UNE CONVERSION
fcsseiir de littérature grecque et membre du consistoire, un des hommes les plus considérables de Gothenbourg. On nous conte les circonstances de cette conversion. Swedenborg attendait dans la ville le départ du bâtiment anglais où il avait pris passage ; il y voyait la société. Le docteur Beyer partageait sur son compte l'opinion que ses ennemis semaient dans le pays : qu'il était fou. Ils se rencontrèrent, et le professeur, surpris de sa conversation, non pas sensée seulement, mais gracieuse et intéressante, l'invita à dîner avec son collègue, le docteur Rosen, théologien distingué, et le pria, après le repas, de vouloir bien leur exposer sa doctrine. Swedenborg qui , d'ordinaire , parlait nettement , mais pas facilement, un peu ému par cette invitation, s'anima et charma surtout les professeurs au point qu'on lui demanda un exposé écrit, et, afin de l'examiner plus attentivement, un rendez-vous pour le lendemain chez M. AVengren. Swedenborg s'y trouva et, dès en lui présentant son manuscrit, dit au professeur Beyer avec une grande émotion ces solennelles paroles : ((Monsieur, à partir de ce jour, le Seigneur vous a introduit dans la société des anges, et vous en êtes environné dans cet instant même. » Cela dit, il laissa l'assistance sous l'impression où il la voyait, prit congé et s'embarqua le lendemain .
Le professeur Beyer a-t-il dès lors senti la société des anges ou conversé avec eux comme son initiateur? C'est ce qu'il ne nous dit pas; mais il acheta immédiatement les écrits du Voyant et les étudia avec le plus grand soin. Pour mieux s'en rendre compte et pour en faciliter l'étude aux autres, il en dressa une lable analytique qu'il