‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 147 sur 269 · ET LES ESPRITS · texte numérisé non relu

ET LES ESPRITS

à l'état futur des âmes impures et adultères ; à des actualités du temps, par exemple, l'aberration des sciences naturelles « qui sont aujourcVhid^ dit-il, comme les antipodes des sciences spirituelles. »

Sur toutes ces questions, Swedenborg fait ses notes au fur et à mesure qu'il en est instruit au moyen de ce qu'^7 voit et entend. Or, heureux privilégié, il voit et entend si facilement que sa faculté de perception éclate en lui à la moindre occasion. « Autant de fois, écrit-il, que je prie la Prière du Seigneur, soir et matin, autant de fois à peu près je suis élevé dans la sphère intime; et cela se fait si sensiblement, qu'il ne se conçoit ricu de plus sensible. »

(( C'est ce qui m'arrive depuis plus de deux ans, mais avec changement. Il m'est alors insinué des explications sur le sens le plus intime de cette prière; mais la prière dite, je suis remis dans ma sphère ordinaire, w

Que s'est-il passé réellement dans le jeu de la pensée du narrateur pendant ses prières? Nul ne peut s'en rendre compte, puisqu'il n'a pas essayé de le faire luimême; mais ce qui est certain, c'est que nous étudions dans cet homme un organisme exceptionnel, doué d'une sensibiUté ou d'une extaticité unique.

Pour donner une idée de tout ce que son Journal offre de choses qui ne ressemblent à rien de ce qu'on trouve ailleurs, il faudrait bien plus d'espace que nous n'en avons ici à notre disposition. J'en viens donc tout droit à ce que chacun cherche avant tout dans un journal intime de Swedenborg, à savoir : les extases, les visions, les voyages surnaturels et les conférences avec les esprits.

Le journal du Voyant ne nous donne pas tout cela à

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notre point 'de vue. 11 le note au sien et nullement sous sa forme la plus attrayante, la mieux appropriée au goût du lecteur. Au contraire, il ne nous offœ souvent, pour ce qui est des choses vues, que des traits généraux, et pour les choses entendues , que les idées qu'elles ont fait naître dans son esprit. Encore n'est-ce d'ordinaire que le premier jet, les rudiments, qu'il consigne sur son papier. Les ouvrages de doctrine qu'il élabore et publie d'après ses études et ses visions , offrent souvent ces mêmes choses sous des formes beaucoup plus séduisantes, bien développées, bien élucidées, embellies avec ce soin et avec ces attentions qu'on a pour soi-même quand on se produit dans le monde. Si bien que, en lisant Swedenborg, il ne faut jamais oubHer, pour être juste à tous les points de vue, à celui des néghgences de style comme à celui des hbertés de langage, que ce journal est un confesseur intime. L'auteur a bien l'air d'y parler par ci par là à des lecteurs ; et quand il se cite à lui-même ce qu'il a déjà écrit plus haut sur un sujet, on dirait bien que ce n'est pas du tout pour lui, mais pour ses amis qu'il le rappelle. Cela est très-vrai. Cependant, il ne songe pas un instant à publier ces notes, et il s'y dit à lui-même tout ce qu'il trouve bon de se dire. C'est d'ailleurs précisément dans le sans-façon d'une confession intime ou d'un entretien avec lui-même que consiste le grand mérite du confesseur; car d'ordinaire ce miroir nous montre Swedenborg, ses idées, ses visions, ses rêves et ses demi-rêves, sans autre toilette que celle qu'on fait ou plutôt qu'on ne fait pas pour soi-même. Aussi, pour mon compte, j'ai pris là, sur ce qui dis- Lingue cet homme de tout autre; sur son organisme à

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