‹ Emmanuel de SwedeborgChapitre 182 sur 269 · LA COMTESSE GYLLENBORG · texte numérisé non relu

LA COMTESSE GYLLENBORG

d'entrevues [des mémorables y comme il dit] qu'il a eues avec des couples célestes qui Tout instruit des délices de leur union. Ses pages sur un entretien de ce genre avec deux anges du troisième ciel sont d'une rare beauté ; mais lavérité y est-elle pnre? Et pourtant l'auteur y tient au point qu'il en fait le fondement de tout le bonheur céleste et qu'il a soin de répondre par une remarquable confidence à l'objection qu'un lecteur ignorant aurait pu tirer de sa vie de célibataire. En effet, il est loin d'être voué au célibat éternel ; le ciel lui réserve une compagne :une des plus nobles et des plus angéliques créatures du royaume de Suède, madame la comtesse de Gyllenborg, lui fut montrée un jour, comme la céleste fiancée qui l'attendait dans les cieux. 11 est vrai que cette anecdote n'est constatée que par la tradition , dit un de ses biographes, M. AVhite; mais c'est une de celles qui confirme le mieux sa doctrine et qu'à ce titre nous aimons le plus à recevoir. L'amour conjugal du ciel n'étant pas lié aux antécédents de la terre, la prévision de cette union était d'ailleurs, de la part du Yoyant, une perception aussi simple que tant d'autres qui rayonnèrent dans sa pensée.

Sur la liste de distribution de cet ouvrage, le prélat Oetinger fut, à ce qu'il semble , un des premiers ; car dans sa lettre du 8 novembre 1768, Swedenborg est lout surpris d'apprendre de lui, qu'au 28 octobre il n'avait pas encore reçu ses trois exemplaires. Il lui annonce d'ailleurs l'envoi de neuf autres avec son opuscule sur les Planètes^ « s'il trouve une occasion. » Cette lettre est à remarquer. Quoiqu'elle ait à répondre encore à des objections peu agréables, elle est écrite d'un tout

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autre ton que les précédentes au même prélat. Ici il reçoit avec les solutions demandées les épithètes de trèsvénérable et très-distingué. Il avait écrit, qu'on ne comprenait pas qu'il ait été donné à Jésus-Christ puissance sur toute chair; et il demandait, si cela s'appUque aussi aux anges et aux habitants des cieux, qui n'ont pas de chair, mais seulement des corps transparents? — Swedenborg lui répond, Quepar/o^^^ecA«^> on entend ^ow/ homme; que les anges eux-mêmes n'ont pas des corps transparents, mais substantiels; qu'on a d'ailleurs un texte formel qui tranche la question de la puissance de Jésus-Christ à leur égard aussi, puisqu'il y est dit : Toute puissance m'est donnée dans le ciel et sur la terre, '

Une autre objection faite parle prélat portaitsur la distinction du sens naturel et du sens spirituel des saintes Écritures. Swedenborg lui adresse sa théorie à ce sujet sur un feuillet spécial écrit avec soin. En général tout ce procédé fait plaisir. Un tonde bonne harmonie règne de nouveau entre les deux théosophes.

Toutefois, ce furent les dernières lettres qu'ils échangèrent, et bientôt il y eut entre eux détachement complet, et même un peu d'hostiUté de la part du prélat.

Si chacun des deux vit arriver sans regret la fin de ce commerce qui pouvait devenir si intéressant entre deux hommes si supérieurs, c'est que la séparation convenait à l'un à l'autre : à Swedenborg qui tenait à sa position d'interprète privilégié et accepté dans toutes les prérogatives de sa mission, et à Oetinger dont les allures étonnaient la cour et le clergé de son pays. Le second avait une position à garder aussi, à se maintenir dans une belle prélature. Mais, du moins, ce dignitaire n'attendit

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