V. M me Wyndham était presque habillée
- - — « Bonjour, ma chère maman, dit . * ' .
Emilie en entrant dans la chambre. Je craignais que tu ne fusses mal à ton >?
K\ aise ce matin, ne te voyant pas levée * d’aussi bonne heure qu’à l’ordinaire. « .
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M mc WïNDiiAiii- Je te remercie, ma , * .
^ ^ ^ “ * * ■’ • v*' • chère amie ; je approuve aucun ma- - ;
, laise physique; seulement, n’ayant pas * -,
, ' bien dormi la nuit, je me trouvais as- V . . . . *
. soupie ce matin, à l’heure où j’aurais .
dû me lever.
Emilie. Mais il me semble, maman,
• * que tu nés pas parfaitement bien; si "
mon papa voulait me permettre de , j faire son déjeûner r .tu n’aurais pas^be- , soin de te loyer.
» \ t .^M^ Wyndii.ui. Il ne s’v. opposerait
point, j’en suis sûreyma bien- aimée :
mais je ne le désire ,pas p je serai par- . „
' ■ - faitement 'à mùn ^ise quand j’aurai r. . déjeûné. <*; ^ • :V- . . -
- * Emilie, Mais; maman, j’ai bien peur - * . que tu.ijô te fatigues trop à nous prodi- -v guer tes sôms. ■ . > .
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. -64 --v émilie. - • • \'\ f
M mc Wyndiiam. Tu es trop prompte . /• w à t’inquiéter, ma chère amie, je ne suis • 7/V 1 nullement indisposée. Ce qui m’a epi- /• pêchée de dormir, c’est seulement un : ï i ' - malaise d’esprit, auquel je ne saurais . - ; mieux faire diversion qu’en m’occupant ’ .de vous. s}-. * £ *s.,v •• **
*• Emilie. Ah, maman!
• , , ? M me Wyndham. Quoi, ma fille! dis sans crainte ce que tu penses.
'% Emilie. Je. ne sais pas s'il me con- / vient de le faire dans cette circon- * > ; stance. Je crains de pénétrer trop avant . /
t; dans des choses qui devraient être sa-
créés pour moi : ton chagrin et ton * • •
. silènce.,;. . .jS
. jh— *•-
M me Wyndiiam. Non, ma chère, de- ■ ■ . 7 7
puis la preuve que tu m’as donnée de
la sensibilité, et de la bonté de ton -
cœur, je ne te considère plus; comme une enfant; mais tu mérites, d’être appelée mon amie : parle- donc sans hésiter. ü~ < : .y V.. 1 - *î >
Emilie ( baisant les 'mains de sa mère). De quelle reconnaissance* ce. titre me pénètre ! ah, si jamais je m’en rendais indigne, quelle peine serait aSr
sez grande pour m f en punir? - V*
Wynpham. Tù la trouverais dans
ton cœtfr; *- ‘t-
: * v ‘E hiiltê. Mais,. maman, permets- moi -alors de te demander comment if est possible que tu conservé lalranquillité, le repos de ton âme; quand je suis sûre que lu souffres?' Moi; qûand j’ai du chagrin, je verse des' larmes et je suis incapable de rietf faire.
M mc Wynduam. Cependant , - Emilie ,
tu ne te laisses pas abattre comme - • M llc Somerville. 'O
Emilie. Cela est vrai, maman : lors- V .
que son petit frère était malade, elle-- V restait; toiïtê la joûrhée sur ûn lit; elle , pleurait, ne prenait aucune nourriture,; et ne cessait de répéter qu’elle v mour- , rait de douleur'* '. * \ ' : .o: r .. i r-
M me Wyndhabi. Pendant ce temps;- * • :
là, M me Somerville était. assise au che- • yet de son fils» malade, elle ne le per^' •. . : .dait pas de vue. un seul instant, pas même pour prendre du repos. 'Elle ^ s’oubliait entièrement pour.: ne songer qu’à lui; il n’y avait personne sUr qui . * elle pût se reposer du ; sofii de son fils,"-. Dis-moi,- Emilie y si tu avais été à la - '
place de M lIe Somerville.- qu’aurais-tu fait? ^ - ■*-.
; : ÉWILIE.f.: ’ -v67%?*'
Emilie. Certainement, j’aurais sur- f\ - .. monté ma douleur, et cherché à aider, V - : - **• - à consoler ma mère. r x
M mc Wyndham. Je n’en doute pas, ^
. ma bien -aimée. Ainsi donc, tu vois ~ V .
; * qu’aux yeux d’un esprit sain, le sen- \ ; •C* liment du devoir doit l’emporter sur % celui de la douleur, et que nous ne . - devons jamais nous abandonner à l’un aux dépens de l’autre. M lle Somerville .
/ a vécu longtemps avec une de ses taules, qui a encouragé et fortifié en elle cette sensibilité nerveuse que tu . :
lui as remarquée; de là vient que son :
esprit est si faible, que ses larmes cou- \ 1 • .lent avec tant de facilité; elle ne cherr *’ cbe point à les retenir, elle s’en fait ,
- môme une espèce de mérite; aussi elle est sans énergie, et n’est capable .
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que d’affaiblir le courage de ses amies.
C’est de celte extrême sensibilité que je veux te défendre, de celte sensibilité qui prend sa source dans nos meilleurs sentiments, mais qui dégénère en faiblesse, avant que nous ayons pu nous en apercevoir, si nous nous y abandonnons sans contrainte.
Emilie. Ah, maman! je n’ai pas à craindre de tomber dans celte erreur, tant que je te prendrai pour modèle.
M me Wyndham. Je ne négligerai rien
du moins, pour ne te donner que de
bons exemples; c’est le devoir d’une >
mere.
Après le déjeûner, M mc Wyndham envoya un domestique savoir des nouvelles de la santé de M mc Nèville, et apprit avec plaisir qu’elle se trouvait
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• -f - un peu mieux. En conséquence elle
proposa à M. Wyndliam d’aller passer . '• ^ .l’après-midi chez leurs voisins, M. et ; v ; M mc Sidney. Elle avait l’intention de ne f ^~
. ; t mener avec elle qu’Emilie et Arthur, . ^
: - ,et de laisser Hélène et Maria avec une V' ; ” * vieille domestique qui avait coutume ... v • d’en prendre soin, lorsque M. et M rae ‘ . Wyndham étaient absents.
Cette proposition adoptée, ils mon- * tèrent tous les quatre en voiture, et firent, en passant, une visite à mada- ?■ y .me Neville, qui se trouvait beaucoup mieux que la veille. Vers les six heures et demie, ils arrivèrent chez M. Sid- *
‘ ney, et, en entrant dans le salon, ils •
‘ * ne trouvèrent que le maître et la mai- .
tresse de la maison ; leurs deux enfants '• étaient au jardin. Aussitôt M mc Sidney
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ordonna à un domestique d’appeler Edouard et Henriette, et de leur dire que leurs amis venaient les voir. M llc Sidney parut bientôt dans le salon, et sans faire attention ni à M rac ni à M llc Wyndham, elle s’écria : « Maman, Edouard dit qu’il ne veut pas venir! « M me Sidney. Charmant, en vérité! et