LE NATURALISME THÉORIQUE ET SON PRÉTENDU CARACTÈRE SCIENTIFIQUE
Lorsque Zola eut conçu, vers 1868, le plan de son roman Madeleine Férat, il se plongea, nous dit Paui Alexis, dans l'étude de la physiologie humaine. Gette étude le co duisit à celle de l’hérédité naturelle et de ses lois ; puis encore et peu après, au projet d'utiliser ces lois, récemment ébauchées par la science, pour renouveler la pyschologie du roman moderne! Alors pendant huit mois de travail acharné qui se terminèrent au printemps de 1869, il imagina l’arbre généalogique de ses Rougon-Macquart. Presque chaque jour, il s’installait dans la salle de travail de la Bibliothèque Impériale et se plongeait dans la lecture des ouvrages techniques dont il entassait de copieux extraits dans son portefeuille. Le Traité de l’'héridité naturelle, par le docteur Lucas,/fut largement exploité par lui et sans doute aborda-t-il dès
cette époque les écrits théoriques de Claude Ber-. nard qui ont exercé une si grande influence sur sa
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doctrine. Désireux de continuer Balzac sans le recommencer en simple disciple, il trouvait dans
ces récentes et encore flottantes suggestions de la : science de quoi jeter un vernis de nouveauté et une
apparence de solidité sur son mysticisme esthétique invariable et fondamental. Car le mysticisme de la science dont 1l fera désormais son égide et que nous allons étudier maintenant dans ses écrits de matu-
rité, ne fut guère entre ses mains, nous le verrons,
qu'un habile déguisement de ses initiales convictions romantiques.