‹ Émile, ou, de l'ÉducationChapitre 15 sur 60 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

*ravaiHenf à îe former exclusivement pou? un &i&î vqu$ !e rendez inutile à tout autre ; et que, s'il plaît à la forlune, vous n'aurez travaillé qu'à le rendre malheureux? Qu'y a-t-il de plus ridicule qu'un grand seigneur devenu gueux, qui porte dans sa misère les préjugés de sa nais= sance ? Qu'y a-î-il de plus vil qu'un riche appauvri, qui, se souvenanî du mépris qu'on doit à la pauvreté, se "?nt devenu le dernier des hommes? L'un a pour toute ressource !e métier de fripon public, l'autre celui de valet rampant, avec ce beau mot, // faut que je vive.

Voira vous fiez à l'ordre actuel de la société sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu'il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui peut regarder vos enfants. Le grand devient petit ; le riche devient pauvre ; le monarque devient sujet : les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter d'en être exempt ? Nous approchons de J'état de crise et du siècle des révolutions (î). Qui peut vous répondre de ce que vous deviendrez alors ? Tout ce qu'on fait les hommes, les- hommes peuvent le détraire : il n'y a de caractères ineffaçables que ceux qu'imprime la nature, et Sa nature ne fait ni princes, ni riches, ni grands seigneurs. Que fera donc dans !a~ bassesse ce îatraoe que vous n'avez élevé que pour la grandeur? Que fera, dans la pauvreté, ce pubftcain qui ne sait vivre que d'or ? Que fera, dépourvu de tout, ce fastueux imbécile qui ne sait point user de lui-même, et ne met Séa être que dans ce qui est étranger à hd ? Heureux celui

i sait quitter alors l'état oui te quitte, et rester homme

dépff du sort ? Qu'on loue tant qu'on voudra ce roi

vaincu qui veut s'enterrer en furieux sous tes ctërms de

n t-Anc : moi, je le m^nme : je vois qu'A n'exMe cjue par sa couronne, et qu'il n'est rien du tout s'il o'esî roi : m?;- -cel"» qui la perd et s'en rn^e est alors audessus d'elle. Du rang de roi, qu'un \ùvhe, un fnéc&suf, un fht.i peut rpmpH^ cesmmp un autre, U monte à Vêî?: d'Homme c\vç si ppu d'hommes savent remnjir Alors Û triomphe de la fortune, il la brave, U ne doit rien qu'à lui seul : et, quand 51 ne lui reste à monter qjî(p |lu* il n'es^ no?nt nul. il Pr«t qufînite chr><?,? On» jNîmp nvVfjj: cent fois le roi de Syracuse maître d'école à Corinthe,

i. Je tiens pour împossîM* que Tes cffa^d^s mnnar«4>?es j?e .l'Knrope aipnî çr>cnre longtemps à dîirer : toutes ont hriÛé, et tout £tat qtîi brille est sut snti déclin. J'ai de mon opini; des raison* olii« pn^ticitlîères ohp r^tfp *nr?vrj-r»<» ; rnaî<= Û n'€ pas à propes de les dire, et ehacuo a a lss voit qve tircp,

g '? noS & ">cc;r-^ greffier à R — ty ' HimJWftsS

i, ne sachant que devenir s'il ne rè^ne pas ; q

ifitier du possesseur de trois royaumes, jouet de quî-

fKjue os^r insulter à sa misère, errant de cour en cour,

îrchani partout des secours, et trouvant partout des

affronts faute de savoir faire autre chose qu'un métier

n'est plus en son pouvoir.

i-'hn juel qu'il soit* n'a d'autre

% mettre dans la s<k >, tous ses autres

Diéns y and un homme est rie"

ùu il ne jouit pas de sa richesse, ou le public en jouit

I vole aux autres ce dont il «g prive ; et ne leur donne rien. Ail

re tant qu'il ne paye 1 bien. Mai* mon père, en iç gagnant, a servi société.,, Soit, il -, .

• v vous fusr ni s^:-1? bien, puisq \ \\ n'est pc

juste c; ] homme ? fait pour la société en cl.' -

difij | ■ . : car G

snrier, ne | s pour Itti, et

'être rtanî ce qu'il fait, en lui !~" ?es, qin sont îa

du tin dans l'oisiveté ce

fl n'a pas £a#né lui-même te vole : et un rentier que tat pave pour ne diffère puère, à mes

Veux, d'un bripand oui vit ;épens des passants.

Hors de ta ;":~n à p

Hinnt i nlaît ; mais &:

La société, où il vît rK;. ctérçens des autre

U leur doit ea travail le prix de i ?tien ; cela

rravaHler est donc un ravoir in^fisn •q a l'homme social Riche ou pauvre, puissant

faible, tout citoyen oisif es} un frvpon. Oî, de

t le pins de

travail des mains : de toutes tes

la plus indénem la fortune et des

:7me3 esl de l'artisan. L'artisan ne dépend que*

i ; il c; : libre nue le înhoureu*-

p, dont la récr le prince, un \ ;• ce chnmn :

: mais par- Kttvj, 9Û l'on veut vexer rsrtjçaa, sou bagage est bienteu

ttvm \ji • m

fait ; iî emporte ses bras et l'en va. iWteîfciÉ, !*&$&«

cu'tnrc est 'e r métier de l'homme : c'est le pluâ

honnête, le plus utile, et par conséquent le plus noble qu'il puisse exercer. Je ne dis pas. à Emile : Apprends l'agriculture : i) la sait Tous les travaux rustiques lui sont familiers ; c'est p$T eux qu'il a commencé, c'est à eus qu'il revient sans cesse, je lui dis donc" : Cultive l'héritage de tes pères : iris » perds cet héritage, ou si tu n'en as point, q;ïe faire ? Apprends un métier.

Un métier à mon fils ! mon fils artisan ! monsieur, y

îZ*Vous ? j'y pense mieux que vous, madame, qui voulez Se réduire a ne Jdipuvoir jamais être qu'un lord, ;:n tr peut-être un jour moins que

rien : moi, je tau veux donner un rang qu'il ne puisse perdre, un rr, i ''honore dans tous les temps ; je veux

et, à ; ; et, quoi que vous puissiez

moins d'égaux à ce titre qu'à tous ceux quKâ tiendra de vc

La lettre tue et vivifie. ïl s'agit moins d?aj>

Ire un métier p< un métier, que pour varift»

.t? Il méprisant. Vous rae serez jamais

réduit à travailler pour vivre. Err ? tant pis, tant pis pour vous ! Mais, n'importe, ne travaillez point par nécessité,

u'Hez par gloire. Abaissez-vous à l'état d'artisan pouf erre au-d du vôtre. Pour vous soumettre la fortune

et tes choses, commencez par vous en rendre indépendant Pour régner par l'opinion, commencez par régner su? elle.

Souvenez-vous que ce. n'est point un talent que je voua ide ; c'est un fi vrai mener, un art pure-

ment mécanique, où les mains travaiHeni plus que la tête, et qui ne mène point à la fortune, mais avec lequel on peut s'en pa? .sons fort An-dessus du

er de manquer de pain, j'ai vu des pères pousser la prévoyance jusqu'à joindre i d'instruire leurs

aces dont, à . ils pussent {Irç? parti pour vivre. Cea 3 croient beaucoup , ils ne font rler^

■ ressources qu'ils pensent ménager a leurs enfants dépendent de - e nu-dec^us de

veulent juVnrec tous ces

aux talents, si celui qui 1er? a ne se trouve dans des lircoi • favorables pr u^age, U périra d9

*e comme s'il n'en avait aucun.

Dès qu'il est question de manège et d'intrigues, autant vaut ivs employer à $$ maifitefùr dafî§ raUoadance qu'à

regagner, du sein de la misère, de quoi remonter 5 son premier état. Si vous cultivez des arts dont le succès tient à la réputation de l'artiste, si vous vous rendez propre des emplois qu'on n'obtient que par la faveur, que vous servira tout cHa.^quand, justement dégoûté du monde, vous dédaignerez les moyens sans lesquels on n'y peut réussir ? Vous avez étudié la politique et les intérêts des princes : voilà qui va tort bien ; mais que ferez-vous de ces connaissances, si vous ne savez parvenir aux ministres, aux femmes de fa cour, aux chefs des bureaux, si vou3 n'avez le secret de leur plaire, si tous ne trouvent en vous le fripon qui leur convient ? Vous êtes architecte ou peintre ; soit, mais il faut faire connaître votre talent Pensez-vous aller de but en blanc exposer un ouvrage au Salon ? Oh ! qu'il n'en va pas ainsi ! Il faut être de l'Académie : il y faut même ^tg protégé pour obtenir au coin d'un mur quelque place obscure. Quittez-moi la règle et le pinceau, prenez un fiacre, et courez de porte en porte: c'est ainsi qu'on acquiert la célébrité. Or, vous devez savoir que toutes ces illustres portes ont des suisses ou ^les portiers oui n'entendent que par geste, et dont les oreilles sont dans leurs mains. Voulez-vous enseigner ce que vous avez appris, et devenir maître de géographie, ou de mathématiques, ou de langues, ou de musique, ou ie dessin ? pour cela même il faut trouver des écoliers, par conséquent des prôneurs. Comptez qu'il importe plus d'être chartatan qu'hahi?e, et que. si vous ne savez de Métier que le vôtre, jamais vous ne serez qu'un ignorant.

Voyes donc combien toutes ces briHarrtes ressourcée sont peu solides, et combien d'autres ressources vous sont nécessaires pour tirer parti de ceiles-là. Et pui3. que âevtendrez-vou3 dans ce lâche abaissement ? Les revers, sans vous instnrre, vous avilissent ; jouet plus que jamais de l'opinion publique, comment vous éléverez-vous audessus des préjugés, arbitres de votre sort ? Comment mépriserez-vous la bassesse et les vices dont vous avez besoin pour subsister ? Vmi ne dépendiez que des richesses, et maintenant vous dépendez des riches : vous n'avez fait qu'empirer votre esclavage et le surcharger de votre misère. vnm? voilà pauvre "ns être libre ; c'est le pire état où l'homme puisse tomber.

Mais, au lieu de recourir pour vivre â ces fiantes connaissances qui sont faites pour nourrir l'âme et non le Com<;. s' vous recourez, an besoin, à vos mains et à l'usage que vous en savez faVe. tontes tpç difficultés disparaissent, tous les manèges deviennent inutiles : la

UVRE in 4$

ressource est toujours prête au momhi :Ycr\ ti&& ; la probité, l'honneur, ne. sont plus un obstacle à la. vie : voua n'avey pitss besoin d'être lâche et menteur devant les çran/ls, souple e* rampant àvvznl les fripons, vi3 complaisant de tout le monde, emprunteur ou voleur, ce qui pst à peu près la même chose quand on n'a rien : l'opinion des autres ne vous touche point ; vous n'avez à faire votre cour à personne, point de sot à flatter, point de suisse à fléchir, point de courtisane à payer, et. qui pis est, à encenser Que de coquins mènent les grandes affaires, peu vous importe ; cela ne vous empêchera pas, vous, dans votre vie obscure, d'être honnête homme et d'avoir du pain. Vous entrez dans la première boutique du métier que vous avez appris. Maître, j'ai besoin d'ouvrage. Compagnon, mettez-vous là, travaillez. Avant que l'heure du dîner soit venue, vous avez gagné votre dîner; si vous êtes diligent et sobre, avant que huit fours se passent vous aurez de quoi vivre huit autres jours ; vous aurez vécu libre, sain, vrai, laborieux, juste : ca n'est pas perdre son temps que d'en gagner ainsi.

je veux absolument qu'Emile apprenne un méti>- Un métier honnête, au moins, direz-vous. Que signifie ce mot ? Tout métier utile au public • n'est-il pas honnête ? je ne veux point qu'il soit brodeur, ni doreur, ni vernisseur, comme le gentilhomme de Locke ; je ne veux qu'il soit nî musicien, ni comédien, ni faiseur de livres (1). A ces professions près et celles qui leur ressemblent, qu'il prenne rçlle qu'il voudra ; je ne prétends le gêner en rien j'aime mieux qu'il soit cordonnier que poète ; j'aime mieux qn1J Bave les grands chemins que de faire des fleurs de porcine. Mais, direz-vous, les archers, les espions, les bourreaux sont des gens utiles. Il ne tient qu'au gouvernement iu'ils| ne le soient point. Mais passons, j'avais tort ; il ne suffit pas de choisir un métier utile, \) faut encore qu'il n'exige pas des gens qui l'exercent des qualités d'âme odieuses et incompatibles avec l'humanité. Ainsi, revenant au premier mot. prenons un métier honnête ; maÎ3 souvenons-nous toujours qu'il n'y a point d'honnêteté sans l'utilité.

Un célèbre auteur de ce siècle, dont les livres sont pleins de grands projets et de petites vues, avait fait

i. Voui r*ête9 Men, vous, me dira-t-on. Je te suïa pour mon malheur, je l'avoue : et mes torts, que je pense avoir assee expiés, ne sont' pas pour autrui des raisons d'en avoir de SPmhlaWes. je n'écris pas pour excuser mes fautes, mais poisS erapp'^hrr mea lecteurs de las imiter.

Emile il é

fiQ ÉMÏLB

rcfctt, comme tous les prêtres de sa ^~~ -union, n'avoir point de femme en propre ; mais, se trouvant plus scrupuleux que les autres sur l'adultère, on dit qu'il prit le parti d'avoir de jolies servantes, avec lesquelles il tèpâiùt de son mieux l'outrage qu'il avait fait à son espèce par ce téméraire engagement. Il regardait comme on devoir du citoyen d'en donner d'autres à la patrie ; et du tribut qu'il lui payait en ce genre il peuplait la classe des artisans Sitôt que ces enfants étaient en âge, il leur faisan apprendre à tous un métier de leur goût, n'excluant que les professions oiseuses, futiles ou sujettes à (a mode, telles, par exemple, que celle de perruquier, qui n'est Jamais nécessaire, et qui peut devenir inutile d'un jour à l'autre, tant que la nature ne se rebutera pas de nous donner des cheveux. '

Voila l'esprit qui doit nous guider dans le choix du métier d'Emile : ou plutôt ce n'est pas à nous de faire ce choix, c'est à lui : en mes dont il est imbu con-

servant en lui le mépris naturel des choses inutiles, tamais 0 ne voudra consumer son temps en travaux de rjuile valeur, et il ne connaît de valeur aux choses que celte de leur utilité réelle ; il lui faut un métier qui pût servir à Robinson dans son île.

En faisant passer en revue devant un enfant !e3 productions de la nature et de l'art, en irritant sa curiosité, en le suivant où elle le porte, on a l'avantage d'étudier ses goûts, ses inclinations, ses penchants, et de voir briller la première étincelle de son génie, s'il en a quelqu'un qu? soit bien décidé. Mais une erreur commune et dont il faut vous préserver, c'est d'attribuer à l'ardeur du talent l'effet de l'occasion, et de prendre pour une inclination marquée vers tel ou tel art l'esprit imitatif commun à l'homme et au singe, et qui porte machinalement l'un et l'autre à vouloir faire tout ce qu'il voit faire, sans trop savoir à quoi cela est bon. Le monde est pîein d'artisans et surtout' d'artistes, qui n'ont pnint le talent naturel de l'art qu'ils exercent, et dans lequel on les a poussés des leur bas âge, soit déterminé par d'autres convenances, soit trornné par un zèle apparent qui les eût portés de même vers tout autre art, s'ils l'avaient vu pratiquer aussitôt. Tel entend un tambour et se croit général ; tel voit bâtir et veut être architecte Chacun est tenté du métier qu'il voit faire, quand il le croit estimé.

J'ai connu un laquais qui, voyant peindre et dessiner son -naître, s* mit dans la tète d'être peintre et dessina- Dés t'ia&tafli qu'U eut torraé cette résolution, il prit

-on- qpHÎ mfa plus quitté qz& ?a;'î pendre te ntéâu, quFi3 ne quittera de sa Vie San?, leçon? et sarm jes il se mit à dessiner tout ce qui lui tombai? sous main ; il passa trois ans entiers coilé sur ses barbouillages, sans que jamais rien pût l'en arracher qut son Vice, et sans jamais se rebuter du peu de progrès qua médiocres dispositions lui laissaient faire. Je l'ai va, six mois d'un été très ardent, dans une petite :khambre au midi, où Ton suffoquait au passage, assis, plutôt cloué tout le jour sur sa chaise, devant un globes :-3ïner ce globe, le redessiner, commencer et reçois-* tltûî sans cesse avec une invincible obstination, Jus-* à ce qu'il en eût rendu la ronde-bosse as^ez b'en pou? : content de son travail. Enfin, favorisé de son maître, guidé par un artiste, il est parvenu au point de quitter la te et ds vivre de son pinceau, jusqu'à In terme la

supplée au talent : U a atteint ce ferme Ci sera jamais. La constance et l'émulation de cet - arçon sont louables ; il se fera toujours estimer if sa fidélité, par ses mœurs ; mais il ne ceindra jamais que des dessus de porte. Qui e&t~e& ; n'eût pas été trompé par son zèle et ne l'eût pas pria pour un vrai talent ? Il y a bien de la différence entre se plaire à un travail et y ètm propre. Il faut des observa- ■rions plus fines qu'en ne pense pour s'assurer du vrai nie eî du vrai goût d'un enfant, qui montre bien plus S désirs que ses dispositions, et qu'on Juge toujours par premiers, faute de savoir étudier les autres, je von* aîl qu'un homme Judicieux nous donnât un traité ds rt d'observer les enfants ; cet 3rï serait très important & comiafi 3 n'en ont pas encore

. éléments.

mnons-nous Ici trop d'importance Mu r. Puisqu'il ne s'agit que d'un travail des is, i pour Ei iiîe ; et son apprentîs-

eât déjà plus d'à moil nar les exercices dont

noué l'avons occupé fusqu1- snt Que voulez- vous

qu'il fasse ? 11 est prêt à tout : il sait déjà manier la bêche la houe ; U sait se servir du tour, du marteau, du. rabot* de la lime ; les outils de tous ks métiers lui sont déjà familiers. Il ne s'agit plus que d'acquérir de quelqu'un ces outils un usage assez prompt, assez facile, pour égaler en diligence les bons ouvriers qui s'en servent ; et il a sur ce point un grand avantage par-dessus tous, cVc+ ri'avnir ]? mtç,?, agile. les membres flexibles, pour prendre sans peine toutes sortes d'attitudes et prolosgefi

sans effoft toutes sortes de moû'vcîtter.ts. De plus, ii y a Us organes justes et bien exercés ; toute la métallique de» arts lui est déjà connue. Pour savoir travailler en maître, H ne lui manque que de l'habitude, et l'habitude ne 8e gagne qu'avec le temps Auquel des métiers, dont le Choix nous reste à faire, donnera-t-il donc assez de temps pour s'y rendre diiigcnt ? Ce n'est plus que de cela qu'il S'agit

Donnez â l'homme un méfier qd convienne à son sexe, et au jeune homme un métier qui convienne à son âge. Toute profession sédentaire et casanière, qui efféminé et ramollit le corps, ne lui plaît ni ne lui convient. Jamais Jeune garçon n'aspira de lui-même à être tailleur ; il faut de l'art pour porter à ce métier de femmes le -sexe pour lequel il n'est pas fait (1). L'aiguillé et i'épée ne sauraient être maniées par les mêmes mains. Si j'étais souverain, je ne permettrais la couture et les métiers à l'aiguille qu'aux femmes et aux boiteux réduits à s'occuper Comme elles. En supposant les eunuques nécessaires, je trouve les Orientaux bien fous d'en faire exprès. Que ne se contentent-ils de ceux qu'a faits la nature, de ces foules d'hommes lâches dont elle a mutilé le coeur ? Ils en auraient de reste pour le besoin. Tout homme faîbîe, délicat, craintif, est condamné par elle à la vie sédentaire, H est fait pour vivre avec les femmes ou à leur manière. Ou'il exerce quelqu'un des métiers qui leur sont propres, à la bonne heure, et, s'il faut absolument de vrais eunuques, qu'on réduise à cet état les hommes qui déshonorent leur sexe en prenant des emptoîs qui ne lui Conviennent pas. Leur choix annonce Terreur de fa nature : corrigez cette erreur de manière ou d'autre, vous n'aure2 fait que du bien.

J'interdis à mon élève les métiers malsains, mais non pas les métiers pénibles, ni même" les métiers périlleux. fis exercent à la fois la force et le courage ; ils sont propres aux hommes seuls, les femmes n'y prétenîend point. Comment n'ont-ils pas honte d'empiéter sur ceux qu'elles font ?

Luctanfur pauese, comedtint colipîiia pauca. Vos tanam trahitis, calathisque peracta refertis i Sellera (2) ...

ï. Il n'y ava:t point de tailleurs parmi les anciens : les habits de» hommes se faisaient d&fiâ là maison par les femmes.

A Avv*n., £«*« II.

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