‹ Émile ZolaChapitre 49 sur 68 · Anr.ée psychoiogiguF, (1893), 1896, p · texte numérisé non relu

Anr.ée psychoiogiguF, (1893), 1896, p

pholographies. Après les avoir regardées durant 2 à 3 minutes, il les décrivait de mémoire avec un luxe de détails extraordinaire. Cette expérience de mémoire volontaire met bien en lumière Taltention.

La faculté d'observation est très développée et d'ailleurs très exercée chez M. Zola. Pour l'apprécier sur un terrain où il m'était plus facile de la juger, j'ai montré au romancier des photographies de malades en lui demandant ce qu'il y voyait de caractéristique. Tout de suite il mettait en lumière les défectuosités principales, même les plus légères et les plus cachées. Ainsi notamment il a remarqué, entre autres nombreux détails, sur la photographie d'un pQlit idiot nu, la saillie de l'ombilic pourtant peu visible. L'enfant avait en effet une petite hernie ombilicale.

6. Temps de réaction. — Ils donnent la mesure de l'attention et celle de la vitesse des processus psychiques.

Malgré la rapidité de nos sensations, il s'écoule toujours un certain temps entre l'émission du son d'un mot prononcé devant nous et la perception auditive de ce mot : c'est le temps nécessaire à la transmission de l'excitation, qui va de l'oreille au centre de l'écorce à travers le nerf sensoriel et certaines cellules. Un autre temps est nécessaire à la transmission de notre réponse du centre cérébral de la parole jusqu'aux muscles de la langue. Cet aller et retour représente le temps de réaction des psychologues. Bien que sa durée soit minime (quelques centièmes de seconde), on a réussi dans ces dernières années à la mesurer en

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intercalant dans un courant éleclrique un chronomètre dont l'aiguille part à l'ouverture du courant et s'arrête à la fermeture. Il suffit, pour mesurer l'intervalle de temps compris entre la sensation et la réponse, de convenir avec le sujet que Ton ouvrira le courant en émettant le son, et qu'il le fermera en répondant : le chemin parcouru par Faiguille entre ces deux moments donne le temps cherché.

Le signal donné par la parole peut être remplacé par toute excitation sensorielle (contact, lumière, etc.), et la réponse peut n'être constituée que par le simple mouvement des doigts qui ferme le courant. De la sorte il est facile de mesurer la durée des phénomènes sensitifs et de quelques opérations mentales.

J'ai prié M. J. Philippe, chef des travaux au Laboratoire de Psychologie Physiologique de la Sorbonne, et très entraîné à ce genre d'examen, de vouloir bien prendre les temps de réaction de M. Zola. Voici les résultats de ses expériences:

(( Les temps que nous donnons ici ont été mesurée avec le chronoscope de d'Arsonval, enregistrant le 1/200" de seconde et manié selon le dispositif ordinaire ^ Les graphiques ci-joints représentent les temps de trois séries de réactions tactiles (réaction à un contact simple). Le n° I (V. p. 230) présente les réactions ordinaires, dites indifférent

1. Voir Th. Ribot, Psychologie allemande contemporaine. — A. BiNET, Introduction à la Psychologie expérimentale (en collaboration avec M. J; Philippe). — Beaunis et Binej, Année psycholo» giquet 1893. — Id., idem, 1896.

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tes parce que le sujet ne doit concentrer son attention ni sur la perception du contact à Texclusion du mouvement de réponse, ni inversement ; le n"" II (V. p. 231) présente les réactions appelées motrices parce que l'attention du sujet est fixée sur son mouvement de fermeture du courant; enfin le n** III (V. p. 232) donne les réactions nommées sensuives parce que lé sujet s'occupe surtout du contact à percevoir. Ces diverses réactions ont été prises dans des conditions assez défectueuses. Nous disposions d'un temps très court (une demi-heure); M. Zola avait déjà passé par toute une séance d'anthropométrie ; il paraissait préoccupé par un rendezvous important. Enfin, c'était jour d'élection à l'Académie et M. Zola était candidat au fauteuil d'Alexandre Dumas. Toutefois nous pensons que lés réactions obtenues sont très significatives, surtout parce que ce sont les premières et que l'habitude était forcément nulle.

w La durée des réactions est exprimée en centièmes de seconde par les chiffres placés à gauche du graphique. Les courbes étant établies, comme elles le sont, pour représenter l'allure générale de l'expérience, il faut extraire des chiffres bruts les indications qu'ils renferment.

« La première question à résoudre est celle du temps moyen de ces réactions. Pour l'obtenir nous nous sommes servi du procédé employé par le professeur Beaunis au laboratoire de laSorbonne : il consiste à projeter les réactions sur une verticale. A B et voir comment elles se groupent.

ENQIÈTE MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE

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