A. BiNET et Henri, ouv. cité, p
gique. Mais ils corroborent certains renseignements obtenus par d'autres moyens. C'est à ce point de vue — comme contrôles — que je les ai employés.
Il serait donc imprudent de lâcher la proie pour Tombre et d'abandonner pour ces lests la grosse observation. En effet, la méthode ordinaire, qui consiste dans Tobservatiori directe et rétrospective et non dans l'expérimentation, permet de juger les facultés cérébrales manifestées dans les habitudes et les actes de tous les jours. Or, ce sont là des tests qui n'ont aucune artificialité et qui donnent bien une idée synthétique de l'intelligence générale du sujet.
Voici donc avec quelles idées je suis parti pour mener abonne fin mon enquête. Quand elle sera finie je reviendrai sur toutes ou seulement sur les principales questions effleurées ici, et je dirai le résultat de mon expérience. Sur bien des points je ne conclurai pas ; et cependant ma besogne n'aura pas été inutile. Car s'il faut beaucoup d'observations pour éclairer certains points et que je ne puisse en prendre qu'un nombre limité, ce n'est pas une raison pour que je ne commence pas une série qui sera poursuivie par d'autres. Qu'importe après tout que ce soit moi ou mes continuateurs qui utilisent les faits que je donnerai ici? Je n'ai eu la prétention que d'apporter des documents ; et mon ambition est surtout de les apporter exacts.
J'ai pensé que la forme la meilleure à domier à l'histoire médicale des sujets que j'avais à examiner était celle des observations médicales. Peut-être aurait-on pu en trouver une autre plus littéraire, mais il n'y en a certainement pas de plus claire. Comme, d'autre part, elle est familière à tous les médecins et que ce livre leur est destiné, j'avais toutes les raisons pour l'adopter. Mon plan sera donc des plus simples et comprendra les chapitres suivants :
Antécéde7its héréditaires et Antécédents personnels^ retraçant l'histoire biologique et pathologique, en même temps que le développement intellectuel.
Ces deux premiers chapitres sont rédigés avec des documents fournis par M. Emile Zola et avec d'autres publiés par ses biographes. Certains détails, je ne les tiens que de la bouche même du sujet et je crois qu'ils sont exacts. C'est du moins
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la conviction que je me suis faite au cours de mes nombreux entretiens avec lui-
D'ailleurs dans toutes les observations médicales les plus sérieusement prises, le médecin est obligé de se fier, pour l"hisloire des faits aiilérieurs au moment de l'examen, aux dires du sujet et de son entourage. Il juge et accepte ce qui lui parait être vraisemblable parmi toutes les déclaralions, dont certaines soni entachées d'ignorance et d'autres de réticence et même de mensonges, car, plus souvent qu'on ne pense, les malades des hôpitaux ou leurs proches ont ou croient avoir intérêt à dissimuler la vérité. En recueillant l'observation de M. Zola, je me suis donc trouvé dans les mêmes conditions qu'à l'hôpital, avec cette différence que j'avais moins à me défier des erreurs dues à l'ignorance du sujet. Je n'ai pas essayé, pour plusieurs raisons, de vérifier auprès de l'entourage les dires de M. Zola, me contentant de contrôler certaines déclarations auprès de biographes éclairésetqui mesemblaient sincères ', Je doute d'ailleurs que j'yeusse trouvé plus de véracité que chez le sujet lui-même ; car — c'est l'impression que j'ai ressentie et qu'ont ressentie comme moi tous mes collaborateurs — M. Zola a été en cette occasion un homme d'une bonne foi admirable.
Encore celte partie rétrospective de l'observation, qui n'en est que la partie la moins authentique, se présenle-t-elle avec des garanties d'exactitude qui eussent été totalement absentes avec
la méthode ancienne qui ne présentait pas la ressource de Tiaterrogation directe. Mais ce qui suivra ces deux premiers chapitres constitue proprement Vobservation directe, dont la plupart des fails ont été contrôlés scientifiquement.' C'est la partie la plus importante et la plus intéressante de cette histoire, qui comprendra les paragraphes suivants :
Examen physique et Examen psychologique, avec quelques renseignements sur la façon dont M. Emile Zola a composé « Rome », son dernier roman.
Enfin la Conclusion^ qui est une manière de diagnostic médico-psychologique, terminera cette observation qui, en opposition aux interviews et aux enquêtes soi-disant psychologiques, dont on abuse tant aujourd'hui, est réduite aux faits les mieux établis. J'aurais pu rendre ce court et sec résumé d'un long travail plus attrayant en apportant des anecdotes nombreuses et en imaginant des hypothèses ingénieuses sur le rapport de l'organisation psycho-physique avec l'œuvre du romancier. Mais j'ai su éviter cet écueil, qu'il m'a fallu cependant côtoyer.