LIVRE ï %t
partager le droit de mère, ou plutôt de l'aliéner ; de voir son enfant aimer une autre femme autant et plus qu'elle ; de sentir que la tendresse qu'il conserve pour saf propre mère est une grâce, et que celle qu'il a pour sa mère adoptive est un devoir : car, où j'ai trouvé les soins d'une mère, ne doîs-js pas l'attachement d'un fils?
La manière dont on remédie à cet inconvénient est d'inspirer aux enfants du mépris pour leurs nourrices, ca les traitant en. véritables1' servantes. Quand leur service est achevé, on retire l'en fani ou -l'on congédie la nourrice; à force de la mai recevoir, on la rebute de venir voir son nourrisson, Au bout de quelques années il ne ta voit plus, il ne fa connaît plus. La mère, qui croit se substituer à eîîe et réparer sa négligence par sa cruauté* se trompe. Au lieu de faire un tendre fils d'un nourrisson dénaturé, elle l'exerce à l'ingratitude; elle lui apprend à mépriser un jour celle qui lui donna Sa vie, comme celle qui l'a nourri de son lait.
Combien j'insisterais sur ce point s'il était moins décourageant de rebattre en vain des sujets utiles ! Ceci tient à plus de choses qu'on ne pense. Voulez-vous rendre chacun à ses premiers devoirs ? commencez par les mères ; vous serez étonné des changements que vous produirez. Tout vient successivement de cette première dépravation: tout l'ordre moral s'altère ; le naturel s'éteint dans tous les cœurs ; l'intérieur des maisons prend un air moins vivant ; le spectacle touchant d'une famille naissante n'attache plus les maris, n'impose plus d'égards aux étrangers; on respecte moins la mère dont on ne voit pas les enfants ; il n'y a pointf de résidence dans les familles; l'habitude ne renforce plus les liens du sang; il n'y a plus ni pères, ni mères, ni enfants, ni frères» m sœurs ; tous se connaissent à peine, comment s'aimeraient-ils ? Chacun ne songe plus qu'à soi. Quand la niai* son n'est qu'une triste solitude, il faut bien aller ô'égaytr ailleurs. « {
Mais quç les mères daignent nourrir leurs enfants, les mœurs vont se réformer d'elles-mêmes, les sentiments de la nature se réveiller dans tous les emirs, l'état va se repeupler ; ce premier point, ce point seul va tout réunir. L'attrait de la vie domestique est le meilleur contre-poison des mauvaises mœurs. Le tracas des enfants, qu'on croît importun, devient agréable ; il rend le père et la mère plus nécessaires, plus chers l'un à l'autre ; U resserre entre eux le lien conjugal. Quand la famille est vivante fpt smim&j les soins domestiques' font la gtas citas ssra^
paftan 3e la femme et te plus doux amusement du mari, Ainsi, de ce seul abus corrigé; résulterait bientôt œt réforme générale ; bientôt t$ nature aurait .repris tous ses droits. Qu'une fois les femmes redeviennent. mères, bientôt les hommes redeviendront pères .et maris.
Discours superflus I Penrmi môme des plaisirs du monde ne ramène jamais à ceux-là. Les femmes ont cessé d*êta mères, elles ne le seront pîus^ elles ne veulent plus Vêtît* Quand elles le vaudraient, à peine le pourraient-elfes ; aujourdyhul que l'usage contraire est établi, chacune aurait à combattre l'opposition de toutes celles fui l'approchent, liguées contre un exemple que les unes n'ont pas donné et que les autres ne vtureot pas suivît*
Il se trouve pourtant quelquefois encore de .jeunes personnes â'un bon nature! qmp ..sut ce point osant :braver l'empire de la mode et k \ aeurs de !.cin* èexc, rem* plissent avec- une vertueuse itffépsdfté ce devoir si doux que la nature leur Impose. Puisse -leur nombre augmenter par Paîtrai! des biens destinés à celles qui s'y- livrent i fondé sur des conséquences qu© donne' le plus simple raisonnement, et sur des observations que je n'ai Jamais-. vues démenties, fost promettre à ces "dignes, mërës m attachement se ^constant de & part de leurs mfâ,
um tendresse vraimeir . . la p'drt de hum eniasts*
^estime et i-a respect du public., d'heureuses coucha sans accident et sans suite, une santé fermé £t vigoureuse. m%n le plaisir de se mit un jour imiter par leurs fille:?, et citer en ex&nipte h ■ .'autrui.
Pofeit de rmtz, point d'enfant Entre eug les dévies sont réciproques ; et s'ils sont jxHii repfîis dsm oSM^m seront négligés de fis ;.. pilant doit amer m mëro
avant de savoir qu'il le doit, S fa voix du .6a»g iî*è^ fortifiée- par t'habitu-de et les soins» elle s'éteint dans les premières aanées, et le ccaur meurt pour ainsi dite avant que de naîtrç. Nous vpiîà dès les prem&rs pas hors de la nature.
0a -ce. sort eacore pas une route opposée* lorsqu'au Heu de négliger !es soins de mère, mie 'femme les' pofte à. L'excès ; lorsqu'elle .'t'ait de son enfant .son idole,' quv augmente et nourrit sa faiblesse pour l'empêcher de Ja szntïr, et qu'eapérant le soustraire aux lois de la oatare» elle écarte de lui des atteintes pénibles, sans songer combien, pour quelques incommodités dont elle le préserve un moment, elle accumule au loin d'accideiits et de pénU
: ^a tète, et combien c'est uitts précaution barbare dtf raoîonjjer la faiblesse d© t'eafattcs sous les Catigtses sfeai;