‹ Émile ZolaChapitre 16 sur 26 · L AERIENNE · texte numérisé non relu

L AERIENNE

Mon frère, refusons le funeste délire Que la fatalité fait naître d'un sourire : Refusons cet amour, pauvre fils du hasard. Ayant pour tout soutien l'échange d'un regard. Gardons-nous qu'il soit dit que le corps nous entraîne ; Gardons-nous de vider d'un trait la coupe pleine, Sans chercher à savoir ce que garde le fond Et si le vase d'or est petit ou profond. Ne jouons pas ainsi nos pleurs à la légère. Avant de nous unir, connaissons-nous, mon frère, Si nous ne voulons point, sur les pas de chacun, Marcher et sangloter du martyre commun.

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