‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 169 sur 269 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

ce qu'on ignore. Voici les trois mots qui terminaient la lettre de Swedenborg : les anges le savent très-bien.

Menander n'a-t-il pas du voir dans cet appel aux anges l'impossibilité d'une discussion ?

J'ignore le rôle que ce prélat a joué dans les résistances que Swedenborg a rencontrées enfin, après les avoir longtemps soulevées ; mais un principe demeure sacré : à l'inaliénable Hberté du choix des lumières, répond toujours l'inévitable obligation de la sincérité des convictions, et l'archevêque a manqué à ce devoir.

Après sa lettre à Menander, qui est un chef-d'œuvre de courageuse franchise et un chef-d'œuvre de netteté d'exposition , Swedenborg en adressa d'autres à deux personnages politiques, ses amis, lettres fort courtes, mais encore phis curieuses que celles qu'il écrivit aux théologiens de Suède dont nous venons de parler, et aux théologiens d'Allemagne dont nous parlerons tout à l'heure.

Yoici ce qu'il écrivit à un ambassadeur de Suède, celui de Paris peut-être; sa lettre, qui n'est pas datée, porte seulement, A Son Excellence l' Ambassadeur .

(( J'ai passé l'hiver à Amsterdam, et pendant cette saison j'ai publié une expHcation de la Révélation de saint Jean, sous ce titre : « L Apocalypse révélée , et contenant des mystères cachés jusqu'à ce jour.

« J'en ai envoyé vingt exemplaires à Votre Excellence. MM. Howen et Zoon se sont entendus à ce sujet avec le capitaine qui en a charge.

« De cet ouvrage, j'ai adressé deux exemplaires au cardinal de Piohan [évoque de Strasbourg depuis M^, mort à Paris en J779], deux à l'Académie royale des

sciences, deux à notre secrétaire d'État et un pour la Bibliothèque royale.

« J'ai inséré ^dans cet ouvrage plusieurs récits mémorables sur mon commerce avec le monde spirituel. Ils sont séparés du texte par des astérisques, et se trouvent à la lin de l'explication que je donne de chaque chapitre. Comme ils contiennent des particularités remarquables, ils attireront peut-être les premiers la curiosité du lecteur. [Ces récits attaquent vivement Tépiscopat.]

« Outre ce travail, j'ai fait imprimer une méthode pour trouver la longitude des heux que j'avais découverte dans ma jeunesse. J'en envoie à Votre Excellence dix exemplaires pour être communiqués à ceux qui ont des connaissances en astronomie. Si Votre Excellence trouve l'occasion d'en envoyer deux exemplaires à l'Académie royale de Berlin, je serai très -reconnaissant de cette faveur. »

L'archevêque d'Upsal, qui était mathématicien, reçut directement le même cadeau.

« Je vais m'embarquer cette semaine pour Londres, où je me propose dépasser dix semaines, et je m'informerai auprès du baron Nolkens si le livre est arrivé. »

Quel était cet ambassadeur? Si, comme semblent l'indiquer plusieurs circonstances, ce fut celui de Paris, le comte de Creutz, l'ami de madame Du Deffant et souvent le commensal de ses soupers , qui fut un excellent homme, on comprend la complaisance avec laquelle il se chargea de ces distributions, même pour Berlin.

La lettre Au secrétaire d'Etat n'est ni mieux datée, ni plus exphcite que celle a A l'ambassadeur ; )> mais elle donne également quelques précieuses indications.

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