‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 161 sur 269 · LES PARTIS EN SUÈDE · texte numérisé non relu

LES PARTIS EN SUÈDE

toutes. Mais il ne faut pas s'y tromper et s'arrêter aux dehors, aux apparences, au transitoire : la divine providence ne considère essentiellement que les choses éternelles et les temporelles qu'autant qu'elles y concordent ou concourent. » — On ne se lasse pas de transcrire des vues aussi saines, prises de si haut. Or il ne s'agit que de bien en comprendre d'autres, formulées dans un langage qui étonne, pour n'en être plus choqué. Soit, par exemple , cette énonciation : « Dieu est-il quelque chose? une substance? Réponse, il est le ciel, comme le diable est l'enfer. » — Certes cela est plus que bizarre, car cela irrite; mais entrez dans le fond de la pensée du théosophe , et vous serez plus surpris de la profondeur de cette conception que de l'étrangeté de sa formule.

Après la composition de cet ouvrage, Swedenborg revit son pays, toujours agité par sa guerre intestine^ les luttes entre le sénat et la royauté, et les luttes des deux partis aristocratiques, appelés l'un russe et l'autre français, enlevant l'un et l'autre à la royauté tout ce qu'ils pouvaient lui prendre d'initiative et d'autorité. Or des luttes pareilles ne laissaient pas de déplaire à l'âme patriotique et généreuse de Swedenborg; et comme il ne devait point, en demeurant à Stockholm, y rester étranger et qu'il voulait encore moins y prendre part, il y resta fort peu de temps.

En effet, dès l'année 1765, il se mit en route pour faire imprimer à Amsterdam son Apocalypse révélée. Mais prit-il le plus court ou fit- il d'abord une apparition à Londres? Cela est douteux. Ce qui est certain, c'est qu'à ce voyage se rattache un des événements les plus heureux de sa vie, la conquête du docteur Beyer, pro-

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