‹ Emmanuel Chabrier 1841-1894Chapitre 7 sur 27 · Deux en i8y3; douze en · texte numérisé non relu

Deux en i8y3; douze en

2. Distribution : Gwendoline, M^^ Kousnetsoff; Harald, M. Duclos; Armel, M. Campagnola.

3. Lamoureux avait fait entendre séparément l'ouverture de Gwendoline, le 21 novembre 1886 et précédemment, le prélude du second acte, le 22 novembre i885.

N'ayant pas voulu interrompre Thistoire de Gwendoline au théâtre, je suis obligé de revenir en arrière pour faire celle du second ouvrage important de Chabrier : Le Roi malgré lui.

La composition de cette œuvre suivit de près celle de Gwendoline, mais la conception est peutêtre antérieure, car Chabrier avait depuis longtemps entre les mains un livret d'opéra-comique tiré par Burani d'une vieille pièce de M. et jyjme Ancelot et que Victorien Joncières lui avait cédé. Chabrier en obtint assez facilement la représentation à rOpcra-Comique\

1. A propos de cet ouvrage, l'artiste écrivait à son ami Lacome, le 19 juin iS8(j : m J'ai croupi pendant je ne sais combien de temps; il semble maintenant que ça veuille marcher. Eh bien! ce n'est pas cela encore; il faut faire trois actes en trois mois, — je ne peux pas. On vous laisse moisir dix, quinze ans. puis il faut les choses immédiatement... On a tant parlé de Givendoline que si cet opéracomique que je fabi-ique actuellement ne réussit pas, je suis nettoyé, mon vieux; les camarades n'en seront pas autrement fâchés, mais Bibi fera une horrible tète et il y aura de quoi. Bref, je termine le premier acte (piano et chant) ; le i" septembre ça y sera probablement, toujours piano et chant. Alors il faudra orchestrer trois actes, faire deux entr'actes, une ouverture, refaire à nouveau, couper

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Voici ce qu'écrivait Ernest Reyer au sujet des transformations du livret auxquelles collabora M. Jean Richepin, sans doute pour rehausser de l'éclat de ses rimes la prose un peu plate de tant de vaudevillistes.

« La pièce de M. et M".* Ancelot, qui s'appelait Henri TIF, roi de Pologne, fut représentée sur le théâtre du Palais-Royal le 19 septembre i836 et jouée par Sainville, Lhéritier, Levassor et autres joyeux compèx'es. On peut donc croire que c'était une pièce gaie. Elle l'était probablement trop pour le théâtre de l'Opéi-a-Comique. Et, de plus, elle était trop courte. Il a donc fallu l'allonger d'un acte, développer certaines situations et en inventer d'autres qui vinssent un peu tempérer ce que la version première avait de trop jovial. Mais le travail a dû être laborieux et il a dû y avoir des tiraillements. Ne me dites pas non, cela se sent et j'entends d'ici une voix autorisée dire aux collaborateurs d'Ancelot : — Surtout, Messieurs, prenez garde de verser dans l'opérette ! »

Il résulta de tous ces remaniements une œuvre hybride qui n'était « ni un opéra bouffe ni un grand opéra. »

(eà, c'est moins long), que sais-je? Oh! que je n'aime pas à être bousculé et comme surtout je ne veux rien compromettre..., ça se jouera quand j'en serai content, quand j'aurai terminé après un labeur consciencieux, mais non surmené, ou bien j'enverrai tout faire f... et ça ne se jouera pas... Puis il faut que la pièce soit très paie, lestement conduite, je veux qu'on rie tant et plus là dedans! » (Lettre publiée dans la Hefiie S. I. M., n» du i'> janvier 1909).

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« Elle penche, écrivait Reyer, tantôt à gauche, tantôt à droite et, plus encore par le fait du compositeur que par celui des librettistes, elle offre des situations qui donnent tout juste le contraire de ce que l'on en attendait. »

Un préambule historique est nécessaire pour faire comprendre le sujet de cet opéra-comique.

Tout le monde sait que les rois de Pologne étalent choisis à l'élection, tantôt parmi les grands seigneurs polonais, tantôt parmi les princes étrangers et qu'en i5y3, la Diète de Cracovie, qui portait habituellement ses regards vers des contrées moins lointaines, écarta la candidature de l'archiduc d'Autriche, en élisant le ly août, Henri de Valois, duc d'Anjou, le troisième fils de Catherine de Médicis, qui, en i^yi, devait devenir roi de France sous le nom de Henri HI.

Le duc d'Anjou, raconte d'Aubigné dans son Histoire universelle^ avait d'abord été ravi de cette élection, mais il différa son départ le plus possible, tant il lui était pénible de se séparer de la belle Marie de Clèves, princesse de Condé, et son frère Charles IX dut lui en donner l'ordre exprès. Il partit de Paris le 28 septembre, mais il fit durer le voyage et n'arriva à la frontière polonaise que quatre mois après.

Au début de la pièce, nous le trouvons

à la veille de son couronnement, dans un château à deux lieues de Cracovie, avec une suite de jeunes gentilshommes français fort marris d'avoir quitte le pays natal, ayant pour chambellan un Italien d opéra-comique, appelé duc de Fritelli.Ce Fritelli a pour femme une très jolie Polonaise, nommée Alexina, qui a fait naguère, à Venise, la connaissance d'un jeune seigneur français fort séduisant, aux soupirs duquel elle n'est pas restée insensible. Abandonnée par le volage, elle en a éprouvé un grand chagrin.

D'autre part, une serve, qui a nom Minka, aime le comte de Nangis et elle en est aimée. Ce sont ces deux femmes qui, alternativement, mènent l'action au gré de leurs tendresses, en lient et en dénouent les fils, créent les péripéties dramatiques.

Il va sans dire que le choix singulier fait par la Diète n'obtient pas une ratification unanime : l'archiduc d'Autriche a des partisans et le duc d'Anjou des adversaires. Une conspiration est ourdie contre ce dernier par le comte Laski, grand palatin; mais la jeune Minka qui appartient, comme serve, à ce grand seigneur polonais etque sa tendresse passionnée pourNangis, rend dévouée aux Français, a promis h son amoureux de le tenir au courant des menées de Laski. Alexina et son mari, le duc de Fritelli, sont d'accord avec le grand palatin. L'Ita-

lien n'ignore pas que Tartisan de son infortune conjugale fut Henri de Valois; il cherche donc h l'éloigner de la Pologne. Tel est aussi le vœu d'Alexina, car l'identité de son galant de Venise avec le futur roi ne lui a pas encore été révélée. Informé par Nangis de cette conspiration et trop heureux d'échapper à la corvée d'une royauté en Pologne, Henri de Valois s'introduit au palais Laski, en se faisant passer pour le comte de Nangis, prétendue victime de la tyrannie du roi. Dans une fête que donne le palatin pour mieux dissimuler ses projets, le faux Nangis revoit Alexina ; il a avec elle une explication d'amoureux brouillés qui se termine par la plus tendre réconciliation. Mais il s'agit de choses plus sérieuses que de querelles d'amoureux et la polonaise fait jurer aux conspirateurs de « tout faire pour chasser Valois ». Le duc d'Anjou prête le même serment car il trouve plaisant de conspirer contre lui-même et ne demande qu'à être reconduit à la frontière. Mais Fritelli, qui a reconnu le roi dans le faux Nangis, essaie de dissuader les conjurés du complot, de les effrayer des conséquences... On le traite de pleutre et l'on passe outre. Or voici que le vrai Nangis qui, pour revoir sa chère Minka, s'est introduit dans le palais Laski, est découvert et pris pour le roi... Ainsi qu'il la promis à Henri de Valois, il se garde

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de détromper l'assistance ; il inaugure même son règne en nommant Nangis « grand mailre et premier gentilhomme ». Mais les conjurés réfléchissent que le roi, expulsé par ses sujets, peut revenir avec une armée et se venger. Puisqu'il est venu se mettre dans la gueule du loup, il est plus expéditif de le tuer. On tire au sort quel est celui qui le frappera. Naturellement le dieu du vaudeville exigeait que le sort dési- «uât Naugis, — le faux Nangis, bien entendu, c est-à-dire Henri de Valois. On lui met le poignard à la main. Au moment où il va pénétrer dans l'oratoire où 1 on a enfermé le roi, — c'est-a-dire Nangis, — apparaît Minka. Elle a fait évader son amoureux. Déception des conjurés ! Mais le faux Nangis les rassure ; il tiendra son serment et les délivrera du roi. Ainsi finit Tacte de la conspiration.

Le troisième nous transporte dans une salle d'auberge que l'on pare de guirlandes pour la prochaine arrivée de l'archiduc d'Autriche. Dans cette auberge arrivent successivement Fritelliet sa femme, puis le roi. Henri de Valois, sous prétexte d'atteindre le fugitif, veut fuir lui-même et passer la frontière, mais Basile, l'aubergiste, n'a plus à sa disposition qu'une vieille carriole attelée d'une haridelle.

Une jeune servante tiendra les rênes. Alexina se substitue h la fdle d'auberge ; elle servira de

guide à Henri qu'elle croit toujours être Nangis. Cependant, le vrai Nangis s'est mis à la tête d'un peloton de gardes et rattrape le fugitif. Henri de Valois sera donc contraint de régner sur la Pologne. Alexina est aussitôt promue grande favorite et même, pour être sûr de n'être pas dérangé dans ses amours avec la belle Polonaise, il envoie le mari, Fritelli, en ambassade auprès de la reine-mère.

— Et à mon retour, que serai-je ? demande l'Italien, inquiet de la tournure que prennent les événements.

— Grand maître de ma cour! répond le nouveau roi.

...Et peut-être autre chose aussi.

Dans la réalité, Henri de Valois fut couronné roi de Pologne le 21 février i^y^ dans la cathédrale de Cracovie et ce ne fut qu'après avoir appris le décès de son frère Charles IX et reçu de sa mère un message le pressant de tout quitter pour revenir en France, qu'il prit le parti de s'évader. Malgré les ruses au moyen desquelles il sut dissimuler sa fuite, il fut rejoint à la frontière d'Autriche, par le palatin Laski ; mais finalement, celui-ci le laissa continuer sa route et regagner la France où l'appelaient ses droits légitimes au trône.

Cette évasion se produisit le 16 juin i5y^.

Dans un de mes livres', j'en ai raconté les étranges circonstances et montré que la réalité fut encore plus drolatique que la fiction scénique imaginée par le couple Ancelot, même retouchée par MM. Jean Richepin, Emile de Najac et Paul Burani.

Voyons maintenant comment le musicien a traité le sujet pseudo-historique qui lui était offert.

Au premier acte, dans un jardin d'hiver, des seigneurs français de la suite d'Henri de Valois jouent aux dés. La scène est spirituellement dessinée et le chœur (à 3/4 en ut majeur) : A nous çoir, nous, gentilshommes, d'une légèreté toute française. Survient Nangis qui raconte son voyage à (]racovie dans un rondeau (h 6/8 en fa), sur un rythme sautillant d'opérette. Les soldats de tout âge et de tout poil qu'il a enrôlés pour former la garde royale font leur entrée sur une marche en ut majeur, lourde et bouffonne ; le chœur qu'ils chantent sur ce thème ressemble à une fanfare soutenue par les seuls accords de tonique et de dominante. A la reprise, les seigneurs et les pages participent à l'ensemble.

Puis les gentilshommes français célèbrent les louanges d'Henri de Valois dans un chœur

I. Notice sur Cracovie de A travers l'Autriche : cités ci sites, I vol. in-i8, Paris, 1908, Le Soudier.

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très rythmé (à 2/4, en la majeur) : Vive le roi de Pologne I et les recrues s'en vont. Les couplets de Fritelli : Le Polonais est triste et grâce (à 3/4 en ?/ï majeur) sont spirituellemment tournés et relevés d'un accompagnement très élégant. Ils étaient dits h merveille par Fugère et toujours bissés. Dans la scène où Nangis prend la défense de la serve Minka, poursuivie par un soldat brutal, celle-ci exprime sa gratitude en images poétiques d'une fausse couleur slave, qui semblent devoir être attribuées à M. Richepin plutôt qu'à Burani :

Ah ! dans mon cœur Douce liqueur Que vos paroles !...

Le compositeur paraîtaussi avoir voulu donner 1 illusion de la couleur slave dans la romance (à 4/4 6n la mineur) chantée par Minka ; l'effet est absolument artificiel. Mais, auparavant, le dialogue de Minka et de Nangis s'encadre dans un quintette (en ré a 4/4) où les voix des courtisans s'unissent pour féliciter Nangis de sa conquête. Paraît enfin le héros de la comédie, Henri de Valois. Précédée d'un prélude mélantique où flotte l'archaïsme d'un rythme de pavane, la romance (en fa mineur h 4/4) • Cher pays, pays du gai soleil ! dont la seconde période : Je Caime, o France chère! pa^se en

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majeur, empreinte d'un sentiment de tendresse profonde et d'une simplicité émue bien rare chez Chabrier, exprime un regret nostalgique qui évoque la lumineuse et calme Touraine où le compositeur passait ses étés. Dans la première version de Touvrage, il y avait ensuite un air de bravoure, avec vocalises, pour Alexina, bien mauvais et qui a été remplacé par un duo avec Fritelli, sur un rythme de mazurka, très saccadé, du ton de l'opérette et que je n'apprécie pas davantage. Dans le duo de Minka et du roi, la période chaleureuse en mi : Je V aime de toute mon âme! est ramenée plusieurs fois, d'après le procédé de Delibes dans Lakmé. Cette mélodie passionnée servira à symboliser l'amour exalté de la serve, prête à braver tous les dangers pour sauver Nangis. Je donne la préférence, pour la finesse et l'esprit de V écriture^ au portrait qu'elle fait d'Henri de Valois, d'après la voix publique : On dit que votre roi est un esprit léger ^ futile. . .

On dit qu'il p<jrte dans ses armes Des lys sur champ.., de bilboquets.

— Mes sujets sont des paltoquets !

réplique Henri, vexé, sans songer que ce vocable, employé au xvi" siècle, constitue un joli anachronisme.

Le finale comporte divers épisodes : d'abord

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une réexposition du chœur des soldats, enrichi de divers contrepoints ; puis, lorsque, devant le conseil assemblé, le roi fait arrêter Nangis, un ensemble atterré :

Qu'a-t-il fait?

Quel forfait ?

nffftpf^f

JaivucethommeenLtali.'e,

ment..

m» i 'T. P L^^^fr-rrini

Ah! vraiment ! Ah! vrai.ment !

Extraitdufloj malgré lui [finale du t^racte) (Enoch et C'^.édit.) Enchaînement d'accords de quinte angmentée.

qui, par sa solennité bouffonne, parodie les finales d'opéras vieux jeu. Henri enferme ses conseillers dans leur chambre, se fait présenter à Alexina sous le nom de Nangis. Ils se reconnaissent. Sur un rythme amusant et léger (4/4 6n ré qui module, avec une élégance aisée, en différents tons), se développe un dialogue noté d'une main délicate et spirituelle, qui est, à mon avis, Tune des pages les plus réussies de la partition et l'une des plus ingénieuses qu'ait écrites le musicien. Ce trio est interrompu par le passage d'une ronde ; le chœur de la patrouille est dominé par les vocalises de Minka qui, de la coulisse, appelle son amou-

reux mis en prison. Situation analogue au finale du premier acte à'Obéroii, dans la disposition musicale, mais non dans la facture, car Chabrier a fabriqué là du slavisme factice d'opéra-comique.

Le second acte commence aux accords bruyants d'une valse-mazurka (en ré majeur), très brillante, très enlevée, chantée et dansée au château du grand palatin Laski, dont la conjuration est masquée sous les dehors d'une fête. Toutefois, comme cette conjuration ne doit pas être prise au sérieux, Laski s'exprime en ces termes, sur un 3/4 d'opérette en fa mineur ;

Nous sommes tous de la noblesse

Et par le peuple il fut choisi. ^

Voilà pourquoi ce roi nous blesse

Et ne doit pas régner ici !

On se demande, rêveur, de qui sont ces vers, de Richepin ou de Burani !

Tour à tour bruyante, valsante, langoureuse et entraînante, avec ses brisures de rythmes, son coloris violent, ses fanfares stridentes, cette danse est comme une réédition d^Es/^ana, moins variée et trop longue.

La scène {allegretto en sol à 3/4, puis à 2/4) dans laquelle Alexina présente à son mari Henri sous le nom de Nangis, comrne up ennemi de Valois, repose sur une donnée peu musicale.

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On n'y peut citer avec éloge que le refrain gouailleur :

C'est qui ?

— C'est un ami,

Un bon ami,

L'ami le plus intime.

En 1887, le succès se dessina à l'audition du sextuor des serves (3/8 en si \^), ensemble syllabique à la Delibes dans lequel les jeunes filles taquinent Minka sur son amour pour Nangis. Elle leur répond par une chanson tsigane en sol, qui a de l'entrain et dont Tagilité vocale de M"" Isaac faisait applaudir le refrain. Le duo-barcarolle entre Alexina et Henri est, à mon avis, l'une des meilleures pages du second acte et de toute la partition. Dans une introduction agitée, sur des harmonies dissonantes où Ton croit entendre des chats en furie prêts à se griffer, la querelle éclate entre les amoureux; mais bientôt Henri se disculpe, sa voix se fait persuasive, il évoque les tendres souvenirs du passé, la tonalité de ré [^ s'établit sur un langoureux dessin de violoncelle enveloppé du trémolo des cordes, puis les deux voix alternent en deux strophes mélodieuses d'un tour à la Massenet, mais avec un accent plus chaleureux. Elles ont pour refrain, sur le vers : O Venise la blonde !...• un' rythme de

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ballet à 6/8, très personnel à Chabrier. Dit par le baryton Bouvet et M"'' Mézeray, ce duo était toujours bissé.

Dans l'ensemble de la conjuration à 3/4 en mi majeur, les voix d'Alexina et d'Henri dessinent le chant d'un choral, repris en chœur par tous les assistants, avec accompagnement de cuivres. C'est ce thème qui sert de prélude à l'opéra. Puis, sur un amusant rythme à 18/16 qui babille dans l'orchestre, Alexina redit à Henri les projets des conjurés, dévoile la part que son mari prend au complot. Celui-ci, le seul qui connaisse l'identité du prétendu Nangis, proteste : Ah ! si le roi vous entendait ! et prêche la prudence sur un rythme d'opérette (en sol à 2/4). Dans un crescendo bien conduit, le thème de la conjuration, noté à deux temps, circule sous les trémolos et ramène l'ensemble d'opéra : Par V Evangile et Notre-Dame ! Dans le morceau suivant, Nangis et Minka arrivent, enlacés, et se disent des tendresses ; puis les conjurés, croyant tenir le roi, rentrent en scène. Sur un rythme d'opérette, en fa, chacun s'écrie: Il est pris ^ la chose est faite. Nangis décline son nom. On lui déclare : Vous nêtes pas Nangis! sur un motif sautillant de mazurka. Henri le prie de ne pas détromper les conspirateurs. Les couplets dans lesquels Nangis accepte et revendique le rôle de souverain : Je

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suis le roi! (à 2/4 en la majeur) sont d'un tour très crâne, très français, d'une écriture conlrapuntique très correcte et niùme Tort éléganle dans lu seconde strophe, et du ton de l'opéracomique. Avec le finale {allei^ro jiiolto en la mineur), d'un rythme boude amusant :

Avant une heure, Il faut qu'il meure !

Arrêt voté

A rnnanluiité.

nous rentrons dans celui de l'opérette.

Comme il s'agit de tuer le souverain, c'està-dire Nangis, Henri s'avoue le roi, mais on ne le croit pas, Laski fait voter Içs conjurés ; ils désigneront celui qui doit frapper. La délibération provoque des réflexions personnelles, des conciliabules. Chacun des assistants aperçoit le péril à courir; aussi décline-t-il in petto cet honneur et prélère-t-il le voir assumer par le faux Nangis. Sur la cadence: A V unanimité! s'expose dans l'orchestre et dans les voix, un sujet de fugue, (dont les épisodes et les enroulements scolastiques serviront à décrire l'efTarement et l'indécision des conjurés... Sur leur bulletin, au lieu de leur nom, ils ont tous mis celui de Nangis. C'est donc fatalement Nanois qui sera désigné par le sort... Au moment où Minka avoue qu'elle a fait évader le roi, Laski,

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