LIVRE il! ;S
t-e!îe union wnt' sur d'imaginaires divisions de îa terre et sur la divinité du soleil.
Que! écart ! dira-t-on peut-être. Tout â l'heure^ nous n'étions occupes que de ce qui nous touche, de ce qui nous entoure immédiatement : tout à coup nous voilà parcourant le globe et sautant aux extrémités de l'univers ! Cet écart est l'effet du progrès de nos forces et de la pente de notre esprit Dans 'l'état de faiblesse et d'insuffisance, le soin de nous conserver nous concentre au dedans d© nous; dans l'état de puissance et de force, îe désir d'étendre notre être nous porte au delà et nous fait élancer aussi loin qu'il nous est possible; mais, comme îe oionde intellectuel nous est encore inconnu, notre pensée ne va pas plus loin que nos yeux, et notre entendement ne s'étend qu'avec l'espace qu'il mesure»
Transformons nos sensations en lûézs, mais ne sautons pas tout d'un coup des objets sensibles atrx objets intellectuels : c'esc par les premiers que nous devons arriver aux autres. Dans les premières opérations de l'esprit, que les sens soient toujours ses guides. Point d'autre livre que le monde, point d'autre instruction eue les faits. L'enfant qui lit ne pense pas, il ne fait que lire ; il ne s'instruit pas, il apprend des mots.
Rendez votre élève attentif aux phénomènes de la nature, bientôt vous le rendrez curieux; mais, pour nourrir sa curiosité, ne vous pressez jamais de la satisfaire. Mettez les questions à sa nortée, et laissez-les lui résoudre. Qu'il ne sache rien narce eue vous le lui avez dit, mais parce qu'il l'a compris lui-môme : qu'il n'apprenne pas la science, qu'il l'invente. Si jamais vous substituez dans son esprit I autorité à la ràieon. il ne raisonnera plus; il ne sera plus que le jouet de l'opinion des autres.
Vous voulez apprendre la géographie à cet enfant, et vous lui allez chercher des globes, des sphères, des cartes : oue de machines! Pourquoi toutes ces représentations? que ne commencez-vous par lui montrer' l'objet même, afin qu'il sache au moins de quoi vous lui parlez ?
Une belle soirée, on va se promener dans un lieu favorable, où l'horizon uv,n dA*vr»nvert laisse voir à plein le soleil couchant, et l'on observe les objets qui rendent reconnaissante le lieu de son coucher. Le lendemain, pour rgsprrer le frais, on retourne au même lieu avant que le çolefl se lève. On le voit s'annoncer de loin par tés traita qu'il lance au-devant ce lui. L'incendie angme^tev forient paraît tout en fiaxnines : à leur éclat on z?:en<S l'asti* longtemps avant qu'il ss aioatre, à chaque- iastàsft
on croit le voir paraître; on le voit enfin. rii-
:t part comme un éclair et remolit au:. espace;
le voile des ténèbres s'efface et tombe: l'hc nait
son séjour et le trouve embellit. La verdure a pris durant ïa nui: une vigueur nouvelle ; le jour naissant qui s'éclaire, les premiers rayons qui la dorent, la montrer.4 uverte d'un brillant réseau de rosée qui i à l'œil
la lumière et les couleurs. Les oiseaux en choeur se missent et saluent de concert le père de la vie , en ce ment pas un seul ne se tait. Leur gazouillement, faible encore, est plus lent et plus doux que dans le reste de la journée; il se sent de la langueur d'un paisible réveU Le concours de tous ces objets porte . ts une impres-
sion de fraîcheur qui semble pénétrer Prime, il y
â là un quart d'heure d homme
ne résiste : un spectacle si grand, si bea.i, Si délicieux, n'en laisse aucun de sang-froid.
Plein de l'enthousiasme qu'il maître
• Commun 'ouer à l'enfant : il croit l'émouvoir en le rendant attentif aux sensations dont il est ému lui-même. Pure bêtise ! c'est dans le cceur de l'homme qu'eê' 'a vie spectacle de la nature; pour le voir il faut le sentir. L'enfant aperçoit les objets; mais i! ne peut apercevoir 'es rapports qui les lient, il ne peut entendre la douce harmonie de leur concert. 11 faut une expérience qu'il n'a point acquise, i! sentiments qu'il n'a point
éprouvés, pour t l'impression c i résulte
k la fois de toutes ces se ;ngtemps par-
couru des plaines arides, si des stèles ardents n'ont sss pieds, si la rév : rîoeante des rochers
frapnês du soleil ne t'oppressa jamais, c ît goûtera-
t-il l'air îrars d'une comment le parfum
des fleurs, le charme de la verdure, l'humide vapeur de ?fi rosée, le marcher mol et doux sur la ne'ouse, enchanteront-ils ses sens? Comment îe chant des oiseaux lui causera-t-îl une émotion voluptueuse, si les accents de l'amour et du plaisir lui sont encore inconnus ? Avec que's transis verra-t-i! naître une si belle journée, si son imagination ne sait pas lui peindre ceux dont on peut la remplir ? Enfin, comment s'attendrira-t-il sur la beauté du snectarle d*> la nature, s'il ignore quelle main prit soin de l'orner?
Ne tenez noint à Tenant des d'scours qu'il ne peut entendre. Point de desrrmtirxns, noint d mce. point
de f;gures, point de poésie. Il n'est pas nant ques-
tion d* ssatiraezu ni dt goût ( rc clair, simgta