 2 ."...• rur 1-3 -- i et sur
sens tac s •
' • . jëur. lui seule il ade utile a
est cl îsité des
ij, lu I
-- * car il ne dôtflamte
tl étendra son d ?, et d'acquérir sur vous des rîrc
qu'il sait îiïm inviolables. Peut-être m est-il pa?
de tenir tm
.'.que chose; mais s*îî - -mrzx motif, le voiià tï&
soîti d?1 h nature, et vous n'avez pas bien bouché devance toutââ te portes de la van!
&n côté, s'il a besoin de quelque -assistance, il I Vlemanuora bai! : u premier qu'il rencontre, il
la demanderait au roi comme* 'à son laquais : tous les hommes sont encore égau; .. r ■ yeux. Vous voyes, à l'air dont iî prie, qu'il sent qu'on ne lui doit rien. Il sait que ce qu'il demande est une grâce; il sait aussi que l'humanité porte à en accorder. Ses expressions sont simples fet laconiques; sa voix, sou regard, son geste, sont1 d'un être également ' accoutumé à la complaisance et au refus. Ce nYest ni la rampante et oervile soumission d'un esclave, ni l'impérieux accent (ï\m maître; c'est une modeste confiance en son semblable, c'est la noble et touchante douceur d'un être libre, mais sensible et faible, qui implore clera pas, mais il sentira qu'il a contracte une dette. Si vous lui accordez ce qu'il vous demande, i! foe voua remerciera pas, mais; il sentifa qu'il a contracte une dette.Si vous fc lui refusez, il ne se plaindra point, il n'insistera point, il sait qua cela serait Inutile; Il ne se dira point: on nfa refusé; mais il se dira : cela ne pouvait pas dire; et, comme je l'ai déjà dit, on ne se mutine guère contre la nécessité bien reconnue.
Laissez-le seul en liberté, voyez-le ac^ir sans lui rien dire; considérez ce qu'il fera et comment i! s'y prendra. N'ayant pas besoin de se prouver qu'il est libre, il ne fait jamais rien par élourden?, et seulement pour faire im acte de pouvoir ëur lui-même : ne s&it-il pas qu'il est toujours rx de lui? alerte, léger, dispos;
uVQmQïits ont toute la vivacité de son lige : niais vous n'en voyzz pas un qui n\iit une fin. Quoi qu'il veuille faire, il n'entreprendra jamais rien qui soit au-dessus de ses forces, car il les a bien éprouvées et les connaît; ses moyens sont toujours appropriés à ses desseins et rarement il agitH sans être assuré du succès. Il aura l'œil attentif et judicieux; iî n'ira pas njaisenent interrogeant les autres sur tout ce qu'il voit; mais ii l'examinera lui-même et se fatiguera pour trouver ce qu'il veut apprendra avant de le demander. S'il tombe d îs embarras imprévus,
il se troublera moin" qu'un cuire; s'il y a du risque, il s'effrayera moins anr- me son imagination reste en;: inaetïve, c ! n'a rien fait pour l'animer, il ne v que ce qui est,, n'esînic l'es dangers que ce qu'ils