‹ Émile ZolaChapitre 42 sur 68 · Hennequin, Essais de critique scientifique · texte numérisé non relu

Hennequin, Essais de critique scientifique

frappé surtout par les odeurs et les couleurs. Mes expériences sembleraient confirmer celle observation surtout en ce qui a trait aux odeurs.

2. Fonctions motrices. — M. Zola a été et est encore vigoureux ; ses muscles sont bien développés, quoiqu'il les ait rarement exercés. Il n'a d'ailleurs en aucun temps ressenli de goût prononcé pour les exercices musculaires. Quand il était jeune, il aimait la natation, mais il n*a jamais dansé, ni fait de Tescrime, ni monté à cheval, ni tiré des armes à feu. Dans ces derniers temps, il s'est adonné à la bicyclelle, qui lui plaît non à cause des sensations d'exercice musculaire qu'elle procure, mais comme im instrument de rajeunissement. C'est là une impression qu'ont ressentie beaucoup d'hommes de l'âge de M. Zola, comme lui fervents bicyclistes.

M. Zola se fatiguerait d'ailleurs rapidement; son effort est brusque, il donne tout ce qu'il peut, puis la fatigue arrive vite (V. p. 152). Enfin M. Zola est maladroit pour plusieurs raisons. A cause de son émotivité d'abord ; ainsi, quand il lui arrive de chasser, l'idée d'avoir à presser la gâchette l'énervé et fait dévier l'arme. M. Zola est maladroit aussi parce qu'il est affligé d'un tremblement nerveux des doigts, parce qu'il est myope et peut-être pour d'aulres raisons plus essentielles.

Tests sur rhabileté motrice.

i° Tracer des lignes horizontales, parallèles et équidistantes avec un crayon à pointe rendue iîivisiblepar une couroyme en papier (Jastrow). Les lignes tracées par M. Zola sont tremblées, non parallèles et séparées par des intervalles très variables.

2° Tracer de la même manière 5 lignes verticales^ parallèles et équidistantes (Jasirow). Même résultat.

3** Tracer de la même manière des lignes égales dans les directions ])riiicipales de la rose des vents. Les lignes tracées par M. Zola sont inégales et ne se coupent pas en un même point.

4° Viser avec u?i crayon, « m. 60 cTéloignement, le centre dhine croix à branches égales et larges de m, 01 centim. et essayer de Patteindre. Sur 12 essais, 1 seul donne un résultat positif (1/2 mm. d'écart) ; la marque la plus rapprochée après la première est à 4 mm. du point central.

5** Viser y à Q m. 10 centim, déloignement^ avec une aiguille à coudre^ le centre d'une carte préalablement percée d'un trou de 1/2 mm. de diamètre. Sur 10 essais, 4 sont positifs.

3. Langage. — C'est une fonction mixte, sensorielle par la vision et Taudition verbales, et motrice par la parole et l'écriture. Elle a donc sa place naturelle après les fonctions sensitives et motrices, dont elle n'est qu'une spécialisation. Les souvenirs des mois et des phrases seront étudiés au chapitre de la mémoire.

L Nature des images mentales, — Une des premières questions à discuter est celle-ci: quelle est la nature des images mentales qui servent le plus habituellement à M. Zola? Quand je l'ai interrogé là-dessus, il m'a répondu qu'il ne croyait pas appartenir à un des types décrits (visuel, auditif ou moteur) et que ses images verbales se confondaient. Et cependant, M. Zola, dans certains cas, utilise de préférence pour le langage intérieur une caté-

gorie d'images verbales, les auditives. Ce fait qui était inconscient pour M. Zola lui est apparu très clairement au cours des expériences suivantes :

Tests sur la nature des images mentales: J'ai emprunté à MM. A. Binet et V. Henri * des tests qui consistent à montrer des lettres inscrites sur des tableaux. Après les avoir lues à haute voix, le sujet les reproduit dans un tableau vide et indique aussi comment il les a retenues.

Tableau lu:

Tableau reproduit;

Tableau lu *

Tableau reproduit:

Tableau lu.

Tableau reproduit:

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