‹ Émile, ou, de l'ÉducationChapitre 4 sur 60 · livre m if · texte numérisé non relu

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et froid ; te temps ne viendra que trop toi de prendre un

Elevé dans l'esprit de nos maximes» accoutume a tirer tous ses Instruments de Itû- et a ne recourir jamais

à autrui qu'après avoir reconnu êon insutfisa?ïce, à chaque nouvel oôjet" qu il voit il 1 examine longtemps sans rien dire ; il est pensif et non questionneur. Contentez-vous donc de lui présenter à propos les objets; puis, quand vous verrez sa curiosité suffisamment occupée, faites-lui quelq"* question laconique qui le mette sur la voie de la résoudre.

Dans cette occasion, après avoir bien contemp.é avec lui le soleil levant après lui avoir fait remarquer du même côté les montagnes et les autres objets voisins» après l'avoir laissé causer là-dessus tout à son aise, gardes quelques moments le silence comme un homme qui rêve» £t puis vous lui direz : je songe qu'hier au soir le soleil s'est couché là, et qu'il s'est levé là ce matin, comment cela se peut-il faire ? N'ajoutez n'en de plus : s'il vous fait des questions, n'y répondez point; parles cf autre chose. Laissez-le à lui-même, et soyez sûr qu'il y pensera.

Pour qu'un entant s'accoutume à être attentif, et qu'il soit bien frappé de quelque vérité sensible, il faut qu'elle Un donne quelques jours d'inquiétude avant de la découvrir. S'il ne conçoit pas assez celle-ci de cette manière, H y a moyen de la lui rendre plus sensible encore; et ce Bioven. C*x?i de retourner la >n. S'il ne sait oas

comment le soleil parvient de son coucher à son lever* 0 èait au moins coT-mer:! il parvient de son lever à soa coucher; ses v*ux seu'« le lui a^-orennent. Eclaircfcses donc ta première question par Pââtfê; ou votre élèwe est absolument stupide, ou l'analogie est trop claire pour lus pouvoir échapper. Voilà sa première leços de œ&* megraphie.

Comme nous procédons toujours lentement, â^.âèe sensible en folée sensible, que nous nous familiarisons longtemps avec la même avant de passer à une autre, et qu'enfin nous ne forçons jamais notre élève d'être attentif, il y a loin de cette première leçon à la connaissance du cours du soleil et de îa figure de la terre : mais comme tous les mouvements apparents des coros célestes tiennnt au même principe, et que la première observation mène à toutes les autres, il faut moins d'effort, quoiqu'il faille plus de temps, pour arriver d'une révolution diurne au calcul des éclipses, que pour bien comprendre le jouï et la nuit

Puisque le soleïi tcarns autour du snoadd* al décrit tm

cercle, et tout cercle doit avoir un centre ; nous savons déjà cela. Ce centre ne saurait se voir, car il est au cœur de la terre: mais on peut sur la surface marquer deux points qui lui correspondent. Une broche passant par les trois points, et prolongée jusqu'au ciel de part et d'autre, sera l'axe du -monde et du mouvement journalier du soleil. Un toton rond, tournant sur sa peinte, représente le ciel tournant sur son axe, les deux pointes du toton sont les étm: pôles : l'enfant sera fort aise d'en connaître un ; îe !e lui montre à la queue de la Petite Ourse. Voilà de l'amusement pour !a nuit ; peu à peu l'on se familiarise avec les étoiles, et de là naît le premier goût de connaître les planètes et d'observer les constellations.

Nous avons vu lever îe soleil à îa Saint- Jean; nous Talions voir aussi lever à Noël ou quelque autre beau jour d'hiver, car on sait que nous ne sommes pas paresseux et que nous nous faisons un jeu de braver te froid. J'ai soin de faire cette seconde observation dans le même lieu où nous avons fait la première ; et, moyennant quelque adresse pour préparer la remarque, l'un ou l'autre ne manquera pas de s'écrier : Oh, oh ! voilà qui est plaisant! le soleil ne se lève plus à la même place! ici sont nos anciens renseignements, et à présent il s'est levé là, etc.. Il y a donc un orient d'été et un orient d'hiver, etc. Jeune maître, vous voilà sur la voie. Ces exemples vous doivent suffire pour enseigner très clairement la sphère» en nrenant le monde pour le monde, et le soleil pour le soleil.

En général, ne substituez jamais îe signe à îa chose que quand il vous est impossible de la moiurer ; car îe signe absorbe l'attention de l'enfant et lui fait oublier la chose représentée.

La sphère armillarre me paraît une machine mal composée et exécutée dans de r ies proportions. Cette confusion de cercles et les bizarres figures ou'on y marque lui donnent un air de grimoire qui effarouche t'esnrit des enF*»nts. la ierr? est trop petite, les cercles sont troo .«grands, tron nombreux : queloues-uns, comme îes colures, sont parfaitement inutiles; chaque cercle est plus îar^e oi"^ '*> te*"*"*. l'Ê^^seur rfy carton leur dpr un ahurie surdité oui les fait prendre pour des russes circulaires réellement exis ^nd vous dîtes à l'enfant que ces i il ne sait c:

qtill voit, il n'ï

Nous ne Bavons jamais nous mettre à la place des enfants; nous u'e-ntress pas assis leurs iÉées, nous leur:

prêtons les nôtres : et, suivant toujours nos propres pat* sonnements, avec des chaînes de vérités nous n'entassons qu'extravagances et qu'erreurs dans leur téie.

On discute sur le cnoix de l'analyse ou de la synthèse pour étudier les sciences. îî n'est pas toujours besoin de choisir. Quelquefois on peut résoudre et composer dans les mêmes recherches, et guider l'enfant par la méthode enseignante lorsqu'il croit ne faire qu'analyser. Alors, en employant en même temps l'une et l'autre, elles se serviraient 'mutuellement de preuves. Partant à la fois des deux points opposés, sans penser faire la même route, il serait tout surpris de se rencontrer, et cette surprise ne pourrait qu'être fort agréable, je voudrais, par exemple, prendre la géographie par ses deux termes, et joindre à {'étude des révolutions du globe la 'mesure de ses parties, à commencer du lieu qu'on habite. Tandis que l'enfant étudie la sphère eî se transporte ainsi dans les deux, rarnenez-le à la division de la terre, et montrez-lui d'abord Son propre séjour.

Ses deux premiers points de géographie seront ïa ville où il -demeure et la maison de campagne de son père ; ensuite les lieux intermédiaires, ensuite les rivières du voisinage, enfin l'aspect du soleil et Sa manière de s'orienter. C'est ici le point.de réunion. Qu'il fasse luimême la carte de tout cela ; carte très simple, et d'abord formée de deux seuls objets, auxquels il ajoute peu à peu les autres, à mesure qu'il sait ou qu'il estime leur distance et leur position. Vous voyez déjà quel avantage nous lui avons procuré d'avance en lui mettant un compas dans les yeux.

Maigre cela, sans doute, îl faudra le guider un peu;

tis très peu, sans qu'il y se. S'il se trompe, laissez-

le faire, ne corrigez point ses erreurs ; attendes en siîence qu'il soit en état de les voir et de les corriger lui-même, ou, tout au plus, dans une occasion favorable, amenez quelque opération qui les lui fasse sentir. S'il ne se trooî-

qi

représentent et qu'A ait une idée nette de l'art qui sert à les dresser. Voyez déjà la différence qu'il y a du savoir de vas élèves à {Ignorance du mien ! lis savenî lea csiit&e? et lui les fait. Voici iveaux ornements pour sa

chambre.

Souvenez-vous toujours que l'esprit de mon institution n'est pas d'enseigner à l'enfant beaucoup de choses* oiais

xi EMILE

de r.e «*«' &! "SgSg'vSSiÂ

idées iustes et «««î».^»^ "eS"rt ^ ne mets d«s

EL^KT^ Sé'biSTCS» des erreurs qv vérités dans sa iei* Q«e vj'"* « »• ingénient, v em*e«* apprendrait à leur place, - wn, le JUgem;"^ fument; les rP^ges acco^ en foute c £j ^ qu'il te fant préserver. Mais «* 0^«|J~« f.

elle-même, vous entrez dans un. Tier.; ans iu , toute pleine d 'ecueds ; vom™ ^^ des connais- Quand je vois un nomme ^"b S^*aeme0t courir de IteQ sances se laisser sedui e a leur ! £™f « c°n enfant suf

? r^tre «^TdSt^SSilS S commençant par s'en le rivage «nattant de* ^ ,g -t re eî» rejeté? charger ; m tenté P» *"*:EJ de leur multitude et

sachant ptos que chois»*, il unisse p<»

retourne à vide- ^ ,ong n0U9

^Durant l* Pr^j%*fe' 'JL peur de la mal employ cherchions qu a ^perdre, ae peu Ici c'est tout le cent g» n .n ►

V*-'1 ■'- . ■ , ,,.-..- T.. — .-- c--- si court, * passe si rap-^ L-ag, m»Uc d ^nteU.gen ^nécessaires, que c'«

dément, il , . 55i a vendre un enfant

«te foKe de «ml ■«!•"■ ™,es' sc:£nces,

S ?a ir ^^t^nrin^"^da„»'deî

tn-it*» nonne éducation. , a-- ««^#

'voie e tenir* aussi de raecoutamer pet» u peu à donner une attention suivie au m objet; mau « n f t ja-nac

nroduire rette attention • •• taut avoir . .* . u Tpne7

Stable point et MDe pas ugyi* • — Jg donc toujours, cei au sue» . « Q™. 4 . js autan: S^rir^^o^.u'U niasse rien ma.gré

,8,SH1 vous questionne lui-même, répondez «"l»"**™

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irtoutouand Hkbattre ta campagne et à vous

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moins lots qu'il prononce qu'au motif qui

jç t?iî Cet avertissement, jusqu'ici moins néces»

sa ire, devient de la d^::~:;2;-e importance aussitôt que l'as* : commence à raisonner.

Il y a une chaîne de vérités générales par îagutîic toutes les sciences tiennent à des principes comine et se développent successivement. Cette chaîne est la méthode des philosophes; ce n'est point de celle-là q s'agit ici. Il y en a une toute différente, par laquelle chaque objet particulier en attire un autre et montre toujours celui qui le suit. Cet ordre, qui nourrit par uziu curiosité continuelle l'attention qu'ils exigent tous, esrt celui que suivent ).a plupart des hommes, et surtout celui qu'il tant aux enfants. En nous orientant pour lever nos cartes, il a r ecer des r nés. Deux rteints

d'intersection entre les ombres égales du matin et du soir donnent une méridienne excellente pour un astronome de treize ans. Mais ces méridiennes s'effacent; il faut c)a temps pour les tracer ; elles assujettissent à travaille* toujours dans le même lieu : tant de soins,, tant de gêne, l'ennuiraîent à la fin. Ne es y pe-

voyons d'avanc

Me voici de nouveau çfcu ~ longs et TOimtfleax

détails. Lecteurs, j'entends vos murmures et je les brava : je ne veux point sacri votre impatience la partie la

plus utile de ce livre. Prenez votre parti sur mes longueurs; car, pour moi, j'ai pris le mien sur vos plaintes Depuis longtemps nous nous étions aperçus, mon élève et moi, que 1'; Se verre. la cire, divers corps frottés

raient ! es, et que d'autres ne les attiraient pg

d nous en trouvons un qui a une vertu p ore, c'est d'ati quelque distance ti

; d'autres brins de fer. Com~ nous amuse sans que ne nous trouvons quycomme. ; ns un ce-rt:

is. Un es à 'la foire (1); un joueur

:eleSs attire avec an u de pain un canard

ï. Je ri*?.' pu m'empt re en lias

de : « Ce joueur d let$,

tmç . un tnù\vïdu on mond les >. : . c'a pu £iip?M>*er qu

i bateleur

a déelnsv

ie a'* ■ . dira A

cire ftatrairî 'euf un bassin d'ean. Fort surpris, nous ne disons pourtant pas : c'est un sorcier, car nou3 ne savons ce que c'est qu'un sorcier. Sans cesse frappes d'effets dont nous ignorons les causes, nous ne nous pressons de juger de rien, et nous restons en repos dans notre ingorance jusqu'à ce que nous trouvions foccasion d'en sortir.

De retour au îogis, à force de parler du canard de la foire, nous allons nous mettre en tète de l'imiter : nous prenons une bonne aiguille bien aimantée, nous l'entourons de cire blanche, que nous façonnons de notre mieux en forme de canard, de sorte que i'aiguille traverse le corps et que la tête fasse le bec. Nous posons sur i'eau le canard,, nous approchons du bec un anneau de clef, et cous voyons avec une joie facile à comprendre que notre canard suit la clef, précisément comme celui de la foire suivant le morceau de pain. Observer dans quelle direction ,1e canard s'arrête sur i'eau quand on l'y laisse en repos, c'est ce que nous pourrons faire une "autre fois. Quant à présent, tout occupés de notre objet, nous ncen voulons pas davantage.

Dès le même soir nous retournons à la foire avec du pain préparé dans nos poches, et, sitôt que le joueur de gobelets a fait son tour, mon petit docteur, qui se contenait h peine, lui dit que ce tour n'est pas difficile, «et que lui-même en fera bien autant. -Il est pris au mot. A l'instant il tire de sa poche le pain où est caché le morceau de fer; en approchant de la table le cœur lui bat; i!. présente le pain presque en tremblant; te canard vient et ie suit : l'enfant s'écrie et tressaille d'aise. Aux battements de tnains, aux acclamations de rassemblée, la tête lui tourne, il est hors de lui. Le bateleur interdit vient nourtant embrasser, le fé*'o5 ter, et le prie de l'honorer encore le lendemain de sa présence, ajoutant qu'il aura soin d'assembler plus de monde encore pour applaudir à son habileté. Mon petit naturaliste enorgueïîb" veut babiller; mais sur-le-champ je lui ferme ia bouche, et l'enrate comblé d'éloges.

L'enfant, Jusqu'au lendemain, compté tes minutes avec une risible inquiétude, il invite tout ce qu'il rencontre; il voudrait que tout le genre humain fût témoin de sa gloire; îl attend l'heure avec pzinv, il la devance; cm vole au rendéz*vo.us, la salle est déjà pleine. En entrant, son jeune cœur s'épanouit. D'autres jeux doivent précéder ; le joueur de gobelet et fait des choses Btirorenantes. L'enfaht ne voit rien de tout cela; il s'agite, il sue, il respire à peine ; Il passe son ternes à mater

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