UNE VISITE
c( Environ un an après la mort de M. de Marteville, ma femme eut Fidée de faire visite au célèbre M. de Swedenborg, qui était alors son voisin à Stockholm, afin d'apprendre à connaître de plus près une si rare merveille du genre humain.
« Elle communiqua ses sentiments de curiosité à plusieurs dames de ses amies, et \di partie fut convenue à jour fixe. Ces dames furent toutes admises. M. Swedenborg les reçut dans un fort beau jardin et un magnifique salon, qui était voûté et garni, au milieu du toit, d'une fenêtre par laquelle, d'après son assertion, il avait coutume de s'entretenir avec ses amis, c'està-dire les Esprits, »
On voit ici pour quelle habitation le Voyant avait à s'inquiéter, deux années auparavant^ lors de Fincendie de Stockholm. Mais revenons à la lettre du général.
« Entre autres discours ma femme lui demanda s'il n'avait pas connu M. de Marteville; à quoi il répondit qu'il n'avait pas pu le connaître, par la raison qu'il avait passé lui-même à Londres presque tout le temps pendant lequel ce seigneur avait été ministre de Hollande près de la cour de Stockholm.
« Il faut que je dise ici, en passant, que l'histoire des vingt-cinq mille florins de Hollande (remarquez qu'ils n'avaient pas été redemandés jusque-là) est parfaitement exacte en ce sens, que ma femme était recherchée à ce sujet et n'avait pas de quittance à présenter. Toutefois, dans la susdite visite, il ne fut point fait mention de tout cela.
« Huit jours après, feu M. de Marteville apparut en soncje à mon épouse et lui indiqua, dans une cassette