LIVRE V. i
sopheront mieux qu'elle sur le cœur humain; mais elle lira mieux qu'eux dans les cœurs des # hommes. C'est aux femmes à trouver pour ainsi dire la morale expérimentale , à nous à la réduire en système. La femme a plus d'esprit, et l'homme plus de génie 5 la femme observe , et l'homme raisonne : de ce concours résultent la lumière la plus claire et la science la plus complète que l'entendement humain puisse acquérir dans les choses morales , la plus sûre connaissance, en un mot, de soi et des autres qui soit à la portée de notre espèce. Et voilà comment l'art peut tendre incessamment à perfectionner l'instrument donné par la nature.
Le mpnde est le livre des femmes : quand elles y lisent mal , c'est leur faute , ou quelque passion les aveugle. Cependant la véritable mère de famille, loin d'être une femme du monde , n'est guère moins recluse dans sa maison que la religieuse dans son cloître. Il faudroit donc faire, pour les jeunes personnes qu'on marie , comme on fait ou comme on doit faire pour celles qu'on met dans des couvents; leur montrer les plaisirs qu'elles quittent avant de les y laisser renoncer , de peur que 4a fausse