‹ Émile ZolaChapitre 17 sur 68 · MoBEAU (de Tours), Psychologie morbide, ouvr. cité · texte numérisé non relu

MoBEAU (de Tours), Psychologie morbide, ouvr. cité

le lissu nerveux sera inégalement développé et dont les réactions émotives, par exemple, se feront tumultueusement et sans proportion avec les excitations.

Mais cette transmission n'est d'abord pas fatale. Souvent elle ne s'exerce pas. Seulement on a Thabilude en médecine de ne compter que les cas positifs. Lorsque, parmi les descendants d'un aliéné, on rencontre, sur huit sujets, deux qui ont été atteints par un vice nerveux quelconque, on a bien soin de montrer là un exemple des plus nets de la transmission héréditaire, bien que les six autres enfants soient indemnes. Cependant si les deux premiers prouvent cette transmission héréditaire, les six autres indiquent tout au moins qu'elle n'est pas forcée, ou qu'elle s'est exercée d'une façon très peu apparente, si peu même qu'on peut la nier.

Eh bien ! voilà ce qu'il faut savoir. L'hérédité morbide n'est pas fatale ; elle s'observe môme dans une proportion qui est relativement minime. Pour déterminer ce pourcentage, il serait nécessaire de prendre l'observation complète — et ce serait là une belle et instructive enquête urbaine à poursuivre — des membres constituant trois générations de quelques centaines de familles différentes. On verrait alors combien, dans ces groupes familiaux choisis au hasard, il y a de tares nerveuses graves. La proportion des cas, relativement au nombre total des individus de chaque groupe, constituerait l'indice de l'hérédité névropathique; et l'on serait peut-être surpris de trouver que certaines familles, que l'on présente comme fortement

tarées parce qu'un ou deux de leurs membres sur quinze ou vingt sont à quelque titre des névropathes, se trouvent en réalilé bien près de la moyenne générale.

Donc rhérédité névropalhique ne s'exerce pas nécessairement. Eu outre elle se transmet rarement sous la même forme. C'est-à-dire que peu souvent un tabétique, un délirant systématique ou encore un épileptique donnent naissance à des êlres qui présentent plus tard la même maladie. Il y a d'abord à cela — on l'oublie trop souvent — qu'un êlre est le produit de deux autres. D'autre part, dans le cas où la tare se transmet, c'est plutôt sous le masque d'une faiblesse vague, informulée, de l'appareil nerveux. Or, qui va donner une forme morbideàcetledébi!itécongénitale?Cesontbiendes choses, et surtout les troubles de l'évolution amenés par les influences extérieures et par les maladies (surtout les infections). C'est ainsi qu'un mélancolique procrée un sujet qui devient un hystérique, ou qu'un ataxique met au monde un individu qui meurt paralytique général.

Les premiers observateurs, Esquirol * notamment, ne pensaient guère qu'à Taliénation mentale des parents, comme cause héréditaire de la folie. Mais peu à peu la théorie de Thérédilé névropatliique s'est élargie. Guislain ', Griesinger ^, Moreau

i. Esquirol, Des maladies mentales, 1838, t. I, p. 64 et suiv.

2. Guislain, Leçons orales sur les phrénopathies^ 2* édit., 1880, 1. 1, p. -137.

3. Griesinger, Traité pratique des maladies mentales, traduction Doumic, 1863, p. 182.

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(de Tours) ' ont les premiers montré que toutes les maladies nerveuses pouvaient engendrer l'aliénation menlale. Morel ' a insisté sur l'alcoolisme comme facteur de psychopalhies ; et c'est ainsi que s'est constitué ce que l'on a appelé la famille névropathique ' des maladies nerveuses et mentales qui peuvent se succéder et s'engendrer réciproquement.

Ce n'est point tout encore, et l'on a peu à peu constaté que les diathésiques aussi, ceux dont la nutrition était profondément et continuellement troublée, donnaient facilement naissance à des individus nerveux * ; et en elTet beaucoup de maladies diathésiques, le diabète, la goutte, la gravelle, sont souvent liées, dans les mêmes familles, aux névropathies.

Si l'on remarque que les intoxications, l'alcoolisme surtout, et certaines maladies infectieuses peuvent, chez l'ascendant, déterminer la procréation de sujeLs nerveux, on comprendra combien sont nombreuses les sources héréditaires de la névropathie. Elles sont encore étendues si l'on admet que les vicieux et les criminels engendrent souvent des psychopathes.

Ce qui est vrai, c'est que le système nerveux est

\, HOREAU (de Tours), ouv. cité.

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