‹ Émile, ou, de l'ÉducationChapitre 2 sur 60 · fera des provisions pour l'homme faible ; mais iî · texte numérisé non relu

fera des provisions pour l'homme faible ; mais iî

jablira ses magasins ni dans des coffres Qu'on peut lui voler ni dans cka granges qui lui sont étrangères; pour s'approprier véritablement son acquis, c'est dans ses bras, dans sa tête, c'est dans lui qu'il le logera. Voicî donc le temps des travaux, des instructions, des études, et remarquez 'que ce n'est pas moi qui fais arbitrairement ce choix, c'est la nature elle-même qui l'indique.

L'intelligence humaine a ses bornes, et non seulement un homme ne peut pas tout savoir, il ne peut pas même savoir en entier le n'eu que savent les autres hommes. Puisque la contradictoire de chaque proposition fausse est une vérité, le nombre des vérités est inépuisable comme celui des erreurs. Il y a donc un choix dans les choses qu'on doit enseigner ainsi que dans le temps propre a les apprendre. ~Des connaissances qui sont à notre portée, les' unes sont fausses, les antres sent îr tiles, les autres servent à nourrir l'orgueil de celui qui les a. Le petit nombre de celles qui contribuent réellement

notre bien-être est seul digne ^ des recherches d'un homme sage, et par conséquent d'un enfant qu'on veut rendre. tel. n ne s'agit ooint de savoir ce qui est, mais seulement ce qui est utile.

De ce petit nombre, il faut ôter encore là îes vérités qui demandent pour être comprises un entendement déjà

ut formé ; celles qui supposent la connaissance C, ports de l'hoiime, qu'un enfaoï ne peut acquérir; czïies cm, bien que vraies en elles-mêmes, disposent utte âme inexpérimentée à penser faux sur d'autres sujets,

Nous voilà réduits à un bien petit cercle relativement â

'"existence des choses ; mais que ce cercle forrse encore

une sphère immense pour la mesure de l'esprit d'un

res de l'entendement humain, quelle main

téméraire os?, toucher à votre voile ? Que d'abîmes je vois

•user par nos vaines sciences autour de ce ieune infortuné ! O toi qui vas le conduire dans ces périlleux sen-

rs, et tirer devant ses yeux le rideau sacré de la nature,

mbîeî Assure-toi bien premièrement de sa tète et de la tienne; crains qu'elle ne tourne à l'un ou à l'autre, et peut-être à tous îes deux; crains l'attrait spécieux du mensonge et les vapeurs enivrantes de l'orgueil. Souvienstoi, souviens-toi sans cesse que l'ignorance n'a jamais fait de mal, que l'erreur seule est funeste, et qu'on ne s'égare point par ce qu'on ne sait pas, mais par ce qu'on croit savoir.'

S«s progrès dans la géométrie vous pourraient servis

d'épreuve et de mesure certaine pour îe développement de son intelligence; mais, sitôt qu'il peut discerner ce qui est utile et ce qui ne l'est oas. il importe d'user de beaucoup de ménagement et d'art pour l'amener aux études spéculatives. Voulez-vous, par exemple, qu'il cherche une moyenne proportionnelle entre deux lignes ? commencez par faire en sorte qu'il ait besoin de trouver un carré égal à un rectangle donné : s'il s'agissait de deux moyennes proportionnelles, il faudrait d'abord lui rendre îe problème de la duplication du cube intéressant, etc... Voyez comment nous aoorochons par degrés des notions morales qui distinguent le bien et !e mal! jusqu'ici nous n'avons connu de loi que celle de la nécessite: maintenant nous avons éranJ à ce o"î est utile; nous arriveroîis bientôt à ce qui est convenable et borj.

Le même instinct anime les diverses facultés de rhomme. A l'activité du coros qui cherche à se développer, succ*e-de l'activité de l'esprit qui cherche à s'instruire. D'abord les enfants ne s^nf n«<e remuants, ensuite ils sont curieux; et cette curiosité bien dirigée est le mobile de l'âge où nous voilà vr^m"*. Distinguons toujours les penchants qui viennent de la nature de ceux qui viennent de l'opinion. Il pst v"° ardeur de savoir qui n'est fondée que sur le désir d'être estimé savant ; il en est une autre qui naît d'une curiosité naturelle à l'homme nnttr tout ce qui peut l'intéresser de près ou de loin. Le désir inné du bien-être et l'impossibilité de contenter pleinement ce d^sîr lui font rechercher sans cesse de nouveaux moves d'y contribuer. Tel est le premier principe de la curiosité ; princioe naturel au coeur humain, mais dont le développement ne se fait qu'en pronortion de nos passions et de nos limrères. Suonosez un philosophe relégué dans une île déserte avec des instruments et des livres, sûr d'y passer seul le reste He ses Wirs: il ne s'embarrassera plus guère du système du monde, des lois de l'attraction, du calcul di^érentrel: il n'ouvrira peut-être de sa vie un seul livre, ma's jamais il ne s'abstiendra de visiter son île jusqu'au dernier recoin, quelque grande qu'elle puisse être. Rejetons donc encore de nos premières études les connaissances dont le goût n'est point naturel à l'homme, et bornons-nous à celles que l'instinct nous porte k chercher.

L'île du genr* humain, c'est la fe^e; PoMet le plus frappant pour nos yeux, c'est le soleil. Sitôt que nous commençons à nous éloigner de nous, nos premières observations doivent tomber sur l'une et sur l'autre. Aussi te 'rfxùa&eptët dt praqup tôt» tes peupha &ru vague renie»

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