IV. i
n'attend que le moment de les rendre vaines.
Tout cela est contre la nature. En suivant une route opposée, j'arriverai plus sûrement au même but. Je ne craindrai point de flatter en lui le doux sentiment dont il est avide ; je lç lui peindrai comme le suprême bonheur de la vie , parce qu'il l'est en effet ; en le lui peignant je veux qu'il s'y livre 5 en lui faisant sentir quel charme ajoute a l'attrait des sens l'union des cœurs , je le dégoûterai du libertinage , et je le rendrai sage en le rendant amoureux.
Qu'il faut être borné pour ne voir dans les désirs naissants d'un jeune-' homme qu'un obstacle aux leçons de la raison ! Moi , j'y vois le vrai moyen de le rendre docile a ces mêmes leçons. On n'a de prise sur les passions que par les passions"; c'est par leur empire qu'il faut combattre leur tyrannie, et c'est toujours de la nature elle-même qu'il .faut tirer les instruments propres à la régler.
Émile n'est pas fait pour rester toujours solitaire ; membre de la société , il en doit remplir les devoirs. Fait pour vivre avec les hom- • mes , il doit les connoître. Il connoît l'homme en générai ; il lui reste à connoître les individus. Il sait ce qu'on fait dans le mpnâe; il lui