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M. Zola, en lisant les lettres, les répèle mentalement ; aussilôt après il les écrit, en s'aidant surtout du souvenir auditif et peut-être aussi du souvenir moteur. Voilà le fait fondamental. Cependant il lui arrive — quoique bien plus rarement — de faire usage de Tirnage visuelle. Ainsi dans le test n" 3, les lettres ZVT, disposées verticalement, ont été rappelées par les yeux. Mais c'est là une exception. En général M. Zola fait des mots avec les lettres qu'il voit ; aussi les écrit-il dans le sens horizontal, quelquefois le 3* mot avant le second, mais toujours dans le même sens. Il est naturel que, faisant des mots, il retienne plus Facilement les groupes où sont des voyelles que ceux composés uniquement de consonnes. Dans le test n** 1 le P est écrit seul, comme dernière lettre d'un mot entendu et non vu.
M. Zola est donc un auditif verbal, c'est-à-dire que dans l'acte de la pensée verbale il tend à se servir surtout des images auditives du mot. C'est par l'audition interne qu'il juge de l'harmonie de ses phrases, qu'il ne relit pas à haute voix comme le faisaitFlaubert. Et cependant il ne comprend bien que s'il lit des yeux; il serait par exemple incapable de suivre un discours. Cela s'explique par l'habitude professionnelle de l'écrivain dont les yeux sont les fenêtres par lesquelles les connaissances pénètrent.
i 8i KPiQlÊTE MÉDICO-PSÏCHOLOGIQL'E
II. Langage parlé. — M. Zola n'a pas les qualités nécessaires aux exercices oraloîres. D'abord il est très nerveux et timide, et l'émolion paralyse ses moyens. D'autre part il a une mémoire des mois, des phrases et des constructions plutôt faible. Il n'a d'ailleurs jamais pu apprendre à parler une aulre langue que le français ; et il a toujours eu une vive appréhension quand il se lève dans une réunion pour parler. Il a essayé d'apprendre ses discours par cœur et cela n'a fait que L'embrouiller davantage. Aussi maintenant M. Zola réfléchit le moins possible à l'avance aux paroles qu'il doit prononcer. Dans la route qu'il fait pour aller au lieu de la réunion, il songe aux idées principales qu'il doit développer et les ordonne. Seule, la fin, le toast par exemple, est apprise par cœur. Voici une anecdote qui peint bien M. Zola à ce point de vue. Quand il alla, i! y a quelques années au congrès des Journalistes à Londres, il sut qu'il aurait à faire un discours. Il en écrivit un qui avait environ 60 mots, et plusieurs jours à l'avance il s'entraîna à le répéter en se couchant. Enfin, le moment venu de le prononcer, il se leva, lira un papier de sa poche et.... lut sa harangue. Je crois que l'émotion est un facteur important dans celte incapacité oratoire ; car en particulier M. Zola parle clairement, d'abondance et parfois avec un certain luxe d'images. Ceiiendanl i'élocution est souvent hésitante, le mol ne vient pas toujours spontanément, défauts qui tiennent en grande partie au manque d'exercice,