livre iv
Btiïï obéi* à la nature, cl ne craint point o% s'égarer. Ce point est important, poursuivit mon bienfaiteur, voyant que j'allais l'interrompre; souffrez que je m'arrête un peu plus- à i'éclaircir. .
Toute la moralité de nos actions est dans le jugement que nous portons nous-mêmes. S'il est vrai que te bien soit bien, il doit l'être au fond de nos cœurs comme dans nos œuvres, et le premier prix de la justice. est de sentir qu'on la pratique. Si ta bonté morale est comorme à notre natur? l'homme ne saurait être sain d'esprit ci bien constitué qu'autant qu'il est bon. S? elle ne lest cas et que l'homme soit méchant naturellement, û peut cesser de l'être sans se corrompre et la bonté n'e en fui qu'un vice contre nature. Fait pour nuire à ses semblables comme le loup pour égorger sa proie, un homme humain serait un animai aussi àèp?&v® qu !oup pftoyabk, et la vertu seule nous laisserait i
remords. . *.•«?••
Rentrons eto nous-mêmes, ô mon jeune ami 1 fcxamtnons, tout intérêt personnel à part, à quoi nos penchants nous portent. Quel spectacle nous flatte îe plus, celui des tourments ou du bonheur d'autrui ? Qu'est-ce qui nous est le plus doux a faire, et nous laisse une impression plus agréable après l'avoir fait, d'un acte de bienfaisance ou' d'un acte de méchanceté ? Pour qm vous intéressez-vous sur vos théâtres ? Est-ce aux forfaits que vous prenez plaisir? Est-ce à leurs auteurs punis que vous donnez des larmes ? Tout nous est indifférent disent-ils, hors notre intérêt ; et, tout au contraire, Ses douceurs de l'amitié, de l'humanité, nous consolent dans nos peines ; et, même dans nos plaisirs, nous serions trop seuls, troo misérables, si nous n'avions avec qui les partager. S'il n'y a rien de moral dans le cœur de l'homme. 'd'où lui viennent donc ces transports d'admiration pour les actions héroïoues, ces ravissements d'amour pour les grandes âmes? Cet enthousiasme de ta vertu, quel rapnort a-t-îî avec notre intérêt privé? Pourquoî voudraîs-ie ètfQ Oton oui déchire ses entrailles, plutôt que César triomphant ? Otez de nos cœurs
3se «lacs Te même cas, et je ne dîa rien ici que cfoaetfa puisse vérifier. Que les philosophes, qui rejettent si dédaigneusement l'instinct, veuillent bien expliquer ce t'ait par îe seul <!es sensations et des conuaisûaicces qu'elles nous
•ué'Hr ; qu'iîs l'expliquent d'ufi - re satisfaisante pous
tou : ; alors jï .:. dea à dtoh et
$ig parlerai phis d*îastmctf
rte smîle
cet amont îiu &*»«, vous ôtez tout te charme 'de fo vie. Celui don: les passions ont étouffé dans son âme
étroite ces sentiments délicieux ; celui qui, à force se concentrer au dedans de lui, vient à bout de n'aimer que lui-même, n'a plus de transports, son cœtsr gtaeù ne palpite plus de joie, un doux attendrissement n'hsmecte jamais ses yeux, «I ne jouit plus de rien ; te maî* heureux ne sent plus, ne vit plus ; i! est déjà mort
Mais, quel que sort te nombre des méchants sur là terre, il est pen de ces âmes cadavéreuses devenues ïnsensibles, hors leur intérêt, à tout ce qui est juste et bon. LMnkpsîté ne plaît qu'autant qu'on en profite ; dans tout le reste on veut que l'innocent soit protégé. Vol dans une rue ou sur un chemin quelque acte de violence et d'injustice ? A l'instant un mouvement de colère e*. d'indignation s'élève au fond du cœur, et nous porte â prendre ïa défense de {'opprimé ; mais un devoir plus puissant nous retient, et les lois nous ôtent 1e droit protéger l'innocence. Au contraire, si quelque acte de clémence on de générosité frappe nos ^tux, quelle admiration, quel amour h* nous inspire ? Qui est-ce qui ne so dit pas : J'en voudrais avoir fait autant ? Il nous importe sûrement fort peu qu'un homme ait été méchant ou juste il y a deux mille ans ; et cependant le même intérêt nous affecte dans l'histoire ancienne, que si tout cela s'était passé de nos jours. Que me font à moi les crimes de Catiîina ? Ai-je peur d'être sa victime ? Pourquoi donc aî-je de lui la même horreur que s'il était mon contera* parce qu'ils nous nuisent, mais parce qu'ils «ont méchants, parce qu'ils nous unissent, mais parce qu'ils sont méchants» Non seulement nous vouions être heureux, nous vouions aussi le bonheur d'aufrui ; et quand ce bonheur né conte rien au nôtre, il l'augmente. Enfin l'on a, malgré so?» pitié des infortunés ; quand an est témoin de leur maî, on en souffre. Les plus pervers ne sauraient perdre tout à fait ce penchant : souvent il les met en contradiction avec eux-mêmes. Le voleur qui dépouille les passants, couvre encore la nudité* du pauvre ; et le plus féroce assassin soutient un homme tombant en défaillance.
On parle du cri des remords, qui punit en secret les crimes cachés et les met si souvent en évidence. Hélas ! qui de nous n'entendit jamais cette importune voix ? On parle par expérience, et Ton voudrait étouffer ce sentiment tyrannique qui nous donne tant de tourment. Obéi?* Sons k ta nature, nous connaîtrons avec quelle douceur #» fèga% m ftusl shsrms en tsfcw* agita f mrâfr éc*