‹ Émilie ou La bonne soeur histoire moraleChapitre 10 sur 26 · V. >Émiîie/les yeux baignés de pleuFs · texte numérisé non relu

V. >Émiîie/les yeux baignés de pleuFs

•' legàrdâitjxlétemps -en temps sa .mère»

• - . . * et^ voyait changer de couleur, toutes • fe fois gû’elleoraignaitMjé voir madame Nëville s’évanouir : elle ne faisait . ~ - ■ -* . ~ "■ ■

entendre aucun parole; mais une émo-tion soudaine trahissait ses craintes.

x Madame Wyndham s’en aperçu t, et lui fit sighede la main de ne point se lever ; puis , par un effort extraordinaire L -4p courage/: elle dit avec calme : —

; Je ne veux point troubler le repos de .--Votre âme y ma chère amie ! — Puisse *'■. Dieu m’en accorder autant à l’heure de.

ma moçt ! ' ~ V . ; : . ;

Il semblait que ees paroles eussent. - ; porté là mort dans le /tendre cûeur

if>

d’Emilie; elle se cacha le visage dans /• ses mains et répandit un torrent de lar- ' .

mes. Pendant ce temps-là, madame Wyndham etM mc Neville se regardaient l’une l’autre; mais elles ne s’apercevaient point de l’émotion d’Émilie, qui se hâta de surmonter sa douleur pour encourager par son exemple, l’admira- :

ble fermeté de sa mère. Lorsqu’elles , eurent toutes repris un peu leurs esprits, M me Neville dit :

Encore quelques mots, quoiqu’il m’en coûte de vous chagriner. Je quitterais ce monde avec plaisir, mais un seul regret m’en empêche, ma petite Charlotte!... Elle se tut, et M me Wyn- 1 dham la regarda d’un air attendri.

M rae Neville. Elle est si jeune, qu’elle ne pleurera pas longtemps ma perte;

* ajflw.

if ir* ■ « '

'•Q&; r~ t * ÉMILIE. - . • ‘ .

v J. elle l’aura bientôt oubliée. Mais hélas!*. ■

** dans la suite, comme elle la sentira ■ • • ; :< cruellement! La perte d’une mère pour .. une fille est infiniment plus grande '

. qu’elle; ne peut se le figurer.

: *•:<■ M me Wyndham. Ah, Charlotte! n’ayez-vous pas une amie à qui vous puis- > siez confier ce pieux et sacré dépôt? '

• -M me Neville. Oui, cela est vrai; mais - voudra-t-elle, pourra-t-elle se char- ’ • gër.,. .. '' •' - V

M me Wyndham. Pouvez -vous en douter, n’avez-vous pas lu dans mon cœur?

M me Neville, Je n’en ai jamais douté f; v ' mais vous avez ‘tant de devoirs, tant < d’obligations..., ,v v .*7

M me Wyndham. Multiplier nos obli- . , gâtions-, c’est multiplier les sources de noire bopheur çt de nos jouissances, r .

••vt*. **- V,*,

* -T^ • — - -xjr >

• Si

- *0. lorsque nous savons nous en acquitter *

• . :* ^convenablement. Et puis, voilà Emilie ... ; ■*■- ? qui cesse d’être un enfant; je ne doute .* *-'• pas qu’elle né prenne plaisir à parta-

ger avec moi le soin d’élèver et d’ins-

•>,’ trrnre votre chère enfant.

»V, Émilie se leva précipitamment et se ' ■ jeta à genoux devant sa mère .et ma- ’ **

' dame Neville : — « Ecoute-moi, ma- * .

man, s’écria-t-elle d’un ton plein d’émo- •tion ; permets-moi, car je n’ose rien faire . sans ton approbation, permets- moi de promettre que je servirai de- mère à ma „ petite Charlotte. Je suis jeune, il est vrai; mais mon cœur, au milieu de - cette scène touchante, a fait des progrès plus rapides et plus réels que ceux qu’auraient pu lui faire faire l’expérience des années. Je promets, mon

vT

'tfr > -

r * " » VV

; ;Æ;v : ;•' . -.r.-Jf-v c> '*

cteur promet avec moi, de l’aimer 1eh-' v • ; : : drement, d’avoir pour elle des àtteri- ^

plions sans bornes! ». . - , . - . v r . ' * M®?;iSeville, attendrie jusqu’aux lar- - •

' ’mesj pressa affectueusement la main; . .

* dp cette charmante enfant, tandis que*. ’ • sa mère la tenait tendrement contre .

' * son sein: « Mais, Émilie, dit celle-ci, '

* . s’efforçant dé bâcher son émotion, pën* "\

V sés-tu. sérieusement à ce que tu dis?

• sôhge que ta situation peut changer; ; ‘ ~ et albrs, serais-tu capable de tenir ta * •

1* promesse?^» /' .

Émilie. Àh! maman, je serais sa mère! et qui sait mieux que toi, toute /; * J’étendue des devoirs qu’impose ce beau. - •noml Si je suis heureuse, Charlotte par- 5 tagera mon bonheur; si je Suis malheu- j reuse, refuserait-elle de prendre part * 1

Qigitized by Googlcl

,m :tï *

- ’ V .'V * Mlïâ. ' v .\ ■•

. àtoès peines? oh! nôn, j’etr suis bien i- , sûrev il faudrait qu’elle né fût pas joaar .

. . T M me Wyndhmi. Je suis cûnvaincüét: <■*.?

• îl ne s’agit plus .maintenant que d’oln **. tenir l'approbation de M* e Neville. — ;

Il est vrai, ma chère 'Charlotte^ qu’É 1 *. ^-. rnilie est jeune, mais son cœur est borr, /

.„*■ -et votre chère enfant sera encore sous .

” mes yeux’/. ; ; \ ‘ ; *V i

M me: Neviuæ. Oh! ne me faites pas .

.* l’injustice de croire que j’hésite un . ; .*sêul instant. . Cette, conversation a,

‘ * soulagé mon cœur d’un, ppsant farv * d'eau. Mais, mes deux chères amies,

* où trouver des ‘ expressions ..-pour * . vous témoigner toute îpa reconnais-

v sande? -y . v * <; ; ^ v -‘ .

. . - M me - Wyndham. Cessez,*: ma - chère

* ami^ cessez, je tous en prie, de teôk^. . : . Y ' avec » nous un ’ pareil langage. N$' , :

- ^nbus parlez jamais de,. <5es réméré!^* v •

" V“ ménts. , Mais , cette conversation nous . . . Ÿ . % trop vivement affectées / les /unes * ' - .'et- les autres. Va, Émilie, faire,. un Y.

;* tour de jardin et jrevjens avec tes

\ * - *> . •' ■’ ■ * <• , .■*< . sœurs... ; . v , ’•

' . v Emilie obéit,-., et revint' au. bout -

(fun .'quart d’heure ^avec- , Hélène /

; Maria et la petite . Charlotte qu’elle': .

. "tenait par la main. Madame Wyndham '•

; .la pria de Jes conduire à la maison^; . ■

d’en prendre - soin ^elle-même , et de. * *

1 dire \à M. ’Wyndham qu’elle passe- \ f

rait de* reste- de ' k - journée- avec

M me Neville^ Les enfants prirent donc :

congé de leur mère, et aussitôt qu’ils' ‘ * >

. furent dans la toiture, .Emilie prit

.?>.* ’•* > ji&mîÉ, M

-V - la petite Gharlolte sur ses genoux. Elle.

Fembrassa de la manière la plus affecf ;.V’ tueuse ; et lui ayant demandé, scelle- .renierait toujours, elle . eut la satis^ '*•

. ; . * faction dé l’entendre .répondre que * ce serait toujoiirs un plaisir pour. elle. - • ’

[le

rérnv * ' -

. Ira au logis,:- elte étéit sérieuse, i mais' iïç > laissait paraître aucune "marqua.?;. ' '

• , ' .de tristesse. L’afTectioh qu’allé avait .. pour son mari ét ses ehfarifs, ne lui permettait pas de troubler leur joie, en s’abandonnait à la douleur que lui.

•(aisaient éprouver intérieurement les ■

. progrès toujours croissants !de la ma- .

ladie. de - son amie; Elle se - prêta -

• ^ : ellê-mèoie'à'Jeurs jeux innocenté; et r' , tôndis qu’ils ' étaient assis autour de : -*•

•;/Jq table se livrant à leurs occupations, * :

- . ordinaires, elle- se serait bien gardée — . de laisser -échapper' le moindre soir* pir ^ dans la crainte de faire passer * la tristesse dans le cœur de ses tendres ^ - ' :

. amies. . *

: ; Emilie .avait coutume v le , soir, de ' prendre sa leçon tfq français; elle li-, sait'd’histoire de f Charles XII, roi de '• Suède, écrite en cette langue, et .ar- .

riva enfin à un passage très intéressant * • , qtfe M®* Wyndham, sui Yànt son usagé, .

la pria de relire en anglais, ce qu’elle “ fit de la méilléure grâce du monde, et / sans presquë éprouver aucune tjÜfflV ‘ culté. . il * -V! I* •

-M. Wyndham. Emilie a fait des pro~ *

• grès; elle lit certainement mieux le V français qu’elle ne faisait il ÿ a quel- . •.

1 ; ' t que temps, et le traduit avec assez d’esprit et de facilité. C’est un grand A • : . point, dans une langue qu’on apprend.

; . : Xes petites phrases dont l’usage se re- ’*•»

; produit à chaque instant, et Ta conver- *' j . ^ sation proprement dite, peuvent bien .

avoir leur agrément, quelquefois même . "

. leur utilité; mais une langue n’est ja-

• '.mais bien connue, et l’on n’en relire ja- ... :

^ mais tous les avantages, que lorsqu’on A - / . est en état de la traduire librement et

sans difficulté. * . *

M me Wyndham. Je suis parfaitement

de votre avis : et je me plais à croire qu’ Arthur étudiera le latin, dans le >.

même esprit.

’’ M. Wyndham. Je l’espère : il n’a ; »

Digil

Se.»

jSN ; i >

; ’V V’ Emilie ... ; t*, : ‘ >r*,

‘ -• * ** - - • wT v

'■ »déjà plus besoin de faire la construction, et il commence à traduire. D’au-

V tant plus que ce que je viens de dire, t: 7 s’applique plus particulièrement aux.

langues mortes qu’aux langues vivan-

• - tés. ‘ .

1 ~ * Hélène. Papa, qu’est-ce que tu enù' % . tends par une langue motte ? r.'

ï V . V "M. Wyn dhàm. C’est une langue, ma’ - chère amie, qui n’est plus parlée par aucune nation. Le latin et le grec . 'I étaient primitivement les langues en . : usage parmi la plupart des peuples du

* • continent. Mais maintenant elles ne

c • \ sont plus guère en vigueur que parmi , . . les savants; ce qui fait qu’on les ap-

pelle langues mortes. Une langue vivante est celle qui est parlée commu* némenl par tout le monde. Tels sont

Digitizecitjy ‘

^ r 'fi

• • «W . • . ' JL ‘ -/ •

v éjmlïe. • Kpt '

.aof6ürà3buf le français, yanglaiS/Tîta- -

' lien, l’espagnol, et quelques autres en- V

• ' • , « * < . . •» * ■ . . • ' eôre,:' v -V • .• *•, ..-•••• ,

Hélène. M erci, papa, je conçois très- : ' bien maintenait.. . v ' * : > V,.’

* * \M. Wyndua’*!. Tu as raison dé‘ de- . mander,' ma chères enfant. Ne crains v jamais de te foire expliquer ce ! que tu - **

. n’eûtends pas<r* v ..* ï y . „ -\ . ..

• /l? ft et M*" 6 Wyhdham passèrent le . reste de la soirée à s’entretenir de ce

*qui s’était passé durant la journée. Ma- ' .

• dame Wyndham retraça, aussi bien :

• . que son émotion pouvait le lui ‘ per- . mettre , la conduite d’Emilie chez ma- \dame Neville^et tous deux, dans un mutueh épanchement de leur cœur, s’applaudirent des aimables et heurèu- *1. $es dispositions, de leurs enfants. Quel

jj • bonheur pour ceux-ci, de faire ainsi ^ les délices de Meurs parents! mais 4 . ' | * qu’ils sont malheureux, qu'ils sônt v à . . plaindre, ceux qui abreuvent de fiel et- ' •

• ; d’amertume le cœur d’un père et Ew * d’une mère qui les aiment trop tendre- • • ment! v ^ M >•> •

Le lendemain matin, lorsque les K'V , . enfants eurent fait leur promenade .. accoutumée, Emilie vint chercher VsâV . .

mère, qu’elle avait été surprise de ne . -, r •> . . ' point trouver dans la salle à manger: .

Page 1