SÉQUESTRÉ
on donnait alors répithète d'obscnr ou ceWe de plombé au plus triste des siècles du moyen âge, le dixième.
La vivacité que le noble vieillard apporta à la discussion avec son neveu , n'est pas niée d'ailleurs par luimême. «J'ai eu quelque altercation avec lui, » dit-il. Mais quand ii assure qu'il n'en est pas ému , cela est un peu modilié par d'autres lettres, et quand il écrit, de plus, qu'aucun autre membre de Tordre ecclésiastique n'avaitappuyé la proposition deFilénius, cela est modifié aussi par une de ses lettres au général Tuxen. En effet, il y dit que, a à force de ruse et de finesse, Filénius gagna quelques membres du clergé. y>
Cela prouve une chose qui n'a pas besoin d'être bien prouvée, c'est-à-dire que, dans cette querelle, tout s'est passé absolument comme cela se pa^se dans toutes.
Au surplus, de la part de l'auteur et d'accord avec les évêques ses amis, les précautions nécessaires avaient été prises pour qu'aucun des exemplaires saisis ne fût soustrait avant son arrivée à Stockholm, qu'il pût se passer de tous et continuer néanmoins ses distributions. Voici ce qu'il dit avoir fait : « J'ai apporté avec moi trente-huit exemplaires, sans compter les cinq envoyés d'avance; j'en ai réparti la moitié aux évêques et aux divers ordres de la Diète, aux sénateurs, à la famille royale ; et lorsque le reste aura été distribué de la même manière [c'est-àdire pai' mes soins]^ il y en aura plus qu'il n'en faudra à Stockholm.
c( Quant à ceux qu'on a arrêtés à Xorkôping, dit-il, je compte les envoyer à l'étranger, où ils sont ardetmnent désirés. »
Heureux auteur ! il est assuré que l'étranger recevra
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avec une vive curiosité ce que le clergé de Suède a mis sous le séquestre à la demande de son neveu !
Quelles nouvelles recevait-il donc de l'étranger? De quel pays? De quelles mains?
On n'a guère à ce sujet que les inductions autorisées par quelques mots qu'il prononce. Mais, à voir sa persévérance dans son système de distribution, ses envois aux corps lettrés, on dirait bien qu'il en eut quelque encouragement. En effet, il ne cessait de faire ces envois ; du moins, en expédiant à Beyer le Traité du commerce de rame et du corps , il lui apprend que « cet écrit a été adressé aux sociétés et aux universités de France et d'Angleterre. » Mais, malgré toutes mes recherches, je ne trouve aucune indication surl'accueil qu'il a pu recevoir parmi nous. Seulement Swedenborg écrit à Beyer, qui traduisait ce traité en suédois, que « partout il a été bien accueilli à l'étranger ainsi que par plusieurs personnes intelligentes de Stockholm. )>
Il ne donnait d'ordinaire qu'à bon escient. De son Exposé sommaire^ par exemple, qui était tout dogmatique, il n'envoya en Suède qu'un seul exemplaire, « parce que, nous dit-il, il y avait bien peu de sujets en Suède dont l'entendement fut capable de comprendre la vraie théologie. » Ce fut à Téveque de la Westmannie et de la Dalécarlie, qu'il offrit ce volume. Ce prélat était son neveu aussi, et il paraît qu'il portait à son oncle un attachement plus sérieux que l'évêqueFilénius.Ilyavait quelque mérite dans cette constance, car l'orage allait en grossissant. Beyer avait publié une lettre pour essayer de le calmer, et le 29 décembre, Swedenborg lui écrit « que, loin de là, sa lettre avait excité les clameurs de