‹ Emile, ou de l'Education (volume 4)Chapitre 37 sur 128 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

rera de lui-même la conséquence de Futilité de tous ces beaux établissements.

Je le mène aux spectacles, pour étudier, non les mœurs , mais le goût; car c'est la surtout qu'il se montre a ceux qui savent réfléchir. Laissez les préceptes et la morale , lui diroisje ; ce n'est pas ici qu'il faut les apprendre. Le théâtre n'est pas fait pour la vérité; il est fait pour flatter , pour amuser les hommes ; il n'y a point d'école où l'on apprenne si bien l'art de leur plaire et d'intéresser le cœur humain. L'étude du théâtre mène à celle de la poésie j elles ont exactement le même objet. Qu'il ait une étincelle de goût pour elle, «vec quel plaisir il cultivera les langues des poètes, le grec , le latin , l'italien ! Ces études seront pour lui des amusements sans contrainte , et n'en profiteront que mieux ; elles lui seront délicieuses dans un âge et des circonstances où le cœur s'intéresse avec tant de charme à tous les genres de beauté faits pour le toucher. Figurez-vous d'un côté mon Emile, et de l'autre un polisson de collège , lisant le quatrième livre de PÉnéide , ou Tibulle , ou le Banquet de Platon : quelle différence 1 Combien le cœur de l'un est remué de ce qui n'affecte pas même

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