Paul ÂLExrs, DUT. cilé, p
du pain el deux sous de fromage d'Italie, ou du pain et deux sous de pommes. Les vêtements, cela va sans dire, filaient l'un après l'autre au montde-piété. Môme il lui arrivait, ayant fait porter au clou SOS dernières nippes, d'être obligé de passer des trois ou quatre jours chez lui, sans sortir, enveloppé des couvertures de son lit ; ce qu'il appelait piltoresquement/aîVe Carabe. » Et avec cela, une grande activité inleJlectuelle qui lui faisait passer des nuits blanches avec l'énervement de l'ambition qui montait. Il y avait \k toutes les causes occasionnelles suffiscinles pour donner une forme à la prédisposition névropalhique congénitale.
Les troubles nerveux s'accentiiferent de plus en plus. Ce furent d'abord, de 20 à 40 ans, des entéralgies. Plus lard, de ifS à 50 ans, ils alTeclërent la forme de cystite, d'angine de poitrine avec douleurs dans le bras gauche, de névralgies thoraciques, de rhumalismes articulaires. Le cœur surtout l'a souvent inquiété. Il avait des sensations bizarres, croyant l'entendre battre dans sou bras, dans sa cuisse. Ce fut à cause de ces troubles cardiaques ,qu'il cessa de fumer vers 33 ans, sur le conseil du D' Potain. Il y a quatre ans, te D' Huchard le vit et posa le diagnostic de fausse angine de poitrine chez un nerveux. Un diagnostic analogue fut appliqué quelque temps après par le D'" Alb. Robin à ses crises de fausse cystite. C'est, aussi vers la trentaine que les idées morbides, sur lesquelles je reviendrai plus loin, firent leur apparition et s'installèrent peu à peu, ne parais-
sant pas avoir eu d'antécédentes dans la jeunesse.
A cette époque le succès commençait à venir, apportant l'aisance. M. Zola travaillait toujours beaucoup, mais il avait d'apnée en année un plus grand bien-être. Menant une existence très casanière, il commença à engraisser jusqu'à avoir, en 1887, 1 mètre 14 centimètres de tour âe ventre et un poids de 192 livres. 11 était essoufflé pour le moindre effort physique. 11 avait des signes de dilatation gastrique, des pyrosis, des tiraillements stomacaux et de l'assoupissement après manger. C'est alors qu'il résolut de se faire maigrir. Son régime, qu'il continue en partie aujourd'hui, consista à supprimer toute boisson pendant le repas et, d'une manière absolue, le vin. Dans la journée, il prenait 1 litre de thé. A ses repas, peu ou pas de féculents, de la viande surtout.
Au début de ce traitement, il éprouva une certaine faiblesse, qui disparutpeu àpeu. Mais l'essoufflement, les troubles stomacaux s'en allèrent progressivement. En 18 mois, M. Zola perdit près de 40 livres. A ce moment les dents, qui, depuis Fenfance et surtout la lièvre typhoïde, avaient toujours été mauvaises et mal soignées, furent examinées par M. le D"" Galippe, qui attribua leurs altérations plus nombreuses à la faiblesse générale consécutive à l'amaigrissement. On a voulu voir aussi une différence, au point de vue des œuvres produites, entre le Zola gras et le Zola maigre, et l'on a dit que ce dernier ne valait pas l'autre. Pourtant M. Zola n'a pas ressenti de faiblesse physique ni psychique après son traitement. Il se trouve
maine, FArgent, la Débâcle, le Docteur Pascal, Lourdes, Rqme.
2. Evolution psïchique. — M. Zola ne fui pas un enfant précoce. AT ans, il ne savait pas lire; il est vrai qu'on ne s'était guère occupé auparavant de son inslruclion. Jusque-là cependant rien n'indiquait un esprit supérieur à celui de ses camarades. A ce moment sa mère devenue veuve le mit à Aix, comme externe, dans une petite pension, ou il resta durant cinq années, de 7 à 12 ans, et où il n'apprit pasgrand'chose. Mais en revanche il élait très libre, jouant tout son saoul cl vagabondant au grand air. « C'est là, dit M. Paul Alexis ' , le long de la Torre, petit ruisseau adorable ainsi nommé à cause des sinuosités capricieuses de son cours, que le futur auteur des Contes à Sinon commença à s'éprendre de ce large amour de la campagne qui plus lerd sera à chaque instant la fantaisie et le côlé poétique de son œuvre réaliste. »
L'instinct génital se développa de bonne heure. A 10 ans, il eut de petites amours ; un peu plus lard, vers ta douzième année, de véritables passions, plus compliquées quoique purement psychiques, le prirent tout entier. Cependant malgré cet éveil précoce des idées sexuelles, les femmes ne jouèrent pas un grand rôle dans sa vie d'adolescent et de jeune homme.