‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 122 sur 269 · DE LA SUÈDE · texte numérisé non relu

DE LA SUÈDE

c( Si j'entreprenais, par exemple, de détailler les malversations commises en Angleterre et en Hollande, j'en pourrais faire un gros volume. Cependant les gouvernements de ces deux pays sont les meilleurs en Europe après le notre. »

(( Qu'on me permette de l'aire cette observation : S'd existait même, en ce monde, un gouvernement céleste, composé d'hommes d'une intelligence angélique, encore ne serait-il pas tout à fait exempt de fautes et de défauts; et, pour peu qu'on voulût les exagérer, on courrait risque de le saper en ses foûdements au moyen de la médisance. »

C'est par ce^ belles considérations, empreintes d'autant de bienveillance que de science du cœur humain et du monde politique, que l'honnête conseiller se lit pardonner ses trop hbres avis.

Le troisième discours de Swedenborg, ce travail sur les finances dont nous avons déjà parlé (p. 23), valut à son auteur un redoublement d'amitié et d'admiration de la part du premier ministre d'État, le comte de Hoepken.

Ce qui prouve de la part du pays un haut degré de lumières et un progrès bien digne du siècle, c'est que la réputation de Voyant, ou pour mieux parler la langue du temps , de Visionnaire, ne fît aucun tort à l'homme politique, et qu'on l'écouta sur les affaires de ce monde avec autant de déférence que s'il ne se fût jamais mêlé de celles de l'autre, dont il s'occupait chaque jour et qu'il visitait sans cesse.

De tels succès méritaient qu'il apportât dans Taccomphssement de ses devoirs parlementaires une persévérance que rien ne lassât. La sienne fléchit à la fin. Si nous

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en croyons un de ses meilleurs amis, Robsam, un des directeurs de la banque de Stockholm, il se découragea, en voyant les haines, l'envie et Fégoïsme dominer à la Chambre des nobles l'ordre équestre dont il faisait partie, au point de ne plus y paraître que rarement.

On sait que la retraite est le tort commun des grandes âmes, lorsqu'elles se laissent envahir par toute autre considération que celle du bien public , et qu'elles écoutent toute autre voix que celle du devoir.

Quant à Swedenborg, il faut bien le dire, sur de trouver toujours au parlement de son pays la déférence que commandaient sa science, sa renommée européenne et la connaissance spéciale qu'il avait faite avec les institutions de l'Angleterre et de la Hollande, il est peu excusable de s'être laissé détourner de son siège à la vue de quelques-unes de ces passions qui ont toujours régné, toujours choqué et cependant toujours mené le monde.

Après avoir si bien prêché l'indulgence pour les vices de tout gouvernement humain et pour les fautes de toute administration , ce n'était pas le cas d'en montrer si peu à ses collègues de la Diète. En accordant aux députés de son Ordre la même bienveillance qu'aux ministres, il continuait à suivre les assemblées avec d'autant plus d'assiduité qu'un homme sans passions et sans envie, comme lui, y présentait un spectacle plus rare et un exemple plus nécessaire.

• En négligeant ses droits, Swedenborg donc a néghgé ses devoirs, et il faut signaler cette faute avec d'autant plus de franchise qu'à nos yeux elle est la plus grave de sa longue et belle carrière. [Yoir les Notes à la fin du volume.]

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