V . - Emilie. Je vois, maman, que je me
' suis reiidué coupable d’une grande . foute ; j’en Suis sincèrement repentante,"
^ et prête ,ame soumettre à telle puni- ; , tîQn qu’il te plaira m’infliger. Mais,, ,d’après ce que tu viens de dire, maman, * jqu’il pie soit permis dé le faire une • observation qui, je t’assure, est sans malice. Qu’ÿ a-t-il,- par exemple, de ri- ‘
; dicule en toi?-. - \ ♦!.* .
\ * . MT Wînoham. Le compliment est
charmant! Emilie, je veux cependant
bien n’y pas faire attention cette fois-ci.
Mais tu auras sans doute de la peine à croire que j’entendis un jour une jeune personne de ma connaissance, faire • mon portrait; elle ne se doutait pas que je fusse aussi près d’elle, et s’en acquitta d’une manière si intéressante qu’en vérité je ne pus m’empêcher d’en rire moi-même. C’était ma petite toux, cette habitude que j’ai de pencher la tête en parlant, et la lenteur de mon .
parler, qu’elle se plaisait à contrefaire et à rendre ridicules. * >
Emilie. Oh! maman; mais il n’y a rien de ridicule à cela.
M mc Wvndhvm. La chose en ellemême peut n’être pas ridicule, mais elle le devient, à l’aide de quelque exagération dont le moqueur de proies-
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. ‘ - VfejilLïÈ . ‘ :
. V sion no manque jamais d assaisonner ~
■ v, tout ce qu’il dil. Mais j'ai vu plus, ma r / chère amie : les tendres soins que ja- *. * vais pour ma grand’ mère, dont la vieil- . lesse et les infirmités exigeaient une assiduité continuelle, ne furent pas à *; l’abri de la critique, té me donnais, disait cette meme personne, beaucoup de peiné et d’embarras pour rien, mon . ’ \
* attachement pour elle allait jusqu’à * • l’affectation.
Emilie. Àh! maman, quel odieux caractère! est^çe que cela ne te faisait
i pas de la peine? V.s*
; V M me . Wvrs~DHÀ t M. Nullement, ma chère v - amie : je plaignais beaucoup cette jeune . , demoiselle^ Personne ne lui avait ja-
mais #liî qu’elle fir m'ai; chacun au
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contraire, riait de ses plaisanteries.
• Emilie. Oh! bien, il ne m’arrivera } ri w . plus de me moquer de personne. Mais, maman, j’ai remarqué que tu riais tou- ' \ jours de M. Harriss, lorsqu’il ôdhtferV. 1
ï faisait quelque acteur de Londres. - ,
* ' M rae Wyndilvm. Cela est vrai : mais% ce n’est pas un ridicule personnel, il
*i . imitait simplement la façon de s’exprimer particulière à chacun-, ce ridicule - n’était dirigé contre personne en par- ‘ 'ticulier. - * - . : ; . *. ; Vri
r • »* -, • j'j * •.•vi* . • «.'•»« j
F • ' Emilie. Alors, de cetlé manière, il . i
est permis! '->■ ■ - , t t*
M me Wyndjiam.'' Jusqu’à un certain ■ popit. Maisil demande toujoürs N à être*:- y'J manié avec adressent discernement, et qe sied jamais bien dans la bouche
■' r ira®
;•• •. vWv'.
' ^ (l’une femme. J Non seulement il an- rï-*
;* •-■ ‘ nonce des dispositions à se faire re- 4 marquer, mais encore il faut, pour - ;
. s’en bien acquitter, montrer une assurance qui ne s’accorde guère avec la • ; modestie du caractère des femmes, r* * '
; . s Tout ce qui sent l’affectation et ce ' • qu’on appelle le désir de plaire , elles : " doivent 1 éviter soigneusement; car, c’est un défaut qui, sans compter les ‘ v !. ' nombreux ennemis qu’il leur fait, les \
' ^ rapproché trop des actrices, et fait . trop disparaître l’intervalle qui les sé- > pare. Ceux qui sont témoins de l’babileté d’une femme à imiter et à re-
vêtir tous les caractères, s imaginent
* qu’il en est de môme du sien; que celui dont elle se pare à leurs yeux, n’est ' .
• qu’une imitation de la vérité, et que .
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c’est leur présence seule qui la relient.
Ils se figurent que lorsqu’elle n’éprouve
- aucune gène, aucune contrainte, elle est moins réservée; et ils ne font pas difficulté de la mettre au rang de ceux qu’elle-même se plaît à tourner en ridicule; ce qui fait qu’elle ne jouit d’au- >
- cune considération, et devient un objet' '• de haine et de mépris pour tous ceux
qui la connaissent.
:* Émilie. Je sens, maman, toute la
force et toute la justesse de tes raisonnements, et je suis bien résolue à n’être plus moqueuse. Mais actuellement, j’espère que tu me pardonnes.
M mc Wynduam. Puisque tu ne l’es point obstinée à persister dans ton erreur, je te pardonne, ma chère amie.
Cependant, je fa voue que cela m’a
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- * S . . / ÈMIIilE. : \ ' fÛ3- ;
fait de la peine, parce que je te supposais plus de raison, et je me trouve, malgré moi, dans la nécessité de t infliger une punition. Je me proposais de te donner à lire aujourd’hui l’histoire naturelle de Buïtbn, mais tes enfantillages d’aujourd’hui m’empêcheront de te procurer ce plaisir d’ici à un mois. Si, durant cet espace, lu ne commets aucune faute grave, j’en conclurai que ce n’était qu’un moment d’oubli, et que lu es en état de goûter les utiles et agréables instructions qui se trouvent renfermées dans ce livre intéressant. Si, au contraire, tu retombes dans la même faute, ce plaisir sera encore remis à une époque plus éloignée.
Emilie sc trouva fort désappointée.
106 Emilie.
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Cependant, elle connaissait trop hft # ' constante justice de sa mère pour oser ’S\ en murmurer. „ *
Dans l’après-midi, M mc Wyndham se y.
rendit chez M mc Neville, et la trouva si /■ mal qu’elle ne put se résoudre à, la* quitter. Elle fit prévenir qu’elle ne ren-. .. trerait pas le soir à la maison, qu’elle ; “• passerait la nuit auprès de son amie.
Le lendemain, M. Wyndham envoya ^ , savoir des nouvelles de M me Neville, et apprit avec la plus grande douleurquelle n’avait plus que quelques Heures à vivre. Il en fit part à sa fille, et '* se hâta de courir aussitôt chez madame Ne, ville, laissant Emilie en proie à la ; ; plus vive affliction. La pauvre enfant ! • v
ce n était pas le regret et l’inquiétude seulement qui faisaient son tourment;
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. ÉIStLIE. -v .107 ‘
; ‘ elle souffrait encore de ne pouvoir sou-^ t y
•v Iager la douleur de sa mère; elle fai- v ;
; sait des efforts continuels pour arrêter. * * .. • f ses larmes; mais le désir d’imiter le ' ; v calme et la fermeté de sa mère lui don- r >
. nèrent la force de surmonter sa dou- v ' -leur, et.de tenir, aussi bien que pos- w. / \J ' sible, auprès de ses sœurs, la place de ' ,
v41 me Wyndham. Vers les quatre heures vA . de l’après-midi, M. et M mo Wyndham\ ..
. ‘ revinrent, amenant avec eux la petite " Charlotte Neville; M rac Wyndham sa* 7 V ; retira aussitôt dans sa chambre, tandis . que son mari conduisait la petite Char- r lotla au salon, et faisait appeler Emilie,
* . qui parut bientôt, pâle et tremblante
— Emilie, lui dit-il d’une voix qui trahissait son • émotion, as-tu vu ta
maman?
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Di
wÊÊÊÊKKÊÊÊt. , ■ -rfi
[b?»i- y ÉivnuE. Non, papa, elle est montée s .. y dans sa chambre;- .
.s M. Wyndham. Ne la tourmente pas!
i .-la'devinèsfsanjr dd^é.
;• ' - . rivé? ^
*!'*' I^IÎTIP Uil îV» 1 p rrnifis bien.
6 v /y.:- ? Charlotte* ( pleurant) . Ma Chère*^ *
• *ÉmilievOn ne veut pas me laisser voir