‹ Emile, ou de l'Education (volume 4)Chapitre 25 sur 128 · LIVRE; IV · texte numérisé non relu

LIVRE; IV

méchants , ils ne sont que vains , fripons , faux; ils n'ont pas même assez de courage pour être d'illustres scélérats. Tels sont les méprisables hommes que forme la crapule de la jeunesse : s'il s'en trouvoit un seul qui sût être tempérant et sobre , qui sût , au milieu d'eux , préserver son cœur, son sang, ses mœurs, de la contagion de l'exemple , a trente ans ri écraseroit tous ces insectes , et deviendroit leur maître avec moins de^peine qu'il n'en eut à rester le sien.

Pour peu que la naissance pu la fortune eût fait pour Émile , il seroit cel homme s'il vouloit l'être : mais 11 les mépriseroit trop pour daigner les asservir. Voyons-le maintenant au milieu d'eux, entrant dan* le monde, non pour y primer , mais pour le comioître , et pour y trouver une compagne digne de lui.

Dans quelque rang qu'il puisse être né, dans quelque société qu'il commence à s'introduire , son débirt sera simple et sans éclat : à Dieu ne plaise qu'il soit assez malheureux pour y briller ! Les qualités qui frappent au premier coup-d'œil ne sont pas les siennes , il ne les a ni ne les veut avoir. Il met trop peu de prix aux jugements des hommes pour en mettre à

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