LIVRE 10 W
Après avoir uti peu rêvé, je pris mon parti ; j'envoyai chercher du vin dans La cave du maître aie la maison., et d'autre vin à huit scùs chez un marchand ce vin. je pris c;ar„3 u.n petit Sacca ce le. ôissQlution ç"ai!cal!i fixe ; puis^ ayant devant moi, dans deux verres, de ces deux différents vins (1), je lui pariai ainsi.
On falsifie plusieurs denrées pour les faire paraître meilleures qu'elles ne sont. Ces falsifications trompent l'œil et le goût ; mais elles sont nuisibles et rendent la chose falsifiée pire, avec sa belle apparence, qu'elle n'était auparavant.
On falsifie surtout les boissons, et surtout les vins, parce que la tromperie est plus difficile à connaître et donne plus de profit au trompeur.
La falsifications des vins verts ou aigres se fait avec de la litharge : îa litharge œt une préparation de plomb. Le plomb, uni aux acides, fait un sel fort doux qui corrige au goût la verdeur du vm, mais qui est un poison pour ceux qui le boivent. Il im-Dorte donc, avant de boire du vin suspect, de savoir s'il est lithargé ou s'il ne l'est pas. Or voici comment je raisonne pour découvrir cela.
La liqueur du vin ne contient pas seulement de l'esprit inflammable, comme vous l'avez vu par l'eau-de-vie qu'on en tire ; elle contient encore de l'acide, comme vous pouvez le connaître par le vinaigre et le tartre qu'on en tire aussi.
L'acide a du rapport aux substances métalliques, et s'unit avec elles par dissolution pour former un sel composé, tel, par exemple, que la rouille, qui n'est qu'un fer dissous par l'acide contenu dans l'air ou dans l'eau, et tel aussi que le vert-de-gris, qui n'est qu'un cuivre dissous par le vinaigre.
Mais ce même acide a plus de rapport encore aux substances alcalines qu'aux substances métalliques ; en sorte que, par l'intervention des premières dans les sefo composés dont ie viens de vous parler, l'acide est forcé de lâcher le métal auquel il est uni, pour s'attacher à l'alcali.
Alors la substance métallique, dégagée de l'acide qui la. tenait dissoute, se précipite, et rend la liqueur opaque.
Si donc un de ces deux vins est litharghré, son acide tient îa litharge en dissolution. Que j'y verse de la liqueur alcaline, elle forcera l'acide de quitter prise pour s'unir à elle ; te plomb, n'étant plus tenu en dissolution, repa-
ï. A charme explication qtt*on veut donner à îVnfpfit. <go Mftit appareil qui îa précède sert beaucoup à le rer*dre atteadl
ao EMILE
raîtra, frcubîera ta liqueur, et se précipitera enfin âz le tond du verre.
S'il n'y a point de plomb (1) ni d'aucun métal dans i* vît?,, l'alcali j'unira paisiblement (2) avec î'acide, le tout restera dissous, et il ne se fera aucune précipitai; :
Ensuite je vers alcaline successivement
dans les deux verres : celui du vin de la maison resta clair et diaphane ; l'autre, en un moment, fut trouble ; et au bout d'une heure on vit clairement le plomb précipité dans le fond du verre.
Voilà, reprisse, le vin naturel et pur dont on peui boire, et voici le vin falsifié qui empoisonne. Cela découvre p&r les mêmes connaissances dont vous me demandez l'utilité. Celui qui sait bien comment se fait l'encre sait ce ia frelaté
j'étais fort consent de mon exemple, et cenendant ie m'aperçus que l'enfant n'en était po:nt frarmé. J'eus foesom d'un neu de temns pour sentir oue \e n'avais fait qu'une sottise ; car, sans parler de l'imnossibilité c i famé «fis un pfifpnt nflt suivre mon ex^Vîcation, l'utilité de cette expérience n'entrait pas dans son esprit, parce qu'ayant goûté des deux vins, et les trouvant bons t: deux, il ne îo'gnait aucune :- ee mot de fafcificai
que \* pensais lui avoir si bien explioué. Ces autres v maham, vo'son, n'avaient même anntn sens pour lui ; il Était Ià-d>*8iis dans le cas de rhî«to^n du médecin Ptntinpe : c'est le cas de es enfants.
Les rapports des effets aux causes dont non* n'aner» cevons pas la lr les ma»»x cront nous
n'avons aucune iï*ée, les besoins que nous n'avons jamais sentis, sont nuls pour nous ; il est imposable de noua presser par eux à rien faire oui s'y rapporte. On voit h quinze ans le bonheur é'im homme sasre, comme à trente la gloire du parad:s. Si Ton ne conçoit b:en l'un et l'autre, on fera peu de chose pour les acquérir ; et, quand même
ï. T.eç v! ' r*i?z T^s TiTir^-'n"^^ i-'p vins
de Parts. niini"u,'ls ne soient pas tons l'thargîré's, sont rarement êx*wpts <îe plomb ; parée que les eo-nnto'ra de ces marchands sont garnis de ce métal, et que le vin qui se répand dans la mesure, en passant j'Htrnant sur ce plo^h en
dissout toujours quelque part:e. Il est étrange on 'un pImh si manifeste et si dai ftert par la police. Mais î!
est vrai que t aisés, fi t guère de ces vins-là,
oont peu sujets à en être ei
:\ L'acide '• est fort doux. Si c'était un acide minera],
qu'il fut moins étendu, pas sans ci.