‹ Émile, ou, de l'ÉducationChapitre 14 sur 60 · LIVRE ï!l 4i · texte numérisé non relu

LIVRE ï!l 4i

-on mangé de plus grava appétit, bu pîu§ gaiement, ri de meilleur cœur ? lequel a duré le plus longtemps is ennui, et sans avoir besoin d'être renouvelé par .utres services ? Cependant voyez la différence : ce in bis, que vous trouvez si bon, vient du blé recueilli par ce paysan ; son vin noir et grossier, mais désaltérant et sain, est du cru de sa vigne ; Se linge vient de son chanvre, filé l'hiver par sa femme, par ses filles, par servante ; nulles autres mains que celles de sa faille n'ont fait les apprêts de sa table ; le moulin le plus proche et le marché voisin sont les bornes de l'univers pour lui. En que* donc avez-vous réellement joui de tout ce qu'on fourni de plus la terre éloignée et là main des hommes sur l'autre table ? Si tout cela ne voua 2 pas fait faire un meilleur repas, qu'avez-vous gagné à c 'Me abondance ? qu'y avait-il îà qui fût fait pour vous 7 vous eussiez été le maître de la maison, pourra-t~i1 •jter, tout cela vous fût resté plus étranger enec: , r le soin d'étaler au* veux d -z autres votre jouissant eût achevé de vous l'ôter : vous auriez eu la peine, eux le plaisir.

Ce discours pevA tire fort beau ; "îiaîs iî ne vaut rien pour Emile dont il passe la portée, et à qui l'on ne dtcfe int ses réflexions. Parlez-lui donc plus simplement, .es ces deux épreuves, dites-lui quelque matin : G^ lerons-nous aujourd'hui ? autour de cette montagne d'argent qui couvre les trois quarts de la table, et do ces parterres de fleurs de papier qu'on sert au dessert su? des miroirs ? parmi ces femmes en grand panier qui vous traitent en marionnette, et veulent que vous ayez dit ce que vous ne savez pas ? ou bien dans ce village à 6^ux lieues d'ici, chez ces bonnes pens qui nous revent si joyeusement et nous donnent de si bonne crème ? Le choix d'Emile n'est pas douteux : car il n'est i-i babillard ni vain ; il ne peut souffrir la gêne, et tous 3 ragoûts fins ne lui pla:sent point : mais tî est tou- ■~s prêt à courir en camoagne, et il aime fort les bons rfta, les bnns légumes, la bonne crème, et les bonnes ;ns (î). Chemin faisant, la réflexion vient d'elle-cnême.

|. Le goût <î«e Je suppôt & mon Ph.*e rot»? la campapoe esî

t naturel de son ton. D'ailleurs, n'ayant rien de

" fat cî r- aux femmes, il ea i

que d'à [uent il se p

avec elles, et se gâte moins dans leur société dont tî

fr'eît pas encore ea état de sentir le charme. Je me suis gardé

ât ItsX spprecirs à 1 ter h ~z:'-z: à îsur dire é«-a fe&sssii

i2 ÊMîLE

Je vois que ees foules d'hommes qui travaillent I ces grands repas perdent bien buis peines, ou qu'ils ut suageni guère à no$ plaisirs.

Mes exemples, bons peut-être pour un sujet, seront mauvais pour mille autres. Si l'on en prend l'esprit, un S^ura bien Ses varier au besoin ; le choix tient à l'étude du génie propre à chacun, et cette étude tivnt aux occa" sions qu'ors leur offre de se montrer. On n'imaginera pas que, dans l'espace de trois ou quatre ans que nous avons & remplir ici, nous puissions donner à l'enfant le plus heureusement né une idée de tous les arts et de toutes lea sciences naturelles, suffisante pour les apprendre un jour de lui-même ; liais, en faisant ainsi pasi ani

fui tous les objets qu'il lui importe de connaître, m le mettons dans le cas de développer son goût, j talent, de faire les premiers pas vers l'objet où le porte son génie, et de nous indiquer ta route qu'il faut lui ouvrir pom seconder la nature,

Un autre avantage de cet enchaînement de connaissances bornées, mais justes, est de les lui montrer par leurs liaisons, par leurs rapports, de tes mettre toutes à leurs places dans son estime, et de prévenir en lui les préjugés qu'ont la plupart des hommes pour les talents Qu'ils cultivent, contre ceux qu'ils ont négligés. Celui e«i voit bien l'ordre du tout voit la place où doit être» chaque partie- ; celui qui voit bien une partie et qui la eetwtatt à fonà^ peu* |tr* un savant homme ; l'autre est en homm« Judicieux ; fft cls soi- venez que ee Que.

mous n.;vj? proposons cftc ;ience que

ts jugement.

Quoi q'ù'ïï $n gôft, \r. : est indépendante da

#J€6 exemples ; elle e«1 fondée sur la mesure des. fa eut* tés de l'homme à ses différents âges, et sur le choix des occupations qui conviennent à ses facultés, je crois qu'on trouverait aisément une autre méthode avec laquelle on paraîtrait faire mieux ; mais, si eîie était moins appropriée à l'espèce, à l'âge, au sexe, je doute qu'elle eût Je même succès.

En commençant cette seconde période, nous avons prônas m£me & Vttf marquer préféraMemeni aux hommes Tes égards qui leur sont dus : je me »uîa fais ttac inviolable ld de «"exiger ries» de M dont la raison ne fut à sa portée ; Il n'y a poviv- fa lvo«rs© raieovi peur un enfamt de Mort «titrer | l'autre. Avec cette simplicité

m *ûr «?« reytof - Itn Bff )k** et ^i;» v^ £99

OVRÊ hi m

nié (Je la surabondance de nos forces sur nos besoins pour nous porter hors de noua ; nous nous sommes él8R» ces dans les deux ; nous avons mesuré- ta terre ; nouf ©vous recueil li les !ois ds la nature ; en un mot nut& avons parcouru l'île entière : maintenant nous *evenuru à nous, nous nous rapprochons insensiblement de notre

bitation. Trop heureux, en y nt, de n'en i

jve? encore en possession l'ennemi qui nom ei qui s'apprête à s'en emparer S

Que nouii resti \\\ ■ tout c$

naos envi in fout ce

que nous pouvons n< proprier, et de tirer parti 4

notre curiosité pç de notre bien-être. Jus-

qu'ici nous avons fait pi n d'Instruments de touts

ins savoir d irs aurions

être, inutiles à r.o i les, les nôtres pourront-irs $çf

à d'aun j peut-être, à ne ur, aurons-nous besoif

des leurs. Ainsi nous trouverions tous notre compte à C€9 échanges; mais, pour les taire, il faut connaître nos besoin? mutuels, ii faut que chacun sache ce que d'autres ont | son usage, et ce qu'jj^pèut leur oi'jïr en retour. Supposons dis hommes, dont chacun a dix sortes de besoins; U fauî que chacun, pour son nécessaire, s'applique à dix sortes de travaux ; mais, vu la (aient, Fuji

issira moins à quelqu'un de ej ; t, Pautre à ut

a.utre ; tous, propres i se choses feront les mên\ee

seront mal servis, Fomtons une société éf ess db iorcmei, et eue chacun s**f«prîqtjei* peg? Fui seul *? potjj les neuf autres, au çenr* d'oçcvpstiaffl qui lui convient le mieux ; cti .rôf itéra des talents des autres, comme $

lui seul tes avait tous ; chacun perfectionner* te sien \-rn- $« continue! exercice ; et il arrivera que tous les eîttÇ parfaitement bien rounrus; auront encore du surabondas^ pour d'autres. Voilà le prnçipe apnarent de toutes nos Institutions. fî n'est | mon sujet d'en examiner L

tes conséquences j c'est ce que j dans un antîî

écrit. (1)

Sur ce Drmcîne, un homme fini voudrait se resrardei Comme un être Isolé, ne tenant du tout à rien, et se suffi* Gant à lui-même, ne pourrait être que misérable : iî lu serait mAme imnoss-n'e de subsister : car, trouvant U terre entière couverte du t'en et du mien, et n'a va m rie?

son nlcess' s Ef ant de frétât de naf s,, *•* «••m^'^bîey

{fe sut d$j»ôUr§J lt-ll gré Le 3$

**es« et' ce *ei pflemetit en sortir que d5v <

rester dans l'impossibilité d'y vivre, car la première loi de la nature est le soin de se conserver.

Ainsi se forment peu à peu dans l'esprit d'un en tes idées des relations sociales, même avant qu il puis Être réellement membre actif de la société. EmHe v nue. pour avoir des instruments à son usase, ; lui i but encore à l'usage des autres, par lesquels il pur

nir en échange les choses oui lui sont nécessaires et qui sont en leur^ pouvoir, je ramène aiséme nt n sente le b-oin de ces échanges, et a se mettre en état den profiter. . n

Monseigneur, U faut que je vive, disait un tnalfteurer auteur sattriqué au ministre qui lui reprochait imtan de ce métier. Je n'en vois pas la nécessité, lui rep*:..: froidement l'homme en place. Cette réponse, excellente m>ur un mWstre, eût été barbare et fausse en toute an! bouche II faut que tout homme vive. Cet argument,

~-\ "chacun donne plus ou moins de force, a proporti ou'il a nfiis on moins d'humanité, me paraît sans repu.. nour celui qui le fait, relativement à lui-même. Puisqi de toutes les aversions eue nous donne la nature, la p ■te est celle de mourir, il s'ensuit que tout est pe: elle à Quiconque n'a nul autre moyen possible pour vivre Les principes sur lesquels l'homme vertueux apprend à mépriser sa vie et à l'immoler à son devo nt b;en loin de cette simplicité primitive. Heu-eux !. munie* chez lésons on peut être bon sans effort i juste **** wrfu ! S'il est qtHnue misérablement au mor où chacun ne puisse pas vivre sans mal faire et ou citovenS so'ent frinons .oar n*ces*i+e. ce^ et pas malfaiteur qu'il faut pendre, c'est celui qui le force a le devenir.

Sitôt au^rmV saura ce que c'est qne ta v?e. mon premier soin *era rie lui apprendre à la conserver, luso n'ai point distingué les états, les rangs, les fortur te ne les distinguerai guère plus dans la suite, pa i>bomme est fe même dans tous tes états; c he n'a pas l'estomac plus m

an esclave; qu rrand n'est p qu'"" honin\e d« peuple

enfin les bes ns d'v inrônnez Vi m de l'homme a l'homme, et non

gai â ce qui n'est point lai. Ne voyez-vous pas quco

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