‹ Emma, ou, La promesse imprudenteChapitre 42 sur 48 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

' EMMA, Madame PALMER.

EMMA

Ah ! Madame, soyez sensible à l'état où je suis. Pardonnez à mon trouble. Permettez-moi de compter sur votre i votre amitié.

Mme PALMER.

Ma chère Emma , quelle agitation l

EMMA

Hélas ! quelle faute a commise Edmon ?

Mme PALMER.

Edmon ?

EMMA

Oui , Madame , son retour a comblé de joie la famille ; il est resté seul avec son père , et depuis ce moment tout est changé. Une douleur secrète l'accable, son père en courroux l'éloigné de moi , lui parle avec indignation......

Qu'entends-je ?

Emma. Q

EMMA

Ah ! ne me cachez rien, je vous prie. I me confier tout ce qui peut intt'rr vons japiais eu de secret l'un pour

ses peines comme son bonheur. Son amour veut me ca cher ce qui l'afflige; mai* , si vous le savez, je vous sup plie de me le dire.

Mme PALMER.

Son amour, dites-vous?

EMMA

Oui, Madame.

Mme PALMER.

L'amour d'Edmon ?

EMMA

Sans doute.

Mme PALMER.

Et pour qui?

EMMA

Pour moi^ Madame.

Vous vous aimez tous deux?

EMMA

Si nous nous «limons! oh! ce n'est point un mystère. Mme PALMER , lui prenant la main.

Combien vous m'intéressez, ma bonne amie ! ne me déguisez rien ouvrez-moi >otre roeur sans détour. Hélas! l'amour nous cause souvent de grands chagrins!

EMMA

Oh! Madame, je n'ai rien à craindre de l'amour. Au contraire, aimir Edmon, en être aimée, voilà pour moi le premier des biens. Rien ne peut troubler notre tendresse; il y a deux ans qu'il ne m'avait vue, et tout-àl'heure, il me disait là, en me pressant sur son cœur, que jamais je ne lui fus si chère 3 et cependant il pleurait.

EMMA

Ah ! ne me cachez rien, je vous prie. î

. Je dois partage;

ses peines comme son bonheur. Son amour veut me cacher ce qui l'afflige ; mai* 9 si vous le savez, je vous supplie de me le dire.

Mme PALMER.

Son amour , dites- vous?

EMMA

Oui, Madame.

Mme PALMER.

L'amour d'Edmon ?

EMMA

Sans doute.

Mme PALMER.

Et pour qui?

EMMA

Pour moi ^ Madame.

Mme PALMER.

Vous vous aimez tous deux?

EMMA

Si nous nous rimons! oh ! ce n'est point un mystère. Mme PALMER , lui prenant la main.

Combien vous m'intéressez, ma bonne amie ! ne me dt'guisez rien ; ouvrez-moi \otre cœur sans détour. Hélas! l'amour nous cause souvent de grands chagrins!

EMMA

Oh! Madame, je n'ai rien à craindre de l'amour, j Edmon ,

tout-à-

l'heure, me Gisait là, en me pressant sur son cœur1 que jammo Je ne lui fus si chère \ et cependant il pleurait

Mme PALME R.

Il vient de vous parler avec cette tendresse?

EMMA

Ouï, Madame. Oh! nous nous chérirons toujours; nous vons tous les deux qu'il faut mourir quand on perd ce l'on aime.

Mme palmer, à part.

Jamais je ne fus plus attendrie. Ah ! laissons-lui sa doucg reur.

EMMA

Qui peut donc l'affliger ?

Mme PALMER.

Et son père approuve cet amour ?

EMMA

Son père? il m'appèlesa fille depuis mon enfance , et son eu le plus cher , son désir le plus doux est de m'unir entôt à son fils.

Mme PALMER.

Et vous ignorez la cause de son courroux ?

EMMA

On me la cache avec le plus grand soin. Oh ! secourez-

éT

J'embrasserai, s'il le faut, vos genoux* mais non, vous connais , et j'aime mieux me jeter dans vos bras.

Mme PALMER , tres-attendrie.

Oui, chère Emma. Venez sur mon sein, je veux justir votre touchante confiance. Voyez à l'instant si je peux secret parler à votre père.

EMMA

J'y cours; c'est le ciel qui vous envoie; j

ah ! que j'avais

soin de trouver une amie !

Elle rentre.

Mme PALMER.

Il vient de vous parler avec cette tendresse ?

EMMA

Oui, Madame. Oh! nous nous chérirons toujours; nous vons tous les deux qu'il faut mourir quand on perd ce

a'on aï me.

Mme PALMER, à part.

Jamais je ne fus plus attendrie. Ah ! laissons-lui sa douce Teur.

EMMA

Qui peut donc l'affliger ?

Mme PALMER.

Et son père approuve cet amour ?

EMMA

Son père? il m'appèlesa fille depuis mon enfance , et son eu le plus cher , son désir le plus doux est de m'unir entôt a son fils.

Mme PALMER.

Et vous ignorez la cause de son courroux ?

EMMA

On me la cache avec le plus grand soin. Oh ! secourezoi. Voyez ce vieillard respectable, implorez son indulmce pour Edmon,pour moi ; je n'ai d'espoir qu'eu votre nitié. J'embrasserai, s'il Je faut, vos genoux; mais non, vous connais, et j'aime mieux me jeter dans vos bras.

Mme PALMER , très-atlendrie.

Oui, chère Emma. Venez sur mon sein, je veux justit votre touchante confiance. Voyez à l'instant si je peux i secret parler à votre père.

EMMA

J'y cours; c'est le ciel qui vous envoie; j

ient vient ranimer mon courage ! ab ! que j'avais teotn de trouver une amie !

Elle rentre.

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