III. Langage écrit. — L'écriture est, ainsi qu'on
le verra plus loin, la forme du langage que M. Zola emploie i^onv penser ses œuvres. Sans écrire, il ne peut guère faire un travail intellectuel utile. J'ai fait examiner son écriture par un savant connu, M. Crépieux-Jamin, auteur d'un livre très remarquable \ qui a fait entrer la graphologie dans le domaine scientifique. Voici le résultat de son expertise faite sur un brouillon (V. p. 192 et 193) et sur une page plus soignée (V. p. 186).
« L'écriture de M. Zola varie beaucoup selon les autographes.
« Dans les copies, ses minuscules, normalement inclinées à droite, n'ont guère plus de deux millimètres de hauteur; dans les brouillons, elles atteignent 5 millimètres et varient continuellement dans l'inclinaison. Ces changements de direction de la plume correspondent à Fintensité de Tidéation et nous renseignent sur la grande impressionnabilité de l'écrivain ,; elles nous montrent l'extrême tension de son esprit, quand il compose, et jusqu'où peut aller le développement de son activité cérébrale. Mais qu'il s'agisse de brouillons ou de copies, l'écriture est toujours sobre, claire et excessivement nette. Ce sont des indices d'énergie retenue, d'esprit clair, de conception lucide. Cette dernière qualité est poussée jusqu'à ses extrêmes limites et provoque même de la rudesse. Dans le brouillon que j'ai sous les yeux, les barres du ^, les accents, nombre de finales, sont aiguës et vont en descendant de gauche à droite. Ce mouvement, qui n'est que la réduction du geste