‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 164 sur 269 · LA FIN DU MONDE · texte numérisé non relu

LA FIN DU MONDE

sortes de matières feront bien, même avant d'aborder r Apocalypse dans son sens spirituel , par M. Le Boys, de lire le chapitre de saint Mathieu que je viens d'indiquer. Il faudra surtout s'attacher à bien distinguer, dans les discours de Jésus-Christ qui y sont cités, ce qui a rapport à la fin de la ville de Jérusalem et de son temple, de ce qui a trait à ce qu'on appelle la fin du monde ^ locution à laquelle peu de gens attachent une idée nette. C'est cette considération qui nous a fait consacrer à l'étude de la question de la fm du monde un chapitre spécial de notre Philosophie de la Religion,

Il est, parmi les commentaires ou les écrits sur l'Apocalypse, des pages du plus haut intérêt sur les plus grandes questions de la destinée humaine et de la providence divine, ou sur le gouvernement des choses religieuses. Il s'en trouve d'autres dans ces écrits généralement ignorés des gens du monde et même des gens de lettres : il s'y voit des calculs étranges, des combinaisons bizarres, des hypothèses ridicules, le tout échafaudé avec une science et un talent dignes de ces grands problèmes. Ce qui y domine généralement, c'est d'abord l'ambition de deviner l'énigme du chitTre 666 que saint Jean pose d'une manière si solennelle. Puis vient la prétention bien plus étrange, de fixer l'année de la fin du monde, en dépit de ce que le Fils de Dieu a dit si formellement sur l'impossibilité, pour tout autre que son Père, de connaître cette époque. Notre siècle a faittrèsbon marché de toutes ces élucub rations en se livrant à l'indifférence sur les questions elles-mêmes; et il n'est pas difficile d'argumenter contre la doctrine de la fin du monde elle-même ou de la déclarer inadmissible, par

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la raison qu'on ne voit pas la nécessité , ni même la possibilité d'une fui. En eiîet, une catastrophe pareille, équivalente à une destruction, ne semble pas rentrer dans les voies de la sagesse suprême. Ce qui le paraît davantage, c'est un perfectionnement progressif, une succession de plusieurs mondes sous des formes toujours plus parfaites, c'est-à-dire une série de transformations. Mais n'est-ce pas là précisément ce que nous indiquent les textes sacrés bien compris ? Et proposer à la raison d'abandonner les questions, n'est-ce pas lui conseiller de quitter le jeu, de perdre la partie et de renoncer à la solution? Maintenir les grands problèmes dans le sein de l'humanité à l'état de problèmes, et provoquer des solutions sans cesse nouvelles, toujours intéressantes pour nous soit par leur attrait, soit par la raison même qu'elles sont constamment insuffisantes, c'est là peut-être ce qui entre le mieux dans les desseins de rintelligence suprême, celle qui mène, excite, éclaire et nourrit toutes les autres.

Swedenborg, le plus indépendant des rationahstes et le plus savant des géologues de son temps, était dans son àme plus appelé qiie nul autre à aborder la question et à l'avancer dans un bon sens. Si son ouvrage est au-dessous de sa science, c'est qu'il n'y a pas voulu user de sa science. 11 n'a consulté sur l'Apocalypse que ces trois choses : T l'Apocalypse elle-même ; 2° les autres textes sacrés; 3" son illumination. Aussi son immense travail, objet d'admiration pour quelques mystiques et certains théosophes, n'est-il goûté ni de tous les théosophes, ni de tous les mystiques. Saint-Martin et Liebisdorf, qui ont tous deux voué un culte si exclU'

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