‹ Émilie ou La bonne soeur histoire moraleChapitre 24 sur 26 · ééilUï · texte numérisé non relu

ééilUï

qu’ellç; en ressent les. avantages; Elle,

-nte s^est point , .tourmentée . à pleurer,

‘ -.ef £ moi,” elle np m’a fait nucujrë ^ 'geihe, • •• •* . ; \ : - ■* / . /.

Hélèpte, ïskçe que je t’en ai fait,

• moi, maman, de la peine? * “ •* ‘ * : ; ' ^

: M«ne ^yKDH ÀMl Oui, mâ* fille. Ûne

‘ , ’Jûère ; nç voit .jàtnâis qu’avec douleur - . ;ïes fautes de ses 'enfants. Mais, dans .

. -cette circonstance* ..j’avais; ibr double motif de 'm’affliger, celüi 4 à~ d’abord et puis la crainte, d’avoir été moimême la prêmière cause dp ton impatience. Sachant' que tes; plaisirs étaient

* très-bornés, et tes désagréments trèsmullipîiéSj je tué §uis toujours efforcée

• d’augmenter les uns ét'de diminuer les" autres, -VV^r '

, / Hélène. .Oh! mamah r que titrés *> bonne ! . ; -

. , ' . Lê • ' • -•

; . v ÉMIL1E.

*' M mc WmDHAM. Mais, Hélène, si,

en retour de mon indulgence, je m’a-;

\ perçois que je ii’ai fait que gâter ton caractère, et que je t’aie rendue inca- .

pable de supporter les vexations inévitables de la vie, bien loin de me croire bonne, je né cesserais de me reprocher ma faiblesse et mon imprudence. Jusqu’ici, j’espère que je ne me suis point écartée de mon devoir, à l’égard de mes enfants. Oh! Hélène, veux-tu me forcer à y déroger, et à endurer de la part de mon cœur le reproche le plus pénible?-

Hélène {avec transport et les larmes aux yeux). Ohî jamais, jamais! Pardon- - rie-moi^ maman; il ne m’arrivera plus do te faire de la peine! '

/CM- Wyndham. Ïu t’es aussi mal

conduite à l’égard de Maria.

Hélène. Maria, je te demande pardon-, laisse-moi t’embrasser.

MvrlV '{courant à elle). Oui , - ma Chère sœur, j’étais seulement fâchée, mais je n’étais pas en colère contre toi.

* r ni* • l * 1 • • 1*0* '* *

Maman le pardonne ; ainsine te chagrine

pas. :

^ Hélène. Vraiment, maman, vraiment tu me pardonnes? . -• .

. jjmc ^yndhoi. Oui, Hélène.

Hélène. Appelle-moi donc , ta fille, et embrasse-moi? tu ne m’en trouves pas indigne? Punis-moi plutôt, maman, de telle manière que tu le jugeras hr propos; mais ne me refuse pas d’être ta fille. - -- -- - jl • . r -

M me Wyndiiam ( attendrie ), Embrassemoi, ma chère enfant. «

Hélène. Oh ! maintenant, me voilà heureuse! v • • ‘ '

Digilized

Emilie.; ïu vas- permettre à llélène (Je venir avec nous, n’ë&t-cp pas, ma*ïnan? - ' * \

M me .^ yndtl^i: Non, ma chère, quoique' je lui aie pardonné* je ne puis, en toute justice, d’exempter dé sa punition : il faut , qu’elle reste à la mai-t . son/ r < ; '\ ; , 1 . , , r .

Emilie. Eh bien! maman, permets^

moi de Tester avec elle: je ne saurais '

goûter auçiin plaisir tant que je ne la sais pas heureuse. . . . * • . . < /

Hélène, Non,. ma chère Emilie,. va je mérité d’être .punie. \

M 1 * 6 Wyndhml, Pouf ne pas priver ' Emilie d’un- plaisir qu’elléa si justement mérité, - et coihme Hélène est , * réellement Sensible à"sâ Aute, je veux bien, pour cette fois,: oublier ce qui

’ s’est passée et.jious sortirons toüs en- semble. . . ' :V\ . - . * • • •<*

. Les enfants furent aatomble .de la -

joie;*. L’on monta en voiture; tout le' * ' monde était gai, et le plaisir de la promenade ne fut empoisonné par aucun '•regret. * ‘ • ' . •**> .

> %fS * j » ^ ^ •

Un* ou deux jours après, M me Wyntlham, qui avait coutume d^observer la contenance d’Emilie, remarqua qu’elle avait l’air triste, et nedputa pas qu’il . ne fût arrivé quelguë chose, dont elle était peu- satisfaite; « M mc Wyndham la questionna à ce sujet,, èt Emilie répondit ainsi : *

« Cela est Vrai, maman; je n’ai pas été contente de la .conduite desdemop selles avec - lesquelles je me suis promenée tout ci .l’heure; \

émilïe; 149

- vJ

M me Wyndbam. Comment, cela, ma chère? 1 ’.':' ^ - ,* : - **. «

'> . Em£ie. Nous ne fûmes pas plus tôt ' ' '.descendues 4ans le jardin, que iqade- * moiseïle Darnford commença par mé dite ; « Vous, m’excuserez, mademoiselle Wyndham, si je me promène avec mademoiselle Smithson „jè me l’ai pas vue d’aujourd’hui, et : j’ai beaucoup de choses à lui, dire. » Cela : me parut. un peu étrange j cependant, je la priai de né pas se gêner, défaire comme il lui plairait. Aussitôt elle , prit M lle Smithson sous le bras, s’éldigna, et entra, avec elle en grande conver-.

.sation, riant et parlant avec une telle vivacité, que je ne* pus m’émpécher de croire’ qu’elles : en étaient sur un- chapitre extrêmement plaisant. - ' M‘ le Martin, qui se promenait avec moi,

150 Emilie.

dit : « Il jne semble que M lIe Damford

* n’est guère polie, lorsque : ses amies ' (ainsi qu’elle* leâ appelle) la viennent

• • voir.; — II paraît,, dis-je, qu’elle . a ■ quelque chose d’important à confier à

M llc Smilhson. — No vous figure? pas céla, répondit M Me - Martin; elle l’a vue hier, Jet' la conduite^u’ell$ affecte de tenir, n’a pour i>nt que de se donner un air d’importance,' et de faire croire qu’elle a , un- attachement particulier pour' son amie. Quant à ce qu’elle a à ' lui dire; jè suis bien sûre que je lésais déjà; elle m’en a beaucouplparlé avant votre arrivée; et certainement, si son père savait ce qu’elle m’a dit , il n’en serait pas content. » v ... - .. .

M mc Wynduàm. H me semblé, Emi- 'lie, comme tu me la représentes, que M i,c Martin n’est guère réservée.

Emilie. Pas beaucoup; car elle m’a dit ensuite que M llc Darnford répétait, dans ce moment, uno conversation qui avait eu lieu, en sa présence, entre son père et un monsieur, et qui s’était terminée par une dispute. Je fus tout à fait révoltée de penser qu’elle avait pu dire ce qui s’était passé chez son père!. Pendant ce temps-là, l’histoire avait été achevée, et comme ces ' demoiselles s’avancaient vers nous, j’entendis M llc Darnford qui disait :

« Promets- moi de n’en pas parler; papa serait trop en colère s’il venait à le savoir. » Alors elles nous rejoignirent, et M He Darnford se mit à m’accabler de questions : elle me demanda ce que je faisais, si j’apprenais la danse, si j’étudiais la musique, et à chaque réponse que je faisais, je

la voyais se tourner .vers M Ue Smithson; elles, étaient prêtes à éclater de rire toutes» deux; ce qui me rendait

toute confusé. Enfin M Ile Damford

dit : « Ainsi, yous n’avez point de gouvernante? c'est votre maman ellemême qui fait votre éducation; cela

est bien singulier, en vérité l » Je lui demandai pourquoi. «* Ohi ^dit-elle, je ne sais pas, mais on dit qu’elle suit «une marche toute particulière, ét que vous et votre sœur devez être des femmes habiles. » Alors èUes se mirent ;à rire .toutes les deux , et M Ue Smithson prenant la parole : « ôh!

bien, Dieu merci! dit-elle, maman n’a pas de pareils caprices; elle ne se tourmente pas tant la tête pour nous.

Mais, à propos, mademoiselle Wyni, on dit que vous ne sortez ja-

mais sans votre maman; que vous êtes occupée toute la journée avec elle, et qu’elle vous oblige à lui dire tout ce que vous, savez. » Jé reconnus alors, maman** que ces. jeunes personnes n’étaient pas bien élevées,- que leurs manières n’étaient pas aimables, et, en conséquence, je répondis très^ froidement : y « Vous êtes mal infor- - mëes. Maman est incapable d’avoir .

des caprices; elle n’a que des bontés pour moi; je ne suis jamais plus heureuse que lorsque je suis avec elle; et pour de qui est de lui dire ce que je sais, je n’ai jamais rien su dont elle n’ait eu connaissance. — Comment?, dit M ,le Darnford* est-ce que vous lui communiquez les secrets de vos amies?

— Je suis trop jeune, lui répondis-je,

pour qu’il m’ait encore été confié au-

cun secret important, et que. j’aie aucune amie particulière hors de ma famille. — Comment, point demies?

dit M 1,e Darnford; puis d’un ton affecté, elle ajouta : Pauvre petite! que vous* devez être malheureuse! Oh! je vous plains de n’avoir jamais connu les délices d’une parfaite confiance!

— Je vous demande pardon, lui répondis-je, je parle avec une parfaite * confiance à .maman. — Oh! dit-elle, cela est impossible. » Une domestique étant venue nous inviter à. rentrer, la convervation s’est terminée là. Mais fais-moi le plaisir, maman, de m’expliquer pourquoi ces jeunes personnes ' se conduisent d’une manière aussi étrange.

M mc Wyndhajm. . Cette explication est facile, ma chère amie, mais elle

demande du temps, car elles n’ont pas dit une seule parole qui ne porte le caractère de quelques principes faux.

Je n’étais pas absolument sans connaître les dispositions de M llc Darnford, et si vous eussiez été moins raisonnable, et que vos principes eussent été moins fermement établis, je ne vous aurais pas permis de vous aller promener avec elle. Par cés premiers procédés, à l’égard de son amie (nom dont elle fait ici l’abus le plus complet), M llc Darnford a fait preuve du plus grand défaut d’usage; car la politesse nous défend, quel que soit notre attachement pour une personne, d’affecter envers elle une attention toute particulière, exclusivement au reste de la société. Je dirai meme plus, -c’est que lorsque nous sommes avec deux

personnes qui possèdent notre affection à un degré différent, il ne nous est- pas permis de mortifier l’une, celle pour laquelle nous nous sentons moins d’inclination, en accablant l’autre de marques d’une tendresse excessive. La véritable amitié n’a pas besoin de ces preuves continuelles d’attachement. . ; Pleine de confiance en ses amis, elle craindrait de leur faire une injustice, en interprétant mal leur attention en- «■ vers les étrangers. Nous ne devons . ;

donc jamais nous mettre dans le cas ^ ;

de faire croire, à qui que ce soit, que • ;

sa présence nous gêne, et que nous ,j désirerions son éloignement, parce que, non seulement la politesse, mais encore * ^

la charité, nous défendent de mortifier ainsi une personne, qui certainement- ' ne l’a pas mérité.

Emilie. Cela est vrai,' maman, et je suis parfaitement de ton Opinion.

. jyjme Wyndiiam. Tu remarqueras ensuite dans* M 1,e * Darnford, un exem- . pie de eette odieuse exagération contre- laquelle j’ai si souvent cherché à te prémunir. L treize ans ( car mademoiselle Darnford n’est pas plus ' âgée ) , est-il possible que le caractère soit assez formé, et les lumières de l’esprit suffisamment développées , pour se * permettre le ' choix d’une ^véritable amie. 4 cet âge, en général, l’imagination a plus d’empire que la* raison. .

De jolis traits, une figura intéressante, -voilà quels sont 1 es 'avantage» que l’on considéra Quelques jeunes demoiselles se figurent qufil ,est indispensable de former quelques liaisons, .et alors

elles choisissent la première* personne qui plaît à leur imagination; elles lui disent tout ce qu’elles savent; elles .se détachent elles-mêmes de leur propre famille, et lorsqu’elles en peuvent dé->.

couvrir les secrets, elles ne se font aucun -scrupule de lea divulguer.* Mais ce sont les conséquences funestes que ces révélations entraînent après elles*, que tu ne peux pas encore bien sentir,

ma chère Emilie. Dans quelque temps d’ici, tu seras plus en état de faire ces distinctions;, et alors, ma chère amie, ne te> figure pas que je m’oppose à ce que tu t’engages dans les liens d’une étroite amitié, lorsque tu quelqu-un

jusque-là, j’ qui- est 4on amie,, v

^.Emilie. Oh! la meilleure, la- plus

chère de- mes amies, et qui doit, tou- w » jours l’être. • • . v f * ' • -

jyfme Wyijdium. Tu dois en avoir- vu assez dans M ,le Dàrnford, pour être dégoûtée de : cette, ridicule affectation d’amitié qui ne peut exister à son âge.

La jeunesse esUrop sujettq à se tromper. siir ce point; elle reconnaît enfin ' qu’elle s’e^t abusée, et la première personne qui lui présente quelque agrément, est bientôt admise à prendre, dans son cœur la place de l’amie congédiée. Elle -a» choisi légèrement; encote une fois elle est trompée, et encore 1 . une fois elle porte ses affections sur un autre objet. De cette manière, elle devient inconstante et capricieuse par habitude; elle apprend à exagérer ses sentiments : erreur la plus dangereuse de toutes! Jamais elle ne consulte sa

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raison, jamais elle ne prend la peine de se demander sî réellement elle aime > celle qu’elle appelle son amie , si elle aurait bien la force de faire à ses in- . térêls les sacrifices les plus pénibles, si .elle se sent véritablement de l’estime pour son caractère. Ce sont là les seules - preuyes d’une- amitié féelle; ainsi juge -si une Vaine confiance et •une fausse intimité méritent ce nomlà?..... . •' .

Emilie. Oh! . certainement non!

Mais que doit dire l’amie abandon- .

-née? --Elle doit se trouver bien maltraitée. .

M mc Wyndham. Sans doute; elle n’a peut-être pas été/ la première à rechercher cette -amitié; elle s’y était peut-être trouvée engagée malgré elle; et, si elle n’est point généreuse, elle

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• peut s’appuyer du mauvais procédé de son amie, pour se croire en liberté de - répéter tout ce qui lui a été confié.

Alors le moindre inconvénient qui puisse en résulter, c’est de couvrir la jeune personne de ridicule.

• • • Emilie. Je suis convaincue mainte-

liant de la nécessité de choisir une . amie avec prudence et circonspection, et je te remercie mille fois, maman, de m’avoir préservée d’une fausse et dangereuse sensibilité.

v M rac Wyndham. Ce serait, j’imagine^ une précaution inutile de t’avertir qu’il ne faut jamais répéter ce que tu entends dire dans la maison de tôfi père. Une enfant, qui ne garde pas comme un secret tout ce qui parvient à sa connaissance , des affaires et des opinions

de sa famiNe, est l’ennemiè la plus dan- • gereuse de ses parents. Od ne se méfie point d’elle; personne, ne la soupçonnecapable d’une pareille imprudence ; ou d’une perfidie aussi noire; eb par conséquent elle se trouve à portée de faire • beaucoup de mal . Quant à ce que disent ces demoiselles de moi, et de mon -

système d’éducation, je te suppose assez de raison pour avoir pitié d’elles, * et considérer leurs discours comme le langage de l’étourderie et de l’ignorance, qui souvent portent les esprits faibles -à former des jugements témé- ..

raires contre les choses qu’ils ne peuvent comprendre, 1 •

• . Emilie. Au moins, maman, j’aurai retiré quelque .utilité de cette visite.

Je saurai désormais que rien ne m’est plus salutaire et plus avantageux que

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