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AU S

Cet organisme, véritable école de Volonté, s'est constitué et développé au cours du x1x° siècle. C'est grâte à lui, grâce à sa constitution économique que les Travailleurs ont pu'résister à l'inoculation du virus politicien et défier toute tentative de division.

C'est dans la première moitié du xIx° siècle que les groupements corporatifs se constituèrent, malgré l'interdiction qui les frappait. La persécution sévissait impitoyable contre ceux qui avaient l’audace de se syndiquer, aussi fallut-il s'ingénier pour éviter la répression. Alors, pour Se grouper sans trop de risques, les Travailleurs masquèrent leurs associations de résistance sous des aspects anodins — tel celui de la mutualité.

Les groupements de charité n'ont jamais porté ombrage à la Bourgeoïsie, qui sait fort bien qu'étant de simples calmants ils ne peuvent, à aucun titre, constituer un remède au mal de misère. L’espoir en la charité est un cataplasme somnifère tout juste bon à empêcher les exploités de réfléchir sur leur triste sort et d'y chercher une solution. C'est pourquoi les associations mutualistes ont toujours été tolérées, sinon encouragées par les dirigeants.

Les Travailleurs surent profitert de la tolérance accordée à ces groupements ; ils Se réunirent, sous le prétexte de ls'assister en cas de maladie, de se constituer des retraités, etc, mais ils poursuivirent un but plus viril et se préoccupèrent d'améliorer leurs conditions d'existence et visèrent à résister aux exigences patronales. Leur tactique ne put réussir à toujours donner ke change à l'autorité qui, prévenue par les dénonciations patronales, traqua souvent ces douteuses Sociétés de Secours mutuels. ox

Plus tard quand, à force de s'aguerrir, d'agir par eux-mêmes, les Travailleurs se sentirent assez forts pour braver la loi, ils jetèrent le masque mutuelliste et, crânement, ils intitulèrent leurs groupembnts SOCIÉTÉS DE RÉSISTANCE.

Beau titre ! expressif et clair. fl est à lui seul un programme d'action. Il prouve comhien — malgré que fussent encore embryonnaires les groupes cot-

poratifs, — les Travailleurs sentaient la nécessité"

de ne pas marcher à la remorque des politiciens ét aussi de ne pas combiner deurs intérêts avec ceux de la Bourgeoisie, mais, au contraire, de se dresser en face d'elle et en opposition.

D'instinct, c'était le balbutiement de la LUTTE

DE CLassE dont l'Association Iniernulionale . des Travailleurs allait donner la formule nette et définitive, en proclamant que l’ «EMANCIPATION DES TRAVAILLEURS DOIT ÊTRE L'ŒUVRE DES TRAVAILLEURS EUX-MEMES ».

Cette formule, lumineuse affirmation de la Force Ouvrière, épurée de toutes les scories du Démotratisme, allait servir d'idée directrice à tout le mouvement prolétarien: Elle n'était, d'ailleurs, que l'affirmation au grand jour et Catégorique des tendances en germination dans le Peuple. Ce qui le démontre Surabondamment, c'est la concordance théorique et de tactique entre le mouvement «syndicaliste», jusque-là souterrain et imprécis et la Déclaration initiale de l'Internationale.

Après avoir posé en principe que les Travailleurs n'ont à#compter que Sur leurs propres forces, la

. Déclaration de l'Infernalionale complétait la pro-

clamation de l'autonomie nécessaire du Prolétariat en indiquant que c'est uniquement par son ACTION DIRECTE qu'il peut obtenir des résultats tangibles ; elle ajoutait : +

Considérant :

Que l'assujettissement économique du travailleur aux détenteurs des moyens de ‘travail, c'est-à-dire des

sources de la vie, est la cause première de sa servitude

bolitique, morale et matérielle :

Que l'émancipation économique des travailleurs est conséquemment le grand but auquel tout mouvement politique doit êlre subordonné comme moyen ;

Donc, l’Internaliomile ne se bornait pas à procla- !

mer avec netteté l'autonomie ouvrière ; elle complétait sa Déclaration en affirmant que les agitations politiciennes, les modifications à la forme gouvernementale ne devaient pas impressionner les travailleurs au point de leur faire oublier les réalités économiques.

Le mouvement syndicaliste actuel n'est que ln suite logique de celui de l'Internationale ; la concardance est absolue, et c'est dans le même plan que nous continuons l'œuvre de nos aînés. ‘

Seulement, quand l'Internationale posait ses prémisses, la Volonté ouvrière était encore trop peu claïrvoyante, la conscience de classe du prolétariat trop peu développée pour que l'orientation économique prédominâät sans déviation possible.

La classe ouvrière eut à subir l'influence diver-

sMn dde Œuus 2 Pad

gente des politiciens malpropres qui, ne voyant dans ie Peuple qu'un moyen-de parvenir, le louangent, lhypnotisent et le trahissent. Elle Se laissa aussi entraîner par les hommes de loyauté et de désintéressement qui, imbus de démocratisme, attachaïent trop d'importancefà la superfétation étatiste.

C'est grâce à la double influence de ces éléments que, dans la période actuëlle (qui commence à l'hécatombe de 1871), le mouvement syndical végéta longtemps, tiraillé'en divers sens. D'un côté, les politiciens crapuleux s'efforçaient de domestiquer les syndicats pour les mettre à la remorque du gouvernement; de l’autre, les socialistes des diverses écoles s’attachaient à y faire prédominer leurs tendances. Donc, les uns et les autres visaient à transformer les Syndicats de «groupements dintérêt » en « groupements d'affinité ».

Le mouvement syndical avait de trop vigoureuses racines, il est une nécessité trop inéluctable pour que,ces efforts divergents pussent enrayer son développement. Aujourd'hui, ik continue l'œuvre de l'Internaliohale, celle des pionniers des « Sociétés de Résistance » et des premiers groupements. Certes, les, tendances se sont précisées, les théories se Sont clarifiées, mais il y à une absolue concordance entre

le mouvement syndical du xix° siècle et celui du xx° Siècle : l'un découle de l'autre ! il y a là croissance logique, ascension vers une Volonté toujours plus consciente et manifestation de la Force de plus en plus coordonnée du Prolétariat, qui S’épanouit : en une unité grandissante d'aSpirations et d'action.

La Besogne Syndicale

La besogne syndicale a un double objet : elle doit poursuivre, avec une vigueur inlasSable, l'amélioration des conditions préSentes de la classe ouvrière. Mais, sans se laisser obséder par cette œuvre transitoire, les travailleurs doivent se préoccuper de rendre possible — et prochain, — l'acte primordial d'émancipation intégrale : L'EXPROPRIATION CAPITA- LISTE.

La supériorité du Syndiéat sur les autres modes de cohésion des individus, réSide en ce fait que l'œuvre d'améliorations partielles, et celle plus décisive de transformation sociale, y sont menées de front et parallèlement. Et c'est justement parce que

oo

SAUGeE

le Syndicat répond à cette double tendance et y fait face sans annihiler aucune initiative, Sans étouffer aucune aspiration, sans plus sacrifier le présent à l'avenir que celui-ci au présent... c'est pour tout cela que le Syndicat s'érige comme le groupement par excellence.

L'OEuvre présente

Dans le présent, l'Action syndicale vise la conquête d'améliorations partielles, graduelles, qui, loin d'être un but, ne peuvent être considérées que comme un moyen pour exiger davantage et arracher au Capitalisme des améliorations nouvelles. ï

Le Syndicat offre aux patrons une surface de résistance qui est en proportions géométriques de la résistance de ses adhérents : il réfrène les appétits de l'exploiteur ; il lui impose le respect de conditions de travail moins draconiennes que celles. résultant du contrat individuel subi par le Salarié isolé. À ce contrat léonin, entre le patron cuirassé de Capital et le prolétaire dénué de tout, il substitue le contrat collectif.

Alors, en face de l'employeur se dresse le Syndicat qui atténue l'odieux du « marché du travail », de l'offre des bras, en enrayant, dans une certaine mesure les conséquences fàcheuses de l'abondance des sans-travail ; qui impose au capitaliste le respect des travailleurs et aussi, dans une proportion en rapport avec Sa force, exige de lui l'abandon de bribes de privilèges.

Cette question des améliorations partielles a servi de prétexte pour tenter d'introduire la discorde dans les organisations corporatives. Les politiciens, qui ne vivent que de la confusion des idées et que chagrine la répulsion croissante qu'ont les Syndicats pour leurs personnalités et leur dangereuse intervention, ont essayé de transporter dans les milieux économiques les querelles de mots avec lesquelles ils bernent les électeurs. Ils ont cherché à ‘créer des zizanies et à couper les Syndicats en deux camps, en classifiant les travailleurs en RÉFOR- MISTES et en RÉVOLUTIONNAIRES. Pour mieux discré-

diter ces derniers, ils les ont baptisé « les partisans du tout ou rien » et les ont mensongèrement prétendu adversaires des améliorations actuellement possibles. 4 ;

Ces niaiseries n'ont de supérieur que leur Stupi-

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dité. Il n’est pas un travailleur, quelle que Soit 8% mentalité ou Ses aspirations, qui, par principe .ou par tactique, voudrait s’entêter à travailler dix heures au compte d'un patron, au lieu de huit, tout en gagnant six francs au lieu de sept.

C'est pourtant en mettant en circulation ces idiotes balivernes que les politiciens espèrent éloigner

la classe ouvrière de l'organisation économique et -

la dissuader de faire ses propres affaires et de travailler elle-même à conquérir toujours davantage de bien-être et de liberté, IIS comptent sur le vérin de ces calomnies pour désagréger les Syndicats en faisant renaître dans leur sein les disputes oiseusés et dissolvantes qui en ont disparu depuis que la Politique en a été élirninée.

Ce qui donne une apparéncé de prétexte à ces manœuvres c'est que les Syndicats, guéris gràce aux cruelles leçons de l'expérience, des espoirs en l'intervention gouvernementale, ont Pour elle une légitime méfiance. Ils savent que l'Etat, dont la fonction consiste à être le gendarme du Capital, a par naturé, tendancé à faire pencher la balance du côté patronal. Aussi, quand une réforie leur Vient par la voie légale, ils ne Se jettent pas dessus ävec la voracité d'une grenouille Sur lé chiffon rouge qui cache l'hameçon; ils l'accéptent avec la prudence qui sied, — d'autant plus que cette réforitie ne Sé réalise que Si lés travailleurs sont asssez organisés pour en imposer, par la force, l'application.

Les Syndicats Se méfent d'autant mieux dés cadeaux gouvernementaux qu'ils ont souvent constaté leur nuisance. Ainsi, il ont en fort piètre estime des « cadeaux », tels que lé Conseil Supérieur du Travail et leS Conseils du Travail, institutions inventées uniquement pour contrebalancer. et enrayer l'œuvre des groupements corporatifs. De même, ils n'ont garde de S’enthousiasnier pour l'arbirugé obligatoire et la réglementation des grèves dont la plus claire Conséquence Serait d'énerVer la capacité de résistance ouvrière. De même encore, la capacité juridique et la tcontmercialilé, octroyées aux organisations ouvrières ne léur disent rien qui vaille, car ilS y voient le désir de leur faire abandonner le terrain de la lutte Sociale, pour les entratner Sur le terrain capitaliste où J'antagonisme de la lutte de classes cèderait le pas à des chicanes d'argent. :

Mais, de ce que les Syndicats ont une rude mé-

nor

fiänce pour la bienveillance du gouvernement à Eu égard, il S'en faut qu'ils répugent à conquérir des améliorations fragmentaires. Seulement, ils les veulent réelles. C'est pourquoi, au lieu de les attendre du bon plaisir du Pouvoir, üls les arrachent de haute lutte, — par léur ACTION DIRECTE. 4 u Si, comme cela arrive, l'amélioration qu ils exigent est subordonnée à la Loi, les Syndicats, en poursuivent l'obtention par la Pression Extérieure sur les Pouvoirs Publics et non en essayant de faire pénétrer dans les Parlements des députés pee ment mandatés, — enfantin petit jeu qui pourrai ge continuer des re Fur apparüt une majoi vorable à la réforme rêvée. | eue l'amélioration désirée doit être arrachée directement au capitaliste, c'est encore parte vigoureuse pression que les groupements Corpor a ifs manifestent leur volonté. Leurs moyens sont variés, — quoique relevant toujours du principe DACUSE DIRECTE : selon les cas, ils Ma de la grève, du e, du boycottage, du label 1 M quelle Le soit amélioration HoRo toujours elle doit constituer un enonartene des privilèges capitalistes, — être une exproprialion F+ à PRESS one on ne Se Satisfait pas de la NA chie politicienne, quand on analyse les proge qe 5 la valeur de l'Action Syndicale, s’'évanouit le sub i distinguo de « réformiste » et de « révolutionnaire » et on est amené à conclure que les seuls travailleurs réellement réformistes sont les Syndicalistes révolutionnaires.

Elaboration de l'Avenir

Outre l'œuvre de RATES RE a RE Syndi- : pour bésogne de préparer l'avenir.

HS DGANEteu devra être la cellule de Ia société nouvelle. Il est impossible de concevoir une transformation socfale réelle, Sur d'autres bases. Donc, il est indispensable que les producteurs se préparent à la besogne de prise de possession et de réorganisation 9 qui doit leur incomber et que, SEULS, ils sont aptes à inener à bien: y

C’est une révolution sociale et non une revqn ion politique que nous Voulons faire. Ce sont, là eux phénomènes distincts et les tactiques qui condut sent à l'une détournent de L'autre.

Le u I TE SNT LI

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