‹ Émile Zola 1923Chapitre 46 sur 77 · RP RES SEAT AR SN PIE PO RSR PR RP ES AR AN AAA VERRA · texte numérisé non relu

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été pour fort peu dansles résultats obtenus : — à tout le moins les règles de l’art, car celles de la conduite furent assurément modifiées par le triomphe du théâtre libre dans le sens que nous venons d'indiquer.

C’est ce dont Zola ne veut pas trop ouvertement convenir ; il revient donc à l’ambiguïté de ses revendications habituelles. Comment Dumas, exposet-il encore, ne comprend-il pas que ses propres œuvres ont été autant de coups de pieds triomphants dans son prétendu code du possible et de l'impossible au théâtre ? Puisqu'il a réussi à faire ce trou au mur de la « convention », et puis ce trou-là encore, pourquoi d’autres ne feraient-ils pas,. à côté des siens, d’autres trous ? Grâce à ces derniers, on acceptera la femme avec deux amants, voilà tout ! Il n’existe pas un public donné une fois pour toutes et 1mmuable à travers les âges. Il ya des publics. C’est à vous de façonner au gré de vos aspirations vers la renommée artistique celui que vous ont légué vos prédécesseurs. Vous n'avez qu'à faire son éducation à la fois littéraire et sociale. — Et nous venons de voir quel genre d'éducation lui ont assuré les successives générations d'artistes romantiques. — Enfin, dans le Roman expérimental, Dumas sera remercié de nouveau pour avoir seul osé montrer le sexe dans la jeune fille et la béte dans l'homme : ce qui revient à lui décerner un brevet de naturalisme anticipé, comme nous le savons. Aussi cet écrivain hautement doué s'est-il diminué chaque fois qu'il est sorti du naturalisme : il s’est grandi, quand il lui est demeuré, inconsciemment, attaché !

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On le placera donc à côté de Flaubert parmi les patriarches encore vivants de l’Église nouvelle ; on le célébrera comme « l’un des ouvriers les plus puissants du naturalisme contemporain ».

Ainsi se développe, par la critique ou par l'approbation de la précédente génération romantique et par l'incitation à exagérer ses audaces antisociales, la thèse de Zola poussant à l'expression de la vérité crue sur le théâtre, maudissant le « personnage sympathique », appelant le vice et le crime au besoin sous les feux de la rampe. Mais le théâtre classique ne s’en faisait pas faute avec ses Horace, ses Rodogune, ses Néron, ses- Roxane ou ses Phédre. Toute l'innovation consiste à faire du vicieux le personnage sympathique ou du moins très largement excusé par la « physiologie » inspiratrice. A cela, les spectateurs s’habitueront, voilà tout ! Et ils ne s'y sont que trop habitués en eïfet (1). Aussi bien, conclut le critique théoricien, le réel ne saurait-iljamais être vulgaire, ni honteux, puisque c'est le réel qui a fait le monde ! — Quelle belle découverte! — Derrière les rudesses de l’analyse exacte, on verra se lever la grande figure de l'humanité saignante et splendide dans sa création incessante ! — C'est toujours le Dieu du romantisme reparaissant sous diverses figures

(1) On lisait dans le Gaulois du 6 mai 1921, à propos de la reprise de l’Assommoir au théâtre Ba-ta-clan : « Les temps ont marché, oh combien vite !... L’Assommoir, jadis manifeste du naturalisme au théâtre nous est apparu comme une pièce bien douce, éminemment moralisatrice.. et Bazouge lui-même, le croque-mort Bazouge, cette dernière audace du réalisme nous a fait l'effet d’un personnage romantique, » Oh combien aussi!

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