‹ Emmanuel Chabrier 1841-1894Chapitre 10 sur 27 · EMMANUEL CHARRIER · texte numérisé non relu

EMMANUEL CHARRIER

OÙ le chant du baryton, doublé à l'aigu par la flûte, se développe sur un ingénieux contre-chant des cors en tierces et le retour de ce thème adouci par les cordes en sourdines et teinté de mystère dans une lente montée d'accords insinuante, qui semble exprimer que la religion du Christ s'imposera par la douceur, les scènes chrétiennes de ce premier acte ne sont point à comparer aux épisodes païens pour l'invention mélodique, ni pour la grâce des harmonies.

Tout l'avantage reste à ces derniers : au chœur des marins (h 6/8 en rè I7), original et berceur, qui forme l'introduction ; aux récits d'Hylas qui, avant de prendre la mer pour aller en Syrie chercher les richesses destinées h lui obtenir la main de sa fiancée, est venu à l'aube lui faire de tendres adieux ; à certaines parties du duo d'amour et aux gracieux détails d'instrumentation qui foisonnent dans cette partie de l'œuvre. Il y a beaucoup de charme dans la scène d'adieux des amants ; il faut y remarquer le récit de Hylas, en la '[^ : Dans Corinthe aux beaux murs et, dans la réponse de- Briséis, la câline cantilène : Là-bas^ dans les cités cVAsie, en laquelle, sur des roucoulements de fliite et de clarinette, elle exprime ses craintes jalouses, et l'épisode lyrique qui fait prévoir sa fidélité posthume. J'aime peu les strophes en la majeur :

EMMANUEL CHABniER

Briséis

- bas, dans les cités d'Asi . e,Cn Ben moderato

pp

qu'au jeune vo.ya.geur,

dit

io3

Extrait de Briséis (Enoch et C'", éditeurs) Exemple de chant vocal.

Deux roses sur la même branche^ banales et d'une fausse naïveté, — le seul passage de ce duo qui ait été apprécié par certains chroniqueurs, — et moins encore le serment, au thème brutal, d'une frénétique violence instrumentale. Il y a encore des inventions pleines de grâce dans la scène muette de Briséis restée seule, où l'orchestre exprime les réflexions et les sentiments de la jeune fille, par le rappel des thèmes précédemment entendus; dans l'offre qu'elle fait de sa vie [andante en sol (?) ; dans le solo qu'elle chante pendant l'invocation à Apollon, et même dans la dernière partie de Varioso de Stratoklés, qui débute sur un thème majestueux (à 6/4 en mi >j>), caractéristique des Dieux de l'Olympe, mais se perd ensuite en puérilités descriptives ; enfin dans le récit en /a

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