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Lombroso sent bien où sa théorie est faible : la rarelé des véritables accidents épileptiques chez le génie. Mais il tourne heureusement la difficulté. « A cet égard, dit-il (p. 486), il est important de remarquer aussi comment, chez ces grands hommes malades, la forme convulsive de Fépilepsie est apparue très rarement ; or, on sait que les épileptiques dont la convulsion est plus rare présentent Téquivalent psychique, qui est ici la création géniale plus fréquente et plus intense. » On n'est pas plus habile.
Enfin, un dernier argument est choisi par Lombroso (p. 487) dans ce fait que l'inspiration ressemble beaucoup à Tépilepsie, « non seulement parce qu'elle s'associe fréquemment à Tinsensibilité dolorifique, non seulement à cause de l'irrégularité du pouls, de l'inconscience souventsomnambulique, de l'instantanéité, de Tintermittence, mais aussi parce qu'elle s'accompagne de mouvements convulsifs, parce qu'elle est suivie souvent d'amnésie, qu'elle est souvent provoquée paj des substances ou par des conditions qui produisent ou augmentent l'hypérémie cérébrale, ou par des sensations puissantes, et parce qu'elle peut se transformer en hallucinations ou leur succéder ».
Parmi les signes de l'inspiration donnés comme analogues aux symptômes de l'épilepsie, il en est qui sont simplement à rejeter, parce qu'ils ne justifient pas le rapprochement. Telles Thypérémie cérébrale et les hallucinations, qui peuvent être associées à Tattaque comitiale, mais qui ne le sont pas nécessairement; telles les inégalités du pouls,
ENQUÈTR MÉDICO-PSVCHOLOGIQLE
r: on suit conibicQ le travail intellectuel influe r lui-même, en dehors de toute épilepsie, sur la culatiori . Tel aussi ce somnambulisme que Lom- 3S0 (p-40) admet sur la foi de certaines relations quelques hommes supérieurs, qui auraient comsé des vers ou résolu des problèmes en rêve, ms le sommeil les préoccupalions persistent et l'est pas étonnant que les poêles fassent des vers
dormant; ce qui est plus curieux, c'est que ces rs soient bons, et il faudrait vérifier de près les ts. Quant à voir là des actes de somnambulisme, chose me parait risquée. Bien plus, le fait serait ouvé que la question ne serait pas tranchée pour la, car s'il est des somnambulismcs qui peuvent lis ou moins légitimement être rattachés à l'épiisie, il on est d'autres qui en sont parfaitement dépendants.
Certains fails cités par Lombroso, par exemple isensibilité à la douleur, Tinconscience, sont des énomènes vulgaires que l'on observe dans toute iention forte, et qui ont été agrandis, défigurés r leur traduction lilléraire. Quand, parexemple, lul Richter (p. 25) dit : « L'homme de génie est à iisieurs égards un véritable somnambule. Dans n rêve lucide il voit ,plus loin que réveillé et il iiche, quoiqu'à tâtons, aux plus hautes cimes
la vérité; qu'on lui enlève son monde fantas- [ue, et soudain il tombe bien bas dans laréalité », sst là de la rhétorique pure qui exprime l'état
distraction dans lequel celui qui médite prondémeut se trouve relativement à tout ce qui Bst pas l'objet de ses spéculations.
Enfin, pour terminer, Lombroso (p. 487) produit quelques documenis littéraires comme dernières preuves. Certaines de ces citations ne sont — et je ne crois pas que Lombroso les ait considérées autrement — que de simples métaphores. Ainsi cette phrase de Paul Bourget (p. 491) : « Pour les Concourt la vie se réduit à une série d'atlaques d'épilepsie entre deux néants ». Dans une autre citation, c'est Dostoïewsky qui décrit, assez exactement pour nous médecins, Tépilepsio. Enfin, est reproduit le portrait de Napoléon par Taine. Le critique met en lumière les qualités d'originalité, d'extension intellectuelle, d'émolivité, d'irritabilité et d'égoïsme de Bonaparle,où Lombroso voit les caractères de l'épilepsie psychique et où je ne constate que des signes de supériorité intellecluelle mêlés à des symptômes que l'on rencontre chez les émotifs et les dégénérés. D'ailleurs, on peut admettre que Dosloïewsky et Napoléon aient été épileptiques. De là à conclure que tous les hommes de génie le sont ou même doivent Tôtre, il y a loin. Il n'est interdit à personne, même aux gens éminents, d'être malade et d'êlrc atteint, par exemple, du morbus sacer, — voilà tout ce que cela prouve.
Je crois donc que la théorie de Lombroso, qui fait du génie une épilepsie larvée, ne résiste pas à une critique quelque peu sévère. Pour prouver cette proposition, il fallait deux choses : 1"* un grand nombre d'observations authentiques, montrant que la plupart des génies étaient éi)ile|>tiques ; 2"" un certain nombre de faits établissant la nature épileptique de la supériorité intellectuelle et no-
î ENQUÊTE SIÉDICO-PSÏCHOLOGIQUE
internais cela la rendra plusnelle, plusadéqaale IX faits, pins 5cienliii<]uc.
C'est pour cela que ceux qui admettent que la ipériorité intellectuelle est souvent alliée à la né- •opalhie — ce qui est probable — doivent s'en iiir à la théorie de Morcau (de Tours] qui ne sera LS atteinte le Jour où l'on aura précisé quelle est
forme de cet état nerveux des hommes de talent '; I contraire, la théorie de Lombroso, qui vise à us de précision, n'a aucun avenir si — comme est admissible — l'épilepsie n'est pas la condition 1 génie. Et l'on ne saurait, je le répète, accepter ilte dernière théorie qu'en étendant le sens du al comiiial, au point de le rendre aussi coni- •éheiisif que la névropathie elle-même ; mais ors pourquoi changer le sens des mots ?
I. Ile même lit comparnison île l'inspiration avec la manie ut être Bcceptde prouiiuirement sans grand inconvénient. Car manie est synonyme d'Iiyperidéation, c'est-à-dire d'un proisus inlellecluel commun i nne foule de cas dissemblables r ailleurs. La comparaison est donc inoltensive.
c'esl-à-dire la pondération, le bon sens. Or, des idées tout opposées ont cours dans le public, ainsi que le pin)uve ce mot, résumant bien Topinion générale^ d'un amideLulli qui disait pour excuser le grand musicien : « Xe Técoulez pas : il n'a pas le sens commun : il n'a que du génie ^ »
il est possible encore qu'on ait généralisé les cas dosartisles, souvent névropathes et qui sont les plus célèbres des hommes de génie, à tous les autres *. Kt puis aussi« la vision originale des sujets exceplionnellement doués choque, autant que certaines conceptions d^aliénès, le bon sens du vulgaire Quoi qu'il en soit, il faut accepter q^e ce.te opinion a èio dC^s Tongine basée sur des fiiîs.
Et. on oîTet* bs obs^rvatîcns dconées jar M>nessiu de Tour>' et p!us tard par Lc-icbr^so sont u >!r.Vrinises. Accumulées, czaime e!Ies le s.fZ,\ din* le^i îivTvsi i:e œs deux auieîirs, elles f: n: Tiiie izr. ' re«- ^iU^n trvs cra-^ie. Mais à Tiiialv^e :•::: s'^zrr*: t i^
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