‹ Emile Zola, sa vie-son œuvreChapitre 14 sur 23 · A EMILE ZOLA · texte numérisé non relu

A EMILE ZOLA

Naguère encore Emile *Zola pouvait écrire^sans soulever de récriminations sérieuses, qu'il avait avec lui la jeunesse littéraire. Trop peu d'années s'étaient écoulées depuis l'apparition de l* Assommoir, depuis les fortes polémiques qui avaient consolidé les assises du Naturalisme, pour que la génération montante songeât à la révolte. Ceux-là mêmes que lassait plus particulièrement la répétition énervante des clichés, se souvenaient trop de la trouée impétueuse faite par le grand écrivain, de la déroute des romantiques.

On l'avait vu si fort, si superbement entêté, si crâne, que notre génération malade presque tout entière de la volonté, l'avait aimé rien que pour cette force, cette persévérance, cette crânerie. Même les Pairs, même les Précurseurs, les Maîtres originaux, qui avaient préparé de longue main la bataille> prenaient patience, en reconnaissance des services passés.

Cependant, dès le lendemain de V Assommoir^ de lourdes fautes avaient été commises. Il avait semblé aux jeunes que le Maître, après avoir donné le branle, lâchait pied à l'exemple de ces généraux de révolution dont le ventre a des exigences que le cerveau encourage. On espérait mieux que de coucher sur le champ de bataille ; on attendait la suite de l'élan, on espérait de la belle vie infusée au livre, au théâtre, bouleversant les caducités de l'Art.

Lui, cependant, allait creusant son sillon ; il allait, sans lassitude, et la jeunesse le suivait, raccompagnait de ses bravos, de sa sympathie si douce aux plus stoïques ; il- allait, et les plus vieux et les plus sagaces fermaient dès lors les yeux, yi laient s'illusionner, ne pas voir la charrue du Maître s'emh pber dans l'ordure. Certes, la surprise fut pénible de voir 2 i déserter, émigrcr à Médan, consacrant les efforts — li rs à cette époque — qu'eût demandés un organe de lutte e '«\ffermissement, à des satisfactions d'un ordre infiniment

moins esthétique. N'importe I la jeunesse voulait pardonner la désertion physique de Thomme.Mais une désertion plus terrible se manifestait déjà : la trahison de l'écrivain devant son œuvre.

Zola, en effet, parjurait chaque jour davantage son programme. Incroyablement paresseux à Texpérimentation personnelle, armé de documents de pacotille, ramassés par des tiers, plein d'une enflure hugolique, d'autant plus énervante qu'il prêchait âprement la simplicité, croulant dans des rabâchages et des clichés perpétuels^ il déconcertait les plus enthousiastes de ses disciples.

Puis, les moins perspicaces avaient fini par s'apercevoir du ridicule de cette soi-disant Histoire Naturelle et Sociale d'une amille sous le Second Empire^ de la fragilité du fil héréditaire, de l'enfantillage du fameux arbre généalogique, de l'ignorance, médicale et scientifique, profonde du Maître.

N'importe, on se refusait, même dans l'intimité, à constater carrément les mécomptes. On avait des : « Peut-être auraitil dû... T>, des « Ne trouvez-vous pas qu'un peu moins de... 9, toutes les timides observations de lévites déçus, qui voudraient bien ne pas aller jusqu'au bout de leur désillusion. Il était dur de lâcher le drapeau ! Et les plus hardis n'allaient qu'à chuchoter qu'après tout Zola n'était pas le naturalisme et qu'on n'inventait pas l'élude de la vie réelle, après Balzac, Stendhal, Flaubert et les Concourt ; mais personne n^osaît récrire, celte hérésie.

Pourtant, incoercible, l'écœurement s'élargissait, surtout devant l'exagération croissante des indécences, de la terminologie malpropre des Rougon^Macquart, En vain, excusait-on tout par ce principe émis dans une préface de Thérèse Raquin :

« Je ne sais sLmon roman est moral ou immoral; j'avoue « que je ne me suis jamais inquiété de le rendre plus «u (( moins chaste. Ce que je sais, c'est que je n'ai jamais song à « y mettre les saletés qu'y découvrent les gens moraux; c' st « que j'en ai décrit chaque scène, même les plus fîévreuf s, « avec la seule curiosité du savant. »

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On ne demandait pas mieux que de croire» et même quelques jeunes avaient, par le besoin d'exaspérer le bourgeois, exagéré la curiosité du savant. Mais il devenait impossible de se payer d'arguments :1a sensation nette, irrésistible, venait à chacun, devant telle page des Roagon^ non plus d'une brutalité de document, mais d'un violent parti pris d'obscénité. Alors, tandis que les uns attribuaient la chose à une maladie des bas organes de l'écrivain» à des manies de moine solitaire, les autres y voulaient voir le développement inconscient d'une boulimie de vente, une habileté instinctive du romancier, percevant que le gros de son succès d'éditions dépendait de ce fait, que « les imbéciles achètent les Roagon-Macquart^ entraînés, non pas tant par leur qualité littéraire, que par la réputation de pornographie que la vox popali y a attachée. »

Or, il est bien vrai que 2;ola semble excessivement préoc^ cupé (et ceux d'entre nous qui l'ont entendu causer ne 1 ignorent pas) de la question de vente ; mais il est notoire aussi, qu'il a vécu de bonne heure à l'écart et qu'il a exagéré la continence, d'abord par nécessité, ensuite par principe. Jeune, il fut très pauvre, très timide, et la femme, qu'il n'a point connue à l'âge où Ton doit la connaître, le hante d'une vision évidemment fausse. Puis, le trouble d'équilibre qui résulte de sa maladie rénale contribue sans doute à l'inquiéter outre mesure de certaines fonctions, le pousse à grossir leur importance. Peut-être Charcol, Moreau (de Tours) et ces médecins de la Salpêtrière qui nous firent voir leurs coprolaliques pourraient-ils déterminer les symptômes de son mal... Et, à ces mobiles morbides, ne faut-il pas ajouter l'inquiétude, si fréquemment observée chez les misogynes» de même que chez les tout jeunes gens, qu'on ne nie leur compétence en matière d'amour ?.••

'^uoî qu'il en soit,jusqu'en ces derniers temps encore, on se on itrait indulgent ; les rumeurs craintives s'apaisaient devant u promesse : la Terre. Volontiers espérait-on la lutte du grand li orateur avec quelque haut problème, et qu'il se résoudrait à bandonner un sol épuisé. On aimait se représenter Zola

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vivant parmi les paysans, amassant des docaments personnels, intimes^ analysant patiemment des tempéraments de ruraux, recommençant enfin le superbe travail de l* Assommoir. L*espoir d'un chef-d'œuvre tenait tout le monde en silence. Certes, le sujet simple et largue promettait des révélations curieuses.

La Terre a paru. La déception a été profonde et douloureuse. Non seulement l'observation est superficielle, les trucs démodés, la narration commune et dépourvue de caractéristiques, mais la note ordurière est exacerbée encore, descendue à des saletés si basses que, par instants, on se croirait devant un recueil de scatolog^ie : le Maître est descendu au fond de Timmondice .

Ëhbien! cela termine l'aventure. Nous répudions en ergiquement cette imposture de la littérature véridique, cet effort vers la gauloiserie mixte d'un cerveau en mal de succès. Nous répudions ces bonshommes de rhétorique zoliste, ces silhouettes énormes, surhumaines et biscornues, dénuées de complication, jetées brutalement, en masses lourdes, dans des milieux aperçus au hasard des portières d'express. De cette dernière œuvre du grand cerveau qui lança l Assommoir sur le monde, de cette Terre bâtarde, nous nous éloignons résolument, mais non sans tristesse. Il nous poigne de repousser l'homme que nous avons trop fervemment aimé.

Notre protestation est le cri de probité, le diclamen de conscience de jeunes hommes soucieux de défendre leurs œuvres, — bonnes ou mauvaises, — contre une assimilation possible aux aberrations du Maître. Volontiers nous eussions attendu encore, mais désormais le temps n'est plus à nous : demain il serait trop tard. Nous sommes persuadés que la Terre n'est pas la défaillance éphémère du grand homme,aiais le reliquat de compte d'une série de chutes, Tirrémédiable dépravation morbide d'un chaste. Nous n'attendons pas de lendemain aux Rougon : nous imaginons trop bien ce ~ le vont être les romans sur les Chemins de fer, sur VArm ; le fameux arbre généalogique tend ses bras d'infirme s is fruits désormais !

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Maintenant, qu'il soit bien dit une fois de plus que, dans cette protestation^ aucune hostilité ne nous anime. Il nous aurait été doux de voir le grand homme poursuivre paisiblement sa carrière. La décadence même de son talent n'est pas le motif qui nous guide, c'est Fanomalie compromettante de cette décadence. Il est des compromissions impossibles : le titre de naturaliste» spontanément accolé atout livre puisé dans la réalité, ne peut plus nous convenir. Nous ferions bravement face à toute persécution pour défendre une cause juste ; nous refusons de participer à une dégénérescence inavouable.

C'est le malheur des hommes qui représentent une doctrine, qu'il devient impossible de les épargner le jour où ils compromeltent cette doctrine. Puis, que ne pourrait-on dire à Zola, qui a donné tant d'exemples de franchise, même brutale ? N'a-t-il pas chanté le struggle for life, et le striiggle sous sa forme niaise, incompatible avec les instincts d'une haute race, le struggle autorisant les attaques violentes ? a Je suis une force », criait -il, écrasant amis et ennemis, bouchant aux survenants la brèche qu'il avait lui-même ouverte.

Pour nous, nous repoussons l'idée d'irrespect, pleins d'admiration pour le talent immense qu'a souvent déployé l'homme. Mais est-ce notre faute si la formule célèbre : « un coin de nature vu à travers un tempérament » se transforme, à l'égard de Zola, en «, un coin de nature vu à travers un sertsoriam morbide », et si nous avons le devoir de porter la hache dans ses œuvres? II faut que le jugement public fasse balle sur la Terre^ et ne s'éparpille pas, en décharge de petit plomb,sur les livres sincères de demain.

Il est nécessaire que, de toute la force de notre jeunesse laborieuse, de toute la loyauté de notre conscience artistique, nous adoptions une tenue et une dignité, en face d'une littérature sans noblesse, que nous protestions au nom d'ambitions saines et viriles, au nom de notre culte, de notre amour profond, de notre suprême respect pour VArl I

PAUL BONNETAIN, J.-H. ROSNY, LUCIEN DESGAVES, PAUL MAR- G UTTE, GUSTAVE GUICHES.

rétait une réclame imprévue autant qu'audacieuse, manifeste. Enchantés de la publicité du Figaro que

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leur offrait le téméraire Bonnetain, les quatre exorcistes ne se rendirent pas compte de la singpularité, et aussi de la naïveté de leur anathème . Il leur était permis individuellement, dans des articles isolés, de blâmer, de critiquer Zola. Ils eussent alors fait chorus avec les pompiers des salons et les prudhommes de la presse. Ils se montraient rétrogrades et amis du poncif, mais ils ne s'affirmaient pas comme des étouraeaux voletant à Taventure, et se brisant le bec sur l'armature solide d'an phare éblouissant. Ces écoliers tapag^eurs étaient extraordinaires aussi en donnant à leur opinion la forme d'un manifeste, d'une déclaration de principes, presque d'un programme de parti. Ils semblaient parler au public, au nom de toute la littérature française. On remarquera deux des griefs principaux : Zola avait le tort d'habiter la campagne et de vendre beaucoup d'éditions ! Et puis, n'est-ce pas à poufiFer, cette protestation a au nom d'ambitions saines et viriles)), rédigée par Tonaniste Bounetain, et quel rire doit s'emparer aujourd'hui de Descaves ou de Rosny, quand ils se souviennent qu'ils ont contresigné « la tenue et la dignité )) de la littérature de Chariot s'amuse.

Ce qu'il y avait de plus cocasse dans l'excommuaication, c'est que les cinq n'étaient pas du tout de l'église de Médan. Ils n'avaient pas été admis à l'honneur et à la gloire des fameuses soirées . Ils procédaient comme les sociétaires du club des pieds humides, qui décréteraient que tel membre du Jockey devrait être exclu commeindigne et mal propre. Si les «zolistes )),le groupe des Provençaux amis de la première heure, Baille, Cézanne, Marins Roux, si les peintres et les romanciers célèbres qui, dès l'apparition des Rougon-Macquart, firent une escorte d'honneur à l'auteur, Manet, Guillemet, Alphonse Daudet,

avaient refusé de frayer désormais avec le pornog'raphe de /a Terre, ^ïen^n les disciples mêmes, les cinq de Médao, les vrais Cinq ceux-là, Maupassant,Huysmans,Hennique, Géard, Paul Alexis, avaient renié leur maître,abandonné leur ami, la condamnation aurait pu paraître injuste, absurde, mais ceux qui l'eussent prononcée n'auraient pu être récusés, comme incompétents. Leur juridiction eût été abominable, mais régulière. Ces justiciers eussent paru des ingrats, mais non des réclamistes prétentieux, un peu cyniques. Ces cinq écrivains, alors peu connus, car ils venaient seulement de publier leur premier livre, sans grand éclat, sauf le Chariot qu'on sait, expulsant Zola de la littérature au nom de la morale outragée, c'était vraiment raide, et le fait, comme bizarrerie, mérite d'être conservé.

Emile Zola accepta, avec philosophie, ce sévère et ridicule verdict. Comme un journaliste lui demandait ce qu'il pensait de l'excommunication, il répondit avec la tranquillité de l'archevêque de Paris, à qui des membres de l'armée du salut auraient lancé l'anathème et refusé la communion :

— Je ne sais, dit-il au rédacteur du GU-Blas venu l'interviewer à Médan, ce qu'on pense, à Paris, de cette protestation, qui m'a valu un grand nombre de lettres très bienveillantes de la part de confrères; mais je sais que, pour ma part, j'en ai été stupéfié. Je ne connais pas ces jeunes gens... Ils ne font pas partie démon entourage ; ils ne se sont jamais assis à ma table ; ils ne sont donc pas mes amis. Enfin, s'ils sont mes disciples, — je ne cherche point à en faire, — c'est bien à mon insu.

"'ais, n'étant ni mes amis, ni mes disciples, pourquoi me re idient-ils ? La situation est originale, il faut en convenir. C" }t le cas d'une femme avec qui vous n'auriez aucune re tion, et qui vous écrirait : (c J'en ai trop de vous, sépare -nous 1 » Eh bienl la position est analogue...

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Ah I si des amis m'avaient tenu un tel langage !.. . Si Manpassant, HuysmanSyCéard, m'avaient parlé de la sorte, j 'avoue que j'eusse été quelque peu estomaqué. Mais la déclaration de ces messieurs ne saurait me produire un tel effet ! Je n'y répondrai du reste absolument rien, et cette détermination se trouve fortifiée par les conseils qui m'ont été donnés de toutes parts.

Il écrivit à J.-K. Huysmans, le 21 août 1887 :

Tout cela est comique et sale. Vous savez ma philosophie au sujet des injures. Plus je vais et plus j'ai soif d'impopularité et de solitude. ..

A Alphonse Daudet, qui avait été indiqué, à tort» comme ayant sinon inspiré, au moins approuvé le manifeste des Cinq,' il écrivit :

Mais jamais, mon cher Daudet, jamais je n*ai cru que vous ayez eu connaissance de l'extraordinaire manifeste des Cinq.... le stupéfiant, c*est que de victime, voua m'avez fait coupable, et qu'au lieu de m'envoyer une poignée de main^ vous avez failli rompre avec moi • Avouons que cela dépassait un peu la mesure...

Zola dédaigna donc de répliquer ou de réfuter. Mais on a répondu pour lui. Pour donner idée de la vivacité de la polémique d'alors, et, en choisissant entre vingt ripostes, également vigoureuses, au factum des Cinq, je citerai un passage du très virulent mais très juste réquisitoire, qu'en guise de plaidoyer Henrî Bauer publia. Cet article vengeur parutdans le lléve il yorgsine littéraire dont j'avais la direction, et où, on s'en souvient peut-être, Paul Verlaine oublié, calomnié, ou repoussé, fut accueilli, reparut à la publicité ; là il donna des tableaux et s fantaisies, sous la rubrique: « Paris vivant », qui, af s dix ans Je silence, firent de nouveau prononcer son n , bientôt retentissant et glorieux.

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Dans ce joarnal, très artiste, ou Alphonse Daudet publia Saphoy et Guy de Maupassant plusieurs nouvelles inédites, parmi lesquelles les Sœars RondoUi^ et où Paul Bonnetain avait débuté, Henry Bauer s'exprima ainsi, avec cette franchise brutale qui lui valut en maintes circonstances beaucoup d'ennemis, mais qui caractérisait son talent sincère et indépendant :

Tant pis pour Bonnetain ! Tant pis pour Descaves ! Vous avez fait là, mes garçons, une vilaine besogne qui se retournera contre vous-mêmes. Vous avez oublié.que le peu que vous êtes, vous leluidevei ; vous n'existez que par lui. Tout, votre forme, votre style, votre vocabulaire, vos images, vos idées procèdent de son œuvre, et vos pattes de mouches sont frottées à sa griffe. Vous êtes bien jeunes pour être ingrats. Apprenez, mes petits, que toute la littérature contemporaine a pris son essor dans ces Roagon-Macqaart c ridicules ». Vous mordez les talons du père qui vous a tous engendrés et vous essayez d'ameuter le Philistin contre votre créateur, gare à la mâchoire d'âne !

La correction était infligée de main de maître. Les quatre, car l'instigateur de la réclame cherchée disparut bientôt, ont depuis fait oublier cette incartade de jeunesse à force d'œuvres estimables.

L'un des {signataires devait d'ailleurs, par la suite, faire des excuses publiques qui honorent également celui qui les formulait si spontanément et celui qui les acceptait avec une généreuse effusion.

M. Paul Margueritte écrivit à Zola, au moment de la publication de la Débâcle^ la lettre suivante.

9 mars 1892.

Cher monsieur Zola, l'est avec émotion que je vois la division Margueritte et le n i démon père jouer un rôle dans la Débâcle. Je pressens q vous serez sympathique aux efïorts perdus de cette belle

cavalerie et à la mort de son chef, sacrifie avec tant d'autres à Sedan.

Laissez-moi saisir cette occasion — je n'en pourrai trouver une meilleure — pour me décharger auprès de vous, en toute franchise, d'un regret qui me pèse depuis longtemps. En m'associant^ il y a quelques années^ à ce manifeste contre vous, j'ai commis une mauvaise action dont mon extrême jeunesse m'empêcha alors de comprendre la portée, mais dont j'ai eu quelque honte depuis, lorsque j'ai mieux compris le respect qu^on se doit, d'homme à homme, et que je devais surtout^ moi débutant de lettres et fils de soldat, à une vie d'écrasant labeur, de fier combat et d'exemple, comme la vôtre.

Il y a longtemps, cher monsieur Zola, que je voulais vous écrire cela. En tardant, je n'ai fait que prolonger mes regrets et la conscience de mes torts. Voudrez-vous bien accepter ces excuses aussi franchement et complètement que je vous les offre ?

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