‹ Émile Zola 1923Chapitre 47 sur 77 · LE ROLE DE LA PASSION ÉROTIQUE DANS LA DESTINÉE DES ROUGON-MACQUART · texte numérisé non relu

LE ROLE DE LA PASSION ÉROTIQUE DANS LA DESTINÉE DES ROUGON-MACQUART

Les études sur l’hérédité que Zola entreprit avant -d’écrire le roman le plus significatif de sa jeunesse, Madeleine Férat, le conduisirent à se demander si la science physiologique, en plein essor, ne pourrait être mise au service du mysticisme romantique ; religion à laquelle il était dès ce moment acquis, sans se rendre un compte exact de sa foi. Cette science, presque nouvelle alors etquelque peu flottante en ses premières conclusions d'ensemble, lui parut propre à innocenter, mieux encore qu'on ne l’avait fait aux précédentes générations du mouve- . ment rousseauiste, la poussée de l'instinct sexuel = écartant toutes préoccupations sociales. De là le . projet, et, bientôt, le plan détaillé de l'histoire des Rougon-Macquart. En effet, par la préface du premier d’entre eux qui parut en 1871, cette série de romans documentaires nous est présentée comme une étude de la double concupiscence humaine,

volonté de puissance sociale et appétit érotique, dans le cas où la « ruée » de ses deux instincts primordiaux n’est moralement encadrée que par une hérédité en partie névropathique — ce qui est d’ailleurs une des conditions ordinaires de tout mysticisme extrême, et, én particulier, du mysticisme romantique, cette religion de notre âge nerveux. — Notre objet présent est d'examiner quel rôle fut attribué par l'historien des Rougon-WMacquart, à la concupiscence de la chair, déchainée à peu près sans frein dans la descendance de l'hystérique aieule de la race, Adélaïde Fouque, de Plassans (Aix-en-Provence).

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