MÉMOIRES
chez tous ceux qui l'invitaient.)) — Dînant un jour chez Cuno, il raconta qu'il venait de voir pour la première fois le roi Stanislas dans le monde des esprits ; que ce prince s'était montré plusieurs fois sans qu'on le connût; que Swedenborg lui ayant demandé son nom, il le lui avait dit avec plaisir et l'avait présenté à sa fille, l'ancienne reine de France.
« Homme du monde , dit Cuno, Swedenborg parle avec la même aisance à tous, grands et petits, fait volontiers sa partie, et est fort courtois pour les dames. »
Puis, le bon Cuno donne des détails sur la tenue élégante de l'aimable vieillard dans le monde , et de la bonne figure qu'il y fit à un diner entre deux dames fort instruites et «très-amies de la parole ; » de l'appétit qu'il montra dans ce festin hollandais prolongé de midi à sept heures, suivi du café et d'un thé. Le Voyant, pendant ces heures, entretint la société du baron d'Abricourt, ancien ambassadeur de France à la Haye, où il était mort. Il ne l'avait pas connu dans ce monde, mais rencontré dans l'autre. Ce qui frappa surtout, c'est qu'il le dit uni maintenant à une compagne mieux assortie à sa pensée que ne l'avait été sa première femme.
H paraît que les dames d'Amsterdam, très-avides de ces sortes de nouvelles, provoquèrent d'autres réunions du même genre et que Swedenborg, dont la santé semblait être encore celle d'un jeune homme, s'y prêta de fort bonne grâce.
Ce qui surprend un peu dans ces renseignements et d'autres sur cette santé de jeune homme, c'est ce qui est acquis d'un autre côté, à savoir, que Swedenborg avait l'estomac fort délicat et soutfrait souvent de la gravelle