CHAPITRE QUATRIÈME
Rien n'est plus difficile que cet examen. Il faut s'en rapporter beaucoup au sujet, car le contrôle est malaisé. Dès qu'on expérimente en psychologie, il y a tant d'éléments qui peuvent faire varier le phénomène que souvent on ne sait trop quelle conclusion tirer. Cependant les mental tests que j'ai essayés m'ont permis de contrôler certaines observations que j'avais pu faire d'une autre manière ou celles de critiques littéraires. Mais j'ai peu cherché une vérification de mes expériences dans l'œuvre du romancier, considérant cette manière de faire pleine de difficultés et de dangers pour moi.
Parmi ces tests^ , quelques-uns ne m'appartiennent pas. Je les ai choisis dans certains auteurs (A. Bi-
1. Parmi les savants qui se sont occupés de ces expériences psychologiques, je citerai encore M. Gallon, qui en a fait, en Angleterre, une étude que je regrette de n'avoir pu utiliser.
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net et V. Henri, Jastrow, Bourdon), parce qu'ils me paraissaient pratiques, et que, pour plusieurs, je possédais des moyennes, c'est-à-dire des termes de comparaison. J'ai dû aussi en imaginer d'autres. De ces tests, beaucoup n'ont pas de signification comparative^ n'ayant pas été essayés chez d'autres personnes. Je les donne tous cependant, car j'estime que ces expériences servent moins à établir une différence quantitative très précise entre le sujet étudié et les autres personnes qu'à caractériser sa manière d'être psychologique. Je me suis efforcé de montrer ce qui constitue la personnalité psychique de M. Zola, sans trop chercher à découvrir eh quoi elle se distingue quantitativement des autres. L'étalon manque encore pour les classifications de ce genre. Peut-être pourra-l-on un jour utiliser mes données et mes chiffres, pour compléter mon travail dans ce sens. Je regrette de n'avoir pu, dans certains cas, répéter mes expériences pour avoir des résultats plus certains. Mais ces observations, très pénibles pour le sujet, ne pouvaient être prolongées ou répétées indéfiniment. D'autre part, ce faisant, elles devenaient monotones, peu attrayantes, et, l'esprit du sujet n'étant pas suffisamment intéressé, les résultats finissaient par perdre beaucoup de leur signification.
Pour la clarté de l'exposition, j'ai établi un plan basé à la fois sur l'ordre d'acquisition et d'utilisation des connaissances et sur les divisions natuturelles des fonctions physiologiques du cerveau. Je ne lui reconnais d'autre mérite que de m'avoir
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facïUlé le travail d'analyse nécessaire à la description.
1. Fonctions sensorielles. — La sensation est, dans un de ses aspects, un phénomène physique qui a été étudié comme une foncltoa du système nerveux ; mais elle esl aussi un phénomène psychique — c'est la perception — que je vais envisager. Celle division n'est pas toujours facile à faire en pratique: c'est dire en principe que ce chapitre etceluî qu'il complète chevauchent l'an sur l'autre. D'autre part, on trouvera ici des faits qui indiquent des processus plus compliqués que la simple perception, et, par exemple, des jugements; de même qu'on lira, relatées dans le chapitre de la Mémoire, des expériences sur la conservation des' souvenirs sensoriels (visuels, auditifs, olfactifs, etc.). Tout se tient dans l'esprit, et nos divisions auront toujours quelque artiTicialilé.
I. Perceptions tactiles. — Les sensations tactiles (pression, contact, douleur) sont généralement exaltées chez M. Zola ; les perceptions correspondantes sont fmes et exactes.
Test sur les perceptions tactiles de surface. — Toucher les yeux fermés deux cartons carrés de surfaces inégales, et, sans les superposer, indiquer le plus grand. Les cartons ont : l'un m. 048, et l'autre m. OoO de cùté. Réponse juste.
Test BUT les perceptions tactiles de forme et d'épaisseur. — Toucher les yeux fermés deux pièces de monnaie et dire quelle est la pièce la plus usée et celle dont les bords sont les plus épais. Les pièces sont de 0,10 centimes. Réponse juste.
ËMtLE ZOLA. IS
Test sur les perceptions tactiles de forme et de poids. -^Toucher les yeux fermés et séparément deux pièces de monnaie et les reconnaître. Les pièces sont : Tune do 1 franc en argent et Taulré de 0,05 centimes en cuivre. M. Zola les reconnaît au poids, la pièce d'argent étant plus lourde que la pièce de cuivre d'une quantité minime.
II. Perceptions visuelles. — L'acuité visuelle est faible chez M. Zola qui est myope et astigmate. Mais cela ne compromet pas la finesse et la justesse de ses perceptions visuelles dont certaines ont élé étudiées lors de l'examen physique.
Tests sur les perceptions visuelles de longueur.
1° Regarder deux lignes tracées à f encre et de longueurs inégales et déterminer à vue d" œil le rapport existant entre ces deux longueurs. Une ligne a Om. 09 el Tautre m. 01. Réponse : 1 sur 10.
2° Diviser à vue d'œil une ligne en sept parties égales. La ligne ayant m. iO, chaque partie doit donc avoir environ m. 0143. Résultat: l""* division, m. 0125 ; 2% m. 0150 ; 3% m. 0135 ; 4% 0m.0155;5^0m.0^45;6^0m.0i40;7^0m.0^50.
L'écart pour chaque partie est donc minime.
3** Prendre à vue d'œil la k^ et la 13* partie dune circonférence. Le diamètre de la circonférence est de Oui. 05. M. Zola prend une partie inférieure de 1/12 au quart et la 11* partie au lieu de lal3\
4° Déterminer à vue dœil combien tm arc est con^tenu dans une circonférence. L'arc présenté est la 9* partie d'une circonférence de m. 10 de diamètre. Réponse : 10 ou 11 fois.
Tests sur les perceptions visuelles de surface.
1** Reconnaître par la vue seule quel est le plus grand de 2 carrés de carton. L'un a m. 048 de côté et Tautre m. 050, Réponse exacte.
2*" Indiqiier à vue d'œil combien un rectangle en contient un attire. L'un ayant m. 12 x m. 06, et l'aulre m. 03 x m. 02. Le premier contient l'autre 12 fois. Réponse: 24 fois. L'erreur est celte fois considérable ; il est vrai que, dans la vie courante, ou a moins l'habilude d'apprécier les surfaces que les longueurs,
3° Combien une pièce de^fr, 50 en argent est contenue en surface dans une pièce de 5 fra?ics? Elle l'est 4,2 fois. Réponse : S à 6 fois.
Tests sur les perceptions visuelles dirigeant les mouvements musculaires.
1* Regarder durant 5'' des lignes de longueur déterminée et les reproduire de mémoire. Les lignes présentées ont respectivement m. 170, m. 070 et m. 040. L'expérience est faite deux fois. !•" résultat: les lignes reproduites ont m. 173,0 m. 065 et m. 038. 2* résultat : les lignes reproduites ont m. 172, m. 070 et m. 0i6.
2** Placer en tin point de repère tracé sur une règle les extrémités unguéales des deux index et les écarter d'une longueur égale de chaque côté (Jastrow). M. Zola écarte à droite de m. 090 et à gauche de m. 094.
Tests sur la perception des couleurs.
1° Regarder, durant 15'^ une croix dessinée au crayon bleu. Six à huit secondes après avoir fermé les yeux, M. Zola la yoïinoire sur fond gris^^ c'est-à-
dire aperçoit une image consécutive d'une couleur qui ne s'observe pas d'habitude. Si, au lieu de fermer les yeux, il regarde une feuille de papier blanc, il voit nettement Timage consécutive avec la couleur complémentaire qui est pour lui la nuance saumon.
2° Faire la même expérience en regardant une croix rouge. L'image consécutive, les yeux étant fermés, est grise sur fond noir (image négative) ; et l'image consécutive, les yeux étant ouverts et fixés sur une surface blanche, a la couleur complémentaire bleu clair.
III. Perceptions auditives. — M. Zola a une très mauvaise oreille musicale, peu éduquée et peu susceptible de l'être, à ce point qu'il n'a jamais pu monter une gamme juste. Il a appris à jouer un peu de la clarinette et du piano, parce que ce sont des instruments à son fixe ; mais il a été obligé d'abandonner, dès son enfance, l'étude du piston qu'il avait entreprise. Dans ces derniers temps il s'est occupé de musique, ce qui n'a pas changé son oreille. Si M. Zola n'a pas le sens des intervalles musicaux ni de l'harmonie des accords, il a, très développé, celui du rythme. Ecolier, il triomphait, dit-il, dans la mesure. D'autre pari, on constate dans ses phrases un rythme des plus nets, et Ton a pu quelquefois s'amuser à meltre sa prose sous la forme typographique des vers; enfin un de ses agréables souvenirs de la ville d'Aix. qu'il a habitée dans son enfance, est celui de la retraite battue en cadence par les tambours de la garnison. M. Zola juge par l'oreille de la mélodie de ses
phrases. D'autre part les bruits et les sons laissent en lui des souvenirs qu'il utilise beaucoup dans la composition de ses œuvres. En résumé ses fonctions auditives ne sont diminuées que pour la musique. J'ajouterai qu'il n'a pas d'audition colorée ni aucun trouble psychique analogue.
- IV. Petxeptiom olfactives. — L'odorat de M. Zola est — on l'a vu — quantitativement un peu audessous de la moyenne. Pour qu'il puisse sentir un parfum, il faut que ce dernier soit un peu plus concentré que pour la majorité des gens bien portants. En a-t-il été toujours ainsi? Voilà une question que l'on doit poser, étant donné l'âge de M. Zola ; car il est possible que son acuité olfactive ait diminué dans ces derniers temps. Celte réserve qu'il est juste de faire à propos de l'odorat, on doit la faire aussi pour les autres sens. C'est là une des difficultés que présente une enquête sur des gens célèbres, qui la plupart ont dépassé l'âge mûr. Mais, à côté de cette diminution quantitative de la sensation, M.Zola présente une finesse de Tolfaction que l'on peut comparer à celle des parfumeurs. Chez eux, en effet, a remarqué M. Jacques Passy *, l'acuité s'émousse en même temps que la
1. Jacques Passy, ouv. cité, p. 3S5. Voici uoe expérience qu*a faite cet auteur. \\ a trempé un papier dans de l'essence de rose pure, et l'autre dans la même essence additionnée de 25 0/0 de géranio],qui est un constituant normal de Tessence de rose et s'y trouve contenu dans la proportion de 60 0/0 environ. Par ce mélange la teneur de l'essence en général était augmentée de 10 0/0. Ces deux papiers ont été soumis à l'examen d'une personne ayant un odorat exercé; ils ont été distingués et classés, et le géraniol a été reconnu. Un odorat ordinaire est absolument incapable de celte distinction qualitative. Or la
finesse se développe. De même, tel myope, fort au-dessous de la moyenne pour Tacuilé visuelle, est sensiblement au-dessus lorsqu'il s'agit d'apprécier la forme des objets et leurs couleurs. La quantité n'est donc pas tout dans la sensation. Outre que M. Zola a une mémoire des odeurs très développée et que celles-ci agissent puissamment sur lui, il reconnaît, compare et dislingue des sensations olfactives avec une sûreté qui a toujours étonné son entourage. C'est ainsi qu'une de ses distractions est de diagnostiquera distance (par exemple de son cabinet de travail de Médan, situé au-dessus de la cuisine) les mets qu'on apprête pour le repas. Il peut dire si ce sont des tomateS) un poulet on un gigot, ou encore du poisson, et quelle espèce de poisson, des sardines ou du hareng, de l'éperlan ou de la sole.
Test sur la finesse de rolfaction. — Classer^ par ordre d intensité croissante^ 8 flacons contenajit chacun une odeur de plus en plus concentrée, — Dans ces flacons est une solution de camphre dans de l'alcool méthylique (le titre s'élève de gr. 000000 1 à \ gramme pour 10). Chaque solution est 10 fois plus forte que celle qui précède. M. Zola a classé les flacons dans l'ordre suivant : 1, 2, 5, 4, 3, 6, 7, 8. Une interposition du flacon n° 3 avec le flacon n"* 5 aurait rétabli l'ordre exact de la série. J'ajouterai que cette expérience, qui est très délicate, n'a pas duré plus de 2 minutes.
personne qui a fait le diagnostic ci-dessus a une acuité olfactive tellement réduite qu'elle ne peut percevoir Théliolropine à une dose cent fois plus forte que la moyenne.
J'ai essayé d'étudier chez M. Zola la durée de ^ la perceplion olfactive, c*est-à-dire le temps pen-
dant lequel une odeur est sentie ; car on sait que l'odorat se fatigue assez vite et qu il arrive même un moment oîi toute perception est abolie. Ce temps me parait être long. L'odeur du camphre en solution dans de Talcool méthylique à 1/10000 était encore sentie à la lo® minute ; et Fodeur de lacoumarine dans une solution à 0.20 0/0 était encore perçue après 10 minutes*.
Une observation faite par M. J. Passy, lors de son premier examen qui porlait sur les fonctions quantitatives de l'odorat de M. Zola, ne manque pas d'intérêt. M. Zola, ayant eu à sortir de la chambre dans laquelle un peu de verveine avait été ren- ^ versée après l'expérience, avait été immédiatement
frappé, en y rentrant, par l'odeur, pourtant assez faible, répandue dans l'atmosphère et y avait reconnu la verveine. M. J. Passy a eu souvent l'occasion d'observer que beaucoup de sujets dans des conditions analogues ne font aucune remarquç. Il semble donc que l'attention de M. Zola est fortement attirée du côté des odeurs.
V. Perceptions gustatives. — Aucune observation particulière à noter sur ce genre de perceptions. Il est à remarquer cependant que M. Zola a toujours été assez gourmand, ce qui ne Ta pas empêché de persister dans un régime alimentaire sobre et peu agréable.
1. D*après des expériences faites en Allemagne (Année psychologique^ (iS95^), 1896, p. 405), cette solution de coumarine ne serait en général plus perçue après 3 minutes.
SI, Pei'ception de C espace. — M. Zola s'oriente assez facilement ; sa mémoire topographique est bonne et sa sensibilité musculaire paraît normale. Une partie des lests portant sur les surfaces visuelles peuvent d'ailleurs servir à apprécier le sens de l'espace de M. Zola. Un fait à noter est qu'il hésite parfois à connaître quelle est sa main droite ; il y arrive d'habitude par Tidée de côté droit ou de côté gauche associée à chacune de ses mains et non pas par d'autres moyens, en se rappelant par exemple de quelle main il écrit. Dans le chapitre de ridéalion, on trouvera quelques tests qui montrent comment il projette dans l'espace ses images mentales.
Vil. Pejxeption du temps, — M. Zola apprécie assez bien la durée. Ainsi je lui demandai un matin quelle heure il était à sa montre qu'il avait regardée 20 minutes auparavant. lime répondit exactement à 1 . minute près. Pour les petites durées, je l'ai soumis à quelques petites expériences.
Tests pour rappréciation de la durée.
1° Dire quand il se sera écoidé iO secondes. Dans une première expérience, pendant laquelle il ne compte pas mentalement, M. Zola déclare le temps écoulé après la 25* seconde. Dans une seconde expérience faite en comptant, M. Zola fait cette déclaration à la 38''.
2° Faire apprécier exactement la durée d'un petit sablier à œufs. Ce dernier se vide en 1' 40". Réponses : une T* fois, sans compter : 1' 30"; une deuxième fois, en comptant : 1' 40 " (Résultat juste).
J'ai aussi cherché à savoir quelles sensations paraissent à M. Zola pics longues el quelles plus courtes.
Tests pour l'appréciation de la durée respective des sensations de natures différentes.
l°(Sensalions visuelles). — Begarder successivement Iroisobjets présentés durant un temps inconnu et dire quel objet a paru être montré le plus longtemps. Je présente, uniformémentdurant 10 secondes, un encrier noir (seiisaliori visuelle), un ruban rouge (sensation de couleur) et un porte-plume au bout duquel tourne une boulette de papier attachée par un fil [sensution de mouvement). AI. Zola constate d'abord — ce qui est vrai — « qu'il n'y a pas grande différence » entre la durée de chacune de ces 3 sensations. Je lui demande alors de citer les sensations dans l'ordre décroissant de la durée. R(5ponse: « La sensation de couleur, celle de forme et celle de mouvement u. Il semble donc que la sensation de couleur ait été plus intense et par conséquent ait donné l'illusion d'une plus longue durée que les autres. Il esta rappeler que M. Zola est très frappé par la couleur des choses, ainsi qu'il le montre dans ses descriptions.
2° (Sensations auditives et olfactives). — Comparer la durée d'une sensation olfactive {es^etice de menl/ie) et d'une sensation auditive (bruit dun jouet], h' essence de menthe est présentée durant 6". M. Zola arrête le bruit du jouet après 4", croyant celte durée égale à celle de la sensation olfactive. Le bruit a donc paru plus long; il est vrai qu'il était désagréable. Ces expériences mériteraient
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d^élre reprises. Je les donne ici malgré la difficulté de les interpréter, parce qu'elles peuvent suggérer des observations analogues.
VIII. Perceptions en rapport avec les sensations internes. — Certaines sont importantes au point de vue psychologique parce qu'elles constituent les appétits. La faim est chez M. Zola très désagréable et détermine de la dépression nerveuse et même une véritable angoisse, lorsque l'abstinence est très prolongée. Il a eu jadis, au cours de ses crises nerveuses, de véritables fringales de faim. La soif est, au contraire, bien moins lyrannique ; M. Zola ne la ressent impérieusement jamais, pas même à bicyclette. Il peut d'ailleurs ne boire, sans que cela lui coûte, qu'une fois par jour. La miction, si fréquente chez M. Zola, comme on l'a vu plus haut, est tyrannique et constitue véritablement un tic névropathique. Rien à noter du côté du besoin intestinal. L'activité musculaire n'a jamais été très agréable pour M. Zola. Le sommeil ne plail au romancier que quand il est déprimé ; c'est son ennemi, dit-il, parce que c'esl un gaspilleur de temps. Les rêves sont obscurs et rarement gais : les personnages sont fuyants, vaporeux, et il y a ordinairement des difficultés à vaincre. Par exemple, il faut partir et les obstacles s'accumulent ; les jambes sont lourdes et ne portent pas le corps. En cas d'insomnie, M. Zola s'attache à ne penser à rien ; mais, pour appeler le sommeil,, il ne compte pas, ainsi que le feraient un grand nombre de personnes d'après une enquête améri- I caine. L^appétit sexuel n*a pas été chez M. Zola
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très expansif, gêné de 1res bonne heure par une timidité habituelle. Malgré ce défaut et peut-êire à cause de lui, les sensations génitales ont toujours eu un grand retentissement dans sa vie psychique.^ L'étude des sensations en rapport avec les sensations douloureuses trouveront place dans le chapitre de Témotivité.
En résumé, les perceptions de M. Zola se carac- ' térisent surtout par leur justesse (Tact, Vision, Temps), et aussi par leur finesse (Tact, Odorat) ; toutefois, celles tenant au sens musical sont grossières. Les perceptions sont en rapport avec des sensations physiques, qui, sauf celles du tact, sont actuellement, peut-être à cause de Tâge, d'une acuité plus ou moins au-dessous de la moyenne (Vision, Audition, Olfaction), ce qui ne les empêche pas d'être d'une excitabilité anormale (hyperesthésie rétinienne et auditive). Cela prouve que la finesse de la perception^ phénomène plus spécialement lié à la vie psychique, est indépendante jusqu'à un certain point de la sensation^ phénomène plus spécialement lié à l'état physique des organes, f Peut-on tirer de ces premières observations une application à l'œuvre littéraire du romancier? Son réalisme, son besoin de vérité et d'animer les choses (Hennequin) * pourraient être en partie expliqués par la justesse de ses perceptions; de même son goût pour la clarté. L'étude des sensations et des perceptions ne permet pas de vérifier cette critique qu'on lui a adressée de grossir les objets (Hennequin). Il serait, a-t-on dit aussi,