UNE INITIATION
envoya feuille par feuille à Amsterdam pour l'y faire imprimer. Il mit treize ans à compléter son travail, et, le jour même où il en envoya la dernière page, il se sentit défaillir et se mit au lit, pour mourir peu de temps après.
C'est à M. Wengren lui-même, devenu plus tard un des plus honorables magistrats de Gothenbourg, qu'on doit ce récit. Il le transmit en 1784 à l'éditeur du Magasin (anglais) de la Nouvelle Jérusalem^ et la scène qu'il décrit est d'autant plus curieuse que c'est la seule de ce genre qu'on nous fasse connaître dans la vie de Swedenborg. On en conviendra, auprès des initiations des écoles théurgiques de Bordeaux et de Copenhague , établies plus tard, celle là est aussi simple que digne, sans en être moins imposante. Ce n'est pas un exposé de principes seulement qu'y fait Swedenborg; c'est encore cette déclaration solennelle, que son adepte est reçu dès lors dans la société des anges. C'est de plus, de la part de l'initié, si je dois employer ce terme, une consécration sérieuse à l'œuvre de la nouvelle Jérusalem.
Mais que devinrent les autres témoins de l'initiation, M. Rosen et M. Wengren lui-même ?
Le premier partagea les convictions du docteur Beyer et les persécutions qu'elles lui valurent; \yengren fut oublié dans les secondes, tant fut modeste la part qu'il prit aux premières.
Quant à Swedenborg, à peine arrivé à Amsterdam , il y mit sous presse son ouvrage , T Ajjocahjpse révélée où se trouvent dévoilées les choses mystérieuses qui y sont prédites et qui étaient demeurées cachées hisquà ce jour. Amsterdam, 1766, in-4°.
l'apocalypse. 243
En effet, l'impression de cet ouvrage ne fut achevée qu'en 1766; mais elle fut commencée dès i765. A peine sorti des presses, ce livre fut envoyé en Angleterre, en Suède et en Allemagne, et reçu par les amis de l'auteur avec de vives sympathies.
On sait que l'Apocalypse est de tous les livres sacrés celui qui a le privilège de provoquer les commentaires les plus incessants et les plus volumineux. Les contemporains de Swedenborg s'occupaient singulièrement des mystères voilés plutôt que dévoilés dans cette composition qui efface tout ce que les prophètes de l'ancienne alliance offrent de plus grandiose, soit comme conception d'idées, soit comme hardiesse d'images. Déjà dans plusieurs de ses traités, et surtout ddiUsleC/ievai blanc, dans les Arcanes et dans le volume du Ciel et de V Enfer, Swedenborg avait exposé ses vues sur l'obscur livre de Saint Jean. Dans son nouvel écrit, il résume les théories ébauchées dans ces différents traités; mais il n'y dit pas encore son dernier mot, et pour avoir le cycle tout à fait complet de ses enseignements à ce sujet, il faut joindre à F Apocalypse révélée r Apocalypse expliquée selon le sens spirituel, ouvrage posthume en 4 volumes, Londres, 1783 à 1789. Enfin, à celui-là il faut ajouter V Index reruni in Apocalypsi revelata^ Londres, 1813^ toujours in-4°.
On peut se faciliter la lecture de ces nombreux volumes , en les prenant résumés et combinés dans un travail de M. Le Boys des Guays, qui a su, de plus, y faire entrer ce que Swedenborg a mis dans ses Arcanes sur le XXIY' chapitre del'Évangile de saintMathieu. Les personnes qui n'ont pas une grande famiharité avec ces