V. >Émiîie/les yeux baignés de pleuFs
•' legàrdâitjxlétemps -en temps sa .mère»
• - . . * et^ voyait changer de couleur, toutes • fe fois gû’elleoraignaitMjé voir madame Nëville s’évanouir : elle ne faisait . ~ - ■ -* . ~ "■ ■
entendre aucun parole; mais une émo-tion soudaine trahissait ses craintes.
x Madame Wyndham s’en aperçu t, et lui fit sighede la main de ne point se lever ; puis , par un effort extraordinaire L -4p courage/: elle dit avec calme : —
; Je ne veux point troubler le repos de .--Votre âme y ma chère amie ! — Puisse *'■. Dieu m’en accorder autant à l’heure de.
ma moçt ! ' ~ V . ; : . ;
Il semblait que ees paroles eussent. - ; porté là mort dans le /tendre cûeur
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d’Emilie; elle se cacha le visage dans /• ses mains et répandit un torrent de lar- ' .
mes. Pendant ce temps-là, madame Wyndham etM mc Neville se regardaient l’une l’autre; mais elles ne s’apercevaient point de l’émotion d’Émilie, qui se hâta de surmonter sa douleur pour encourager par son exemple, l’admira- :
ble fermeté de sa mère. Lorsqu’elles , eurent toutes repris un peu leurs esprits, M me Neville dit :
Encore quelques mots, quoiqu’il m’en coûte de vous chagriner. Je quitterais ce monde avec plaisir, mais un seul regret m’en empêche, ma petite Charlotte!... Elle se tut, et M me Wyn- 1 dham la regarda d’un air attendri.
M rae Neville. Elle est si jeune, qu’elle ne pleurera pas longtemps ma perte;
* ajflw.
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'•Q&; r~ t * ÉMILIE. - . • ‘ .
v J. elle l’aura bientôt oubliée. Mais hélas!*. ■
** dans la suite, comme elle la sentira ■ • • ; :< cruellement! La perte d’une mère pour .. une fille est infiniment plus grande '
. qu’elle; ne peut se le figurer.
: *•:<■ M me Wyndham. Ah, Charlotte! n’ayez-vous pas une amie à qui vous puis- > siez confier ce pieux et sacré dépôt? '
• -M me Neville. Oui, cela est vrai; mais - voudra-t-elle, pourra-t-elle se char- ’ • gër.,. .. '' •' - V
M me Wyndham. Pouvez -vous en douter, n’avez-vous pas lu dans mon cœur?
M me Neville, Je n’en ai jamais douté f; v ' mais vous avez ‘tant de devoirs, tant < d’obligations..., ,v v .*7
M me Wyndham. Multiplier nos obli- . , gâtions-, c’est multiplier les sources de noire bopheur çt de nos jouissances, r .
••vt*. **- V,*,
* -T^ • — - -xjr >
• Si
- *0. lorsque nous savons nous en acquitter *
• . :* ^convenablement. Et puis, voilà Emilie ... ; ■*■- ? qui cesse d’être un enfant; je ne doute .* *-'• pas qu’elle né prenne plaisir à parta-
ger avec moi le soin d’élèver et d’ins-
•>,’ trrnre votre chère enfant.
»V, Émilie se leva précipitamment et se ' ■ jeta à genoux devant sa mère .et ma- ’ **
' dame Neville : — « Ecoute-moi, ma- * .
man, s’écria-t-elle d’un ton plein d’émo- •tion ; permets-moi, car je n’ose rien faire . sans ton approbation, permets- moi de promettre que je servirai de- mère à ma „ petite Charlotte. Je suis jeune, il est vrai; mais mon cœur, au milieu de - cette scène touchante, a fait des progrès plus rapides et plus réels que ceux qu’auraient pu lui faire faire l’expérience des années. Je promets, mon
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cteur promet avec moi, de l’aimer 1eh-' v • ; : : drement, d’avoir pour elle des àtteri- ^
plions sans bornes! ». . - , . - . v r . ' * M®?;iSeville, attendrie jusqu’aux lar- - •
' ’mesj pressa affectueusement la main; . .
* dp cette charmante enfant, tandis que*. ’ • sa mère la tenait tendrement contre .
' * son sein: « Mais, Émilie, dit celle-ci, '
* . s’efforçant dé bâcher son émotion, pën* "\
V sés-tu. sérieusement à ce que tu dis?
• sôhge que ta situation peut changer; ; ‘ ~ et albrs, serais-tu capable de tenir ta * •
1* promesse?^» /' .
Émilie. Àh! maman, je serais sa mère! et qui sait mieux que toi, toute /; * J’étendue des devoirs qu’impose ce beau. - •noml Si je suis heureuse, Charlotte par- 5 tagera mon bonheur; si je Suis malheu- j reuse, refuserait-elle de prendre part * 1
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. àtoès peines? oh! nôn, j’etr suis bien i- , sûrev il faudrait qu’elle né fût pas joaar .
. . T M me Wyndhmi. Je suis cûnvaincüét: <■*.?
• îl ne s’agit plus .maintenant que d’oln **. tenir l'approbation de M* e Neville. — ;
Il est vrai, ma chère 'Charlotte^ qu’É 1 *. ^-. rnilie est jeune, mais son cœur est borr, /
.„*■ -et votre chère enfant sera encore sous .
” mes yeux’/. ; ; \ ‘ ; *V i
M me: Neviuæ. Oh! ne me faites pas .
.* l’injustice de croire que j’hésite un . ; .*sêul instant. . Cette, conversation a,
‘ * soulagé mon cœur d’un, ppsant farv * d'eau. Mais, mes deux chères amies,
* où trouver des ‘ expressions ..-pour * . vous témoigner toute îpa reconnais-
v sande? -y . v * <; ; ^ v -‘ .
. . - M me - Wyndham. Cessez,*: ma - chère
* ami^ cessez, je tous en prie, de teôk^. . : . Y ' avec » nous un ’ pareil langage. N$' , :
- ^nbus parlez jamais de,. <5es réméré!^* v •
" V“ ménts. , Mais , cette conversation nous . . . Ÿ . % trop vivement affectées / les /unes * ' - .'et- les autres. Va, Émilie, faire,. un Y.
;* tour de jardin et jrevjens avec tes
\ * - *> . •' ■’ ■ * <• , .■*< . sœurs... ; . v , ’•
' . v Emilie obéit,-., et revint' au. bout -
(fun .'quart d’heure ^avec- , Hélène /
; Maria et la petite . Charlotte qu’elle': .
. "tenait par la main. Madame Wyndham '•
; .la pria de Jes conduire à la maison^; . ■
d’en prendre - soin ^elle-même , et de. * *
1 dire \à M. ’Wyndham qu’elle passe- \ f
rait de* reste- de ' k - journée- avec
M me Neville^ Les enfants prirent donc :
congé de leur mère, et aussitôt qu’ils' ‘ * >
. furent dans la toiture, .Emilie prit
.?>.* ’•* > ji&mîÉ, M
-V - la petite Gharlolte sur ses genoux. Elle.
Fembrassa de la manière la plus affecf ;.V’ tueuse ; et lui ayant demandé, scelle- .renierait toujours, elle . eut la satis^ '*•
. ; . * faction dé l’entendre .répondre que * ce serait toujoiirs un plaisir pour. elle. - • ’
[le
rérnv * ' -
. Ira au logis,:- elte étéit sérieuse, i mais' iïç > laissait paraître aucune "marqua.?;. ' '
• , ' .de tristesse. L’afTectioh qu’allé avait .. pour son mari ét ses ehfarifs, ne lui permettait pas de troubler leur joie, en s’abandonnait à la douleur que lui.
•(aisaient éprouver intérieurement les ■
. progrès toujours croissants !de la ma- .
ladie. de - son amie; Elle se - prêta -
• ^ : ellê-mèoie'à'Jeurs jeux innocenté; et r' , tôndis qu’ils ' étaient assis autour de : -*•
•;/Jq table se livrant à leurs occupations, * :
- . ordinaires, elle- se serait bien gardée — . de laisser -échapper' le moindre soir* pir ^ dans la crainte de faire passer * la tristesse dans le cœur de ses tendres ^ - ' :
. amies. . *
: ; Emilie .avait coutume v le , soir, de ' prendre sa leçon tfq français; elle li-, sait'd’histoire de f Charles XII, roi de '• Suède, écrite en cette langue, et .ar- .
riva enfin à un passage très intéressant * • , qtfe M®* Wyndham, sui Yànt son usagé, .
la pria de relire en anglais, ce qu’elle “ fit de la méilléure grâce du monde, et / sans presquë éprouver aucune tjÜfflV ‘ culté. . il * -V! I* •
-M. Wyndham. Emilie a fait des pro~ *
• grès; elle lit certainement mieux le V français qu’elle ne faisait il ÿ a quel- . •.
1 ; ' t que temps, et le traduit avec assez d’esprit et de facilité. C’est un grand A • : . point, dans une langue qu’on apprend.
; . : Xes petites phrases dont l’usage se re- ’*•»
; produit à chaque instant, et Ta conver- *' j . ^ sation proprement dite, peuvent bien .
avoir leur agrément, quelquefois même . "
. leur utilité; mais une langue n’est ja-
• '.mais bien connue, et l’on n’en relire ja- ... :
^ mais tous les avantages, que lorsqu’on A - / . est en état de la traduire librement et
sans difficulté. * . *
M me Wyndham. Je suis parfaitement
de votre avis : et je me plais à croire qu’ Arthur étudiera le latin, dans le >.
même esprit.
’’ M. Wyndham. Je l’espère : il n’a ; »
Digil
Se.»
jSN ; i >
; ’V V’ Emilie ... ; t*, : ‘ >r*,
‘ -• * ** - - • wT v
'■ »déjà plus besoin de faire la construction, et il commence à traduire. D’au-
V tant plus que ce que je viens de dire, t: 7 s’applique plus particulièrement aux.
langues mortes qu’aux langues vivan-
• - tés. ‘ .
1 ~ * Hélène. Papa, qu’est-ce que tu enù' % . tends par une langue motte ? r.'
ï V . V "M. Wyn dhàm. C’est une langue, ma’ - chère amie, qui n’est plus parlée par aucune nation. Le latin et le grec . 'I étaient primitivement les langues en . : usage parmi la plupart des peuples du
* • continent. Mais maintenant elles ne
c • \ sont plus guère en vigueur que parmi , . . les savants; ce qui fait qu’on les ap-
pelle langues mortes. Une langue vivante est celle qui est parlée commu* némenl par tout le monde. Tels sont
Digitizecitjy ‘
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• • «W . • . ' JL ‘ -/ •
v éjmlïe. • Kpt '
.aof6ürà3buf le français, yanglaiS/Tîta- -
' lien, l’espagnol, et quelques autres en- V
• ' • , « * < . . •» * ■ . . • ' eôre,:' v -V • .• *•, ..-•••• ,
Hélène. M erci, papa, je conçois très- : ' bien maintenait.. . v ' * : > V,.’
* * \M. Wyndua’*!. Tu as raison dé‘ de- . mander,' ma chères enfant. Ne crains v jamais de te foire expliquer ce ! que tu - **
. n’eûtends pas<r* v ..* ï y . „ -\ . ..
• /l? ft et M*" 6 Wyhdham passèrent le . reste de la soirée à s’entretenir de ce
*qui s’était passé durant la journée. Ma- ' .
• dame Wyndham retraça, aussi bien :
• . que son émotion pouvait le lui ‘ per- . mettre , la conduite d’Emilie chez ma- \dame Neville^et tous deux, dans un mutueh épanchement de leur cœur, s’applaudirent des aimables et heurèu- *1. $es dispositions, de leurs enfants. Quel
jj • bonheur pour ceux-ci, de faire ainsi ^ les délices de Meurs parents! mais 4 . ' | * qu’ils sont malheureux, qu'ils sônt v à . . plaindre, ceux qui abreuvent de fiel et- ' •
• ; d’amertume le cœur d’un père et Ew * d’une mère qui les aiment trop tendre- • • ment! v ^ M >•> •
Le lendemain matin, lorsque les K'V , . enfants eurent fait leur promenade .. accoutumée, Emilie vint chercher VsâV . .
mère, qu’elle avait été surprise de ne . -, r •> . . ' point trouver dans la salle à manger: .