‹ Émile ZolaChapitre 3 sur 68 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

qui interroge de lout près, examine, palpe, scrute et contrôle le plus souvent avec son iuslrumenlation habiluelle, car en ces matières le doule est la première qualité scienlilique.

Mais ce n'est pas lout encore, et les enquêtes de ce genre doivent être en certaines parties collectives. Il n'est pas de médecin qui puisse prendre tout seul une observation complète; car la compétence de chacun est très limitée. J'ai donc fait appel à bien des collaborateurs pour Texamen des hautes personnalités des lettres, de Tart et de la science qui se sont con fiées à moi , me réservant , outre l'utilisation et l'interprétation de tous les documents, ce qui est d'une étude générale et aussi ce qui appartient spécialement au neurologistc et à l'aliénisle, enfin l'exploration psychologique presque tout entière.

Pour l'observation de M. Zola, que je présente aujourd'hui, j'aieurecoursà diverses personnalités savantes, parmi lesquelles:

M. Francis Gai ton, membre de la Société Royale de Londres, qui a bien voulu noter les empreintes des doigts ;

M. le D' Manouvrier, professeur à l'École d'anthropologie, qui a relevé certaines parlicularilés morphologiques et pris diverses mesures et notamment celles du crâne;

M. Je D"" A. M. Bloch, qui a étudié, avec ses ingénieux appareils, la sensibilité cutanée ;

M. Charles Henry, maître de conférences à la Sorbonne, qui a étudié avec son ingénieux dynamomètre la pression de la main ;

M. le D' Sauvineau, chef des travaux ophtalmo-

logiques de la Clinique des maladies mentales, qui a exploré la vision ;

M. le D" Bonnier, qui a examiné Taudilion;

M. Serveaux, chef de laboratoire de la clinique des maladies mentales ;

Et M. Mon f et, ancien chefdes travaux chimiques de M. le D' Alb. Robin, qui ont fait chacun séparément Texàmen des urines ;

M. J. Philippe, chef des travaux au Laboratoire de psychologie physiologique de la Sorbonne, qui a pris les temps de réaction avec les instruments que M. A. Binet, directeur du laboratoire, a bien voulu mettre à ma disposition ;

M. Alphonse Bertillon, chef du service de l'Identité judiciaire à la Préfecture de police, qui a dressé la fiche signalétique anatomique ;

M. Crépieux-Jamin, le maître graphologue, qui a fait une expertise de récriture ;

M. Jacques Passy, qui a étudié Todorat.

Je les remercie tous ici, et j'adresse encore l'expression de ma reconnaissance à des médecins particuliers de M. Emile Zola, qui, autorisés par leur client, ont bien voulu me communiquer le résultat de leurs observations :

M. Albert Robin, professeur agrégé à la Faculté et membre de l'Académie de médecine, au sujet des troubles de la nutrition générale ;

M. le D' Huchard, médecin de Thôpital Bichat, touchant certains troubles cardiaques ;

Et M. le D' Galippe au sujet d'altérations dentaires.

Je dois d'aulres remerciements à MM. Antheaume, Mouneyral et Ameline, internes à l'asile Sainte-Anne. Le premier m'a aidé dans la prise dés tracés graphiques ; les deux derniers ont photographié les mains de M. Emile Zola, reproduiles ici.

J'adresserai aussi un témoignage de sympathie et de reconnaissance à M. le D' Labonne, directeur de la Société d'Editions scientifiques, qui a déployé une grande activité servie par une haute intelligence professionnelle dans la publication de ce livre, qui présentait certaines difficultés matérielles.

Ce document, le premier que j'apporle dans la question controversée du rapport des hautes facultés psychiques avec le tempérament névropalhique, aura toujours, à défaut d'autres mérites, — et pour la plus grande parlie de ses détailsla valeur d'un fait bien observé. Je le donne seul dans ce volume, dont une parlie est prise par une introduction générale, nécessaire à Tintelligence de la question, parce qu'il forme, ainsi que les autres qui seront d'ailleurs publiés sans aucun ordre, un tout indépendant ^ Ces observations serviront, quand il en aura été recueilli un certain nombre, à un travail d'ensemble. Mais déjà il me semble que celle-ci fait entrer dans une voie vraiment scientifique une étude qui avait été poursuivie jusqu'ici avec plus d'intuition que de rigueur critique.

Septembre 1896.

1. Ce mode de publication me permettra — si cela est nécessaire — de revenir, dans les livres ultérieurs, sur une personne dont l'observation aura déjà paru et que j'aurai complétée avec le temps.

ENQUÊTE MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE j

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