Manouvrier, Les aptitudes et tes actes, ouv. cité, p
88 EMJUfcTE MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE
logique; 'on peut en dire autant de la supériorité.
III. — L'examen physique doit êlre aussi complet que possible. Il esl nécessaire de mesurer la laille, puisque les diamèlres crâniens qu'on aura à prendre lui sont proportionnels, comme on le verra plus loin. Lombroso ' déclare que la plupart des grands bommes sont petits ; mais il en nomme aussi un certain nombre qui auraient été grands. Or il est curieux de constater que cette seconde liste, qui est plus brève que la première, se compose par contre de génies plus iitconleslés. Des faits môme avancés par Lombroso, il ressort donc l'impression que les bommes illustres sont tantôt grands et tantôt petits, comme le rcsie des humains. Dans l'hypothèse que la supériorité cérébrale aurait comme condition principale un cerveau plus volumineux, les hommes do pelite taille seraient favorisés puisqu'ils ont proportionnellement un cerveau un peu plus grand que les individus de taille élevée. Encore faudrait-il montrer que les génies sont en général d'une stature au-dessous de la moyenne ; et l'on n'y arrivera que par une enquête de ce genre où l'observateur peut apporter des mesures exactes.
La vigueur physique doit être notée. Certains grands hommes étaient très robustes, comme Dumas père, Mirabeau, Flaubert, Mais on en pourrait aussi citer d'autres qui ont passé pour chélifs. Parmi ceux de ces derniers énumérés par Lombroso, on trouve peu de sujets vraiment supérieurs. Et cela s'explique. On ne devient célèbre qu'assez tard '. cilé, p. 8.
d'habîlude. Pour vivre jusqu'à la pleine maturilé, il faut être bien»constitué. En outre le travail nécessaire à la production exige une dépense de forces que les malingres ne peuvent pas donner.
Le génie sejnble donc ne pouvoir que difficilement se manifester* en dehors de la sélection physique. Il est d'ailleurs possible d'avoir une bonne santé et une certaine force de résistance sous des apparences peu vigoureuses. Mais la vraie débilité physique doit être l'exception chez les hommes supérieurs qui ont pu se faire connaître, (le fait n'avait pas échappé à Tobservation de Réveiilé- Parise^ qui disait : « Rien de grand, de soutenu, d'achevé, de complet n'a été fait avec un corps chétif, languissant, usé. L'étoile de Napoléon a pâli aussitôt que sa santé fut altérée. »
Il ne faut pas non plus confondre, avec la débilité physique, la maigreur, qui peut coexister avec une bonne santé, alors que l'embonpoint peut avoir une signification opposée. La maigreur est — on le sait — naturelle chez le jeune homme, qui n'engraisse que lorsqu'il a atteint son plein développement physique et probablement aussi intellectuel. A ce point de vue, il serait donc intéressant de rechercher l'époque où les sujets ont commencé à grossir.
La bonne santé, c'est-à-dire Téquilibre entre toutes les fonctions, est d'ailleurs difficile à déterminer. Il faut examiner de près un individu pour
1. Il peut être évidemment en germe et avorter justement faute de moyens physiques.