M me Wyndha.m. Comme il vous plaira
4 mais je crains que la fatigue... * * . >.> .
M. me Neville. Non, * non, j’y suis ab- : * solument insensible maintenant. Je ne sais pas combien de temps encore j’ai ' à tenir ce langage; mais il ne faut ja- • mais remettre au lendemain, ce que . mous pouvons faire aujourd’hui, surtout ^ lorsque notre santé nous avertit que.- •: ï‘. nous n’avons plus que peu d’instants à
kl
vivre- N
42 ÉMILIE. t .. v* .»
Elle prononçait ces paroles avec un , doux sourire : mais M me Wyndham dont . , • le cœur se réveillait à tous les senti- .
ments de l’humanité, détourna la tête % pour cacher ses larmes.
M mc Neville. Charlotte, emmène Hélène et Maria dans ta chambre ; vous : «.
avez plusieurs nouveaux joujoux pour * .
vous amuser. *.V
Maria. Oh! et puis nous en avons - apporté plusieurs pour elle, n’est-ce •* pas, Émilie? Ils sont dans ce panier; * ' j maman, puis-je l’ouvrir? . •
M mc Wyndham. Emportez-le avec r .‘ vous, mes chers enfants; vous l’ouvri- , rez dans la chambre voisine. ^
La petite Charlotte prit Maria par la - :
main, et la conduisit en sautillant dans
f t . fnWÿ^g * (*4
sa chambre. Émilie se leva pour accompagner Hélène.
M me Neville. M 1,e Wyndham, quand vous aurez conduit votre sœur, vous reviendrez ici, n’est-ce pas?
Émilie. Si cela vous fait plaisir, Madame, et que maman veuille bien me le permettre.
M me Neville. J’en serais charmée.
M me Wyndham. Oui, ma chère amie, tu reviendras.
Emilie fit une révérence, et revint quelques minutes après.
M mc Neville garda le silence un instant; elle tremblait, son visage changeait de couleur, et elle paraissait si vivement effectée, qu’Émilie redoutait de lui voir ouvrir la bouche.
M mc Wyndham pressa la main de son
«/V 44 r . ; ‘ . Emilie.' V .* - * ; ’ ‘ . 4 - *1
f: vV r.‘ ; .t , • . . - ./• ..
amie, qu’elle tenait dans la sienne, -fet'* V •J/ entama la couversation sur le chapitre.. • ,*’*« U / :;^âeïhp*lqlte. ' . \
l - ji«e ]\byjl L e. Elle seule, il est vrai, . . . J : r '. fait tout mon bonheur : je n’en ai point : .
c.' : 'd’autre dans ce monde * et, si j’en ex- . * cepte votre amitié, elle est le seul lien - . rW <3 u i m’attache encore à la terre. Ma chère Emilie, depuis bien des années que j’ai le bonheur de vous connaître, quel charme votre affection n’a-t-elle v* ' ; .1: -pas répandu sur ma vie? avec quel
plaisir^ secret mon cœur se rappelle j les mille preuves que vous m’avez " ' :
données de votre attachement. Mais ► '
j’ai peut-être été quelquefois ingrate à votre égard ; je n’ai pas toujours été. • . aussi modérée que j’aurais dû lelre, il a pu m’arriver de me laisser empor-
v"v' vV-: >£/../. ‘ W ..
*- r . moË^ : ' , *
• n J » v , ^ **- ^ 5 . • **> *jL- y*i^ ■ ' « ^ . • * #
, impatience; çt je n'ai pas. toujours eu
• : irà^ ua££uproé^ ' moi V *
* * 9 “® ropu . amièl ma cîièrel.:àm^ *• .
?: 'M me Wvi£l£/ ÎÔQn eçeùr a joujours- /- 'entendujle langage de$ "vôtres, et ; îî jtoféftd 'eitcore ; mais' .jé^VouS’ cba- - : ; * JÉmilie, ma . chère amigVj 0 votis -
- :S^f®éà de Tesfés avéc ijoiw ^é^^e' . \ 4 ‘jSâi? toujours inconnu eq;yov^-«ïîe„dfs->- ;
. crétiori. au-dessus 4e .vôtre âge. Vous ; âyez un çoeur boir et sensible; nour- /' rissez-en toujours les excellentes dis—
. - . positions. Vous • souffrez de me voir . aihsi consumée ; dé , langueur; 5 Mais,
ooqle
' que la leçon que je vous donne en -Ce;.-’, \ \* .jôùr, sq gravé ^ofbndémenf dans votré *
/âme; rèlle pourra -^TVir à fortifier -vqs*r : généreux ^sentiments et à vous affens ’ ^ « mir dans le sentier de là vertu. Je vois" r • %
approcher mon dernier instant, d’un œil calme et tranquille; La religion est ; ^‘ là qui^ me soutient,, §rme prodigue sesh ^
• consolations. \ : •'
. - * Elle s’arrêta; car elle était épuisée . * de parler" ; M mc Wyndbam et sa fille * * étaient trop émues' pour pouvoir ré- .
pondre. Mais un jnstanf après, la ma-. . .
lade reprit ainsi la parole :/ ‘ • • v ;
M me Nevillje. Pardonnez si je vous * entretiens aussi longtemps * de moi- /-• .
même; c’est ppur vous préparer à un ..
Dlgitized by CjOOgle
-tklLlE. ' v ^ r ' . £ 7 *
**. événement xjui , ‘ dans quelques/.jôurs, , • dans quelques heures, peut-être, doit s’accomplir. Ma chère Émilie , ne vôus affectez pas aussi vivement, traiïquilli- 4 sez-vous. .* - * •> / w* V ‘
\ M me W YftûqAftr (l’embrassant, les far?/.
. mes aux yeux )/ Ah! Charlotte, pour- -, quoi nous attrister ainsi! espérons qu’enfin votre santé se rétablira.
■ ‘ M me Ne ville.' Non, non, ne l’espé-
* rez pas, pourquoi même le désireriezvous? pourquoi voudriez-vous me rappeler à un monde que je 'suis prête à quitter maintenant! Qui sait si dans quelques années d’ici, j’aurais la même, force pour briser les liens qui , m’y attachent ! soyez persuadée , néanmoins, que. rien n’a été négligé; •mais tous les remèdes du monde ne
ÉMILÏE. î » - ' V
seraient pas capables de prolonger plus longtemps mon existence.
Emilie, 'lés yeux baignés de pleurs»
regardait, de temps en temps sa mère»
etla voyait changer de couleur, toutes les fois qu’elle craignait de voir madame Neville s’évanouir: elle ne faisait .
. entendre aucun parole; mais une émo- lion soudaine trahissait ses craintes.
Madame Wyndham s’en aperçut, et lui fît signe de la main de ne point se lever; puis, par un effort extraordinaire de courage , elle dit avec calme : —
Je ne veux point troubler le repos de votre âme, ma chère amie! — Puisse Dieu m’en accorder autant à l’heure de ma mort! ’ ; . ' ' \ ’
Il semblait que ces paroles eussent, porté la mort dans le ,'leridre coeur' ,
)las
JS
/ne'// arrf ffUH <A
/ tt//// rr /r- /ff/rr/ri*/iY ■
d’Emilie; elle se cacha le visage dans ses mains et répandit un torrent de larmes. Pendant ce temps-là, madame Wyndham et M mc Neville se regardaient l’une l’autre; mais elles ne s’apercevaient point de l’émotion d’Émilie, qui se hâta de surmonter sa douleur pour encourager par son exemple, l’admirable fermeté de sa mère. Lorsqu’elles eurent toutes repris un peu leurs esprits, M me Neville dit :
Encore quelques mots, quoiqu’il m’en coûte de vous chagriner. Je quitterais ce monde avec plaisir, mais un seul regret in’en empêche, ma petite Charlotte!... Elle se tut, et M me Wyndham la regarda d’un air attendri.
M rae Neville. Elle est si jeune, quelle ne pleurera pas longtemps ma perte;
Emilie.
1 elle l’aura bientôt oubliée. Mais hélas!* • dans la suite, comme elle la sentira cruellement! La perte d’une mère pour une fille est -infiniment plus grande ' - .qu’elle: ne peut se le figurer.
•: ' M mc Wyndham. Ah, Charlotte! n’a?, yez-vous pas une amie à qui vous puis- ' > • • siez confier ce pieux et sacré dépôt? i'
-M me Neville. Oui, cela est vrai; mais -voudra-t-elle, pourra-t-elle se charge"r.,. ' / - V 1
M me Wyndham. Pouvez -vous en dou-
ter, n’avez-vous pas lu dans mon cœur?
M me Neville. Je n’en ai jamais douté $* mais vous avez tant de devoirs,, tant d’obligations... . • ./ J - / r%.
M me Wyndham. Multiplier nos obli- ' ; t gâtions-, c’est multiplier les sources de notre bopheur çt de nos jouissances, .
Oigitized by C
•'< if .
' J *r '■ *ur>