‹ Émile Zola 1923Chapitre 38 sur 77 · D TT LT DT RE EP ER EE DA I ÉD EE CEROART · texte numérisé non relu

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de maturité intellectuelle en Zola, etnous renseigne sur l’immense progrès qu'il dut réaliser un peu plus tard pour arriver au talent dans l'intervalle de quelques mois — en attendant qu'il s’élevât au très grand talent après la trentième année de sa vie. — Déjà sa conclusion est meilleure que sa discussion et la morale saine qu'il accepta de son milieu parle dans son appréciation finale d’un des livres essentiels du siècle romantique. Jacques est, dit-il, admirable comme œuvre d'art et blämable comme monument de philosophie pratique. Ce qui est la vérité même. Et si nous nous sommes attardés quelque peu avec lui sur ce sujet, c’est qu'il est fort instructif de voir ce bourgeois d'éducation et d’hérédité pour la première fois aux prises avec les sophismes sociaux du mysticisme passionnel.

IIT. — Amour libre ou mariage durable ?

Dans une autre circonstance, il s’arrête à discuter devant ses familiers, non d’après quelque lecture romantique cette fois, mais d’après sa propre et encore si courte expérience, le thème essentiel de ce mysticisme d’origine platonicienne et romanesque : la valeur moralisatrice ou rédemptrice de l'érotisme : thème que nous l’avons vu saluer en passant dans l’œuvre de Sand et qu'il utilisera plus tard, en le modifiant quelque peu, dans son roman de début, les pages en partie autobiographiques qui s’intitulent la Confession de Claude. Il écrit à Baille en 1860

qu'il ne saurait croire à l'amour effaçant toute souillure, à l'amour suffisant seul à contrebalancer tous. les défauts des amoureux. Sans doute n’a-t-il pas lu Léone Léoni, car 1l aurait certainement exprimé à ce propos son indignation contre un amant comblé d'autant de faveurs, et pourvu néanmoins d'autant de défauts patents que le beau Vénitien de Sand. Hélas, soupire-t-il alors dans le sein de son confident préféré, que toutes ces formules (mystiques) sont belles, mais qu'elles sont menteuses en revanche. Il suffit, pour s'en rendre compte, de scruter le caractère habituel de la « fille à parties ». — Ce provincialisme, rapporté d'Aix sans nul doute, revient constamment sous sa plume à cette date; le sens en est clair ; c'est la femme galante qui se prête par métier aux liaisons très brèves. — Il est fort possible, poursuit-il, que cette créature du Bon Dieu ait apporté ici bas en naissant tous les bons instincts, selon l’enseignement de Jean-Jacques. Mais l’habitude du vice lui a fait une seconde nature, et cette nature-là n’est rien moins que bonne, en vérite! Dénuée d'éducation, ignorante de tout sentiment délicat, privée d'âme en un mot, cette femme ne saurait jamais sympathiser avec une nature aimante el généreuse si elle la rencontrait dans l’homme qui paye ses faveurs. IL est fort heureux d’ailleurs que la réalité vienne instruire de la sorte les amoureux

trop naïfs qui, obéissant aux conseils des grands romantiques (Hugo, Sand, Dumas Fils), tenteraient la rédemption de la courtisane. Déçus bientôt dans leur rêve mystique, ils tireront de leur déconvenue le plus utile résultat : ils se sentiront pénétrés d'hor-

reur pour la débauche, et, s’ils reviennent aux satis-

factions du vice, ce sera du moins à contre-cœur, l en se sachant attirés sur une voie mauvaise.

Jlest possible qu'Émile s'appuie sur quelques sou-

! venirs personnels en jetant sur le papier ces lignes

mélancoliques, car ses lettres d’adolescence répétent à plusieurs reprises qu'iln'a jamais connu la douceur d’être aimé; son aspect physique, assez vul- gaire, lui interdisait en effet l'attitude JOnJHAnEAEES au seuil de l'existence : « Je n’ai jamais aimé qu’en it rêve, écrit-il alors, et l’on ne m'a jamaisaimé, même en rêve ». N'importe! Il se sent capable d’un grand amour quand il consulte son cœur: il espère ren- | contrer, par une exception bien rare, la femme . idéale et il se cramponne donc à « cette idée de possibilité », faute de mieux.Sa littérature sera le reflet de ses tous sentimentales personnelles. Pour la passion qu 1l entend peindre, il s’efforcera de tra- … cer une voie moyenne entre le romantisme qui l'ef- | fraye et le réalisme qui le choque. Lassé des san- “glots bruvants et des amours désordonnées du k Byronisme, 1l donnera pour cadre au roman qu'il vou- … drait vivre un ciel pur et paisible. L'un {de ses poèmes de ce temps, Paolo, est né d’un pareil état d'âme. nl croit l’école romantique morte et voudrait en finir avec ses formules outrancières, à la condition tou- J ….tefois de re pas tomber dans une poésie incolore ou dépourvue d'accent. Qu'on s’abstienne d’élans de passion qui deviennent ridicules aussitôt qu'ils ne - sont pas sublimes. Qu'on tienne également à dis- tance la Muse des égouts, les couleurs crues du réalisme,les héros dont quelque tare du corps ou de

«t fa t'a mi À

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